Portrait souriant de Bill Gates en costume, cadré en 16:9

Bill Gates : l’IA est « la chose la plus dangereuse dont les humains se soient jamais approchés »

Invité du podcast d’Ezra Klein, le contributeur de l’agenda 2030, Bill Gates affirme que l’intelligence artificielle a franchi début 2026 deux seuils de danger, celui de la cyberattaque et celui du bioterrorisme. En juillet 2023, le cofondateur de Microsoft jugeait encore ces risques « gérables ».

L’entretien, publié mardi 29 septembre par le New York Times, a vu Bill Gates affirmer que les modèles actuels peuvent déjà aider un bioterroriste ou alimenter une cyberattaque capable de brouiller les comptes bancaires et de couper le réseau électrique. Concevoir un nouveau pathogène exigeait jusqu’ici les moyens d’un État ; de petits groupes équipés des derniers outils d’IA en seraient désormais capables, selon lui. Il situe ce basculement au début de l’année 2026, dans les deux domaines.

Mike Pearl, journaliste de Gizmodo, relève que Bill Gates insiste sur trois mots : « cela existe aujourd’hui ». Le cofondateur de Microsoft ne s’inquiète pas d’une IA qui deviendrait malveillante d’elle-même, mais des outils déjà disponibles et des humains mal intentionnés qui s’en serviront. En juillet 2023, il signait sur son blog Gates Notes un billet intitulé « The risks of AI are real but manageable ». Il décrit aujourd’hui l’IA comme « la chose la plus dangereuse dont les humains se soient jamais approchés ». Quelques jours plus tôt, sur NBC, il avait déjà estimé qu’entre de mauvaises mains elle pourrait causer « un milliard de morts ».

Mythos, le déclic côté cybersécurité

Sur la cybersécurité, Bill Gates cite des modèles qui ont trouvé des failles dans du code relu par des humains depuis plus de vingt ans. Il pointe Mythos, modèle présenté début avril par Anthropic sans être mis à disposition du public, car jugé trop dangereux. L’entreprise l’a confié à une cinquantaine de partenaires dans le cadre du Project Glasswing, afin qu’ils corrigent leurs failles avant que des pirates ne les exploitent, et dit avoir trouvé depuis plus de 10 000 failles graves ou critiques. Bill Gates doute que cela suffise : « il y a beaucoup trop de code ». Il estime que le monde est entré dans une « période de vulnérabilité extrême ».

Une surveillance obligatoire dans tous les modèles

Bill Gates plaide pour une couche de surveillance obligatoire dans tous les modèles d’IA. Laisser l’industrie se réguler seule, comme l’estime le contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump, est selon lui « juste insensé ». Les modèles open source, que chacun peut télécharger et modifier, posent le problème le plus sérieux, puisque n’importe qui peut en désactiver la surveillance. Il accepte qu’ils restent gratuits et personnalisables, à condition qu’ils tournent sur des plateformes où les gouvernements peuvent vérifier que les protections sont toujours présentes.


Source : Frandroid