« Le réel nous rattrape » : c’est par cette formule que le premier ministre Sébastien Lecornu a alerté sur le niveau record des coûts d’emprunt de la France, avant de présenter un budget qu’il qualifie de redressement. Les taux d’intérêt sur la dette d’État s’approchent désormais des 5 %.
Selon Sébastien Lecornu, la France n’a jamais emprunté à un coût aussi élevé depuis 2008, les taux d’intérêt sur sa dette souveraine frôlant désormais la barre symbolique des 5 %, un niveau qui pèse mécaniquement sur l’ensemble des marges de manœuvre budgétaires du pays pour 2027.
Une réalité qui s’impose à tous les candidats
Le premier ministre a pris soin de présenter cette contrainte financière comme transcendant les clivages politiques habituels, estimant que tout candidat à l’élection présidentielle de 2027, quelle que soit son étiquette, devra composer avec cette réalité budgétaire désormais incontournable.
Des tensions énergétiques qui compliquent l’équation
À la pression purement financière s’ajoutent des tensions sur le front énergétique, qui viennent complexifier davantage l’élaboration d’un budget de redressement en pleine période préélectorale, où chaque arbitrage budgétaire prend immédiatement une dimension politique et stratégique.
Un discours d’alerte plus que de solution
Si la formule « le réel nous rattrape » a immédiatement marqué les esprits, elle relève avant tout du constat d’alerte plutôt que de l’annonce de mesures concrètes, le détail du budget de redressement évoqué par Sébastien Lecornu restant, à ce stade, à préciser dans les prochaines semaines.
Le réel rattrape la France, dit le premier ministre. Reste à savoir s’il rattrapera aussi les candidats à la présidentielle, en particulier ceux qui ont fait partie de la macronie, dont les programmes économiques devront désormais composer avec des taux d’intérêt qui, eux, ne connaissent pas de trêve électorale.