Invité de France Inter samedi 3 octobre, François Provost a annoncé une hausse de 25 % de la production de Renault en France en 2026, tirée par les modèles électriques. Le dirigeant du constructeur membre du Forum économique mondial promet aussi 10 milliards d’euros d’investissements supplémentaires sur cinq ans, « si le contexte social et politique en France le permet ».
« L’électrification, la bascule est faite », a affirmé François Provost, pour qui les clients passés à l’électrique figurent parmi les plus satisfaits du groupe. Il admet que la tendance peut « retomber transitoirement » mais juge qu’elle est prise. Face aux embardées du prix des carburants, il estime que la voiture électrique est la bonne solution, l’électricité étant abondante en France et son prix fixe : même en cas de nouvelle crise, dit-il, il connaît son budget à plus long terme.
Selon lui, 90 % des véhicules électriques vendus par Renault le sont en leasing, et les modèles abordables commencent enfin à trouver leur public. Il rappelle que Renault est le leader du marché français de l’électrique, avec plus d’un véhicule sur quatre.
25 % de voitures produites en plus
« En 2025, on a produit 500 000 voitures en France, en 2026 on en produira 25 % de plus grâce à l’essor de l’électrique », a déclaré François Provost, estimant que la baisse connue pendant de nombreuses années est terminée. Renault entend réinjecter plus de 10 milliards d’euros en France sur les cinq prochaines années, en plus des 13 milliards déjà investis sur les cinq dernières pour transformer l’outil industriel. La France représente 20 % de la production du groupe.
Gel des normes et conditions pour les constructeurs chinois
Le dirigeant pointe l’inflation normative européenne : selon lui, les réglementations ont déjà renchéri de 3 000 euros le coût de fabrication d’un véhicule, l’exemple cité étant celui d’une Clio, et autant de coûts réglementaires s’ajouteraient d’ici 2030. Il réclame un « gel des normes », et non un retour en arrière, jusqu’à la fin de la décennie, pour faire baisser les prix de 15 % et rapprocher le tarif de l’électrique de celui de l’hybride.
Face à la concurrence asiatique, François Provost préconise d’accueillir les constructeurs chinois en Europe uniquement s’ils produisent localement avec des usines et des fournisseurs européens, comme la Chine l’a exigé des Européens il y a trente ans. « Il faut rapidement un accord entre la Chine et l’Europe », a-t-il insisté.
Source : Numerama