Légions d’honneur suspectes : le général Puga entendu

Le général cinq étoiles Benoît Puga, ancien chef d’état-major particulier de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur l’attribution suspecte de Légions d’honneur à des proches d’un sénateur aujourd’hui décédé. Il a été relâché sans poursuites à ce stade.

Benoît Puga, qui a présidé aux destinées de la Légion d’honneur en tant que grand chancelier entre 2016 et 2023, est soupçonné de favoritisme dans l’attribution de décorations à des proches du sénateur des Français de l’étranger Jean-Pierre Bansard, mort en août 2024.

Douze décorations, un homme d’affaires en toile de fond

Au moins douze personnes gravitant dans l’entourage de Jean-Pierre Bansard ont été décorées entre 2016 et 2023, dont six sur proposition directe du contingent de Benoît Puga. L’enquête cherche à établir si ces nominations ont donné lieu à des contreparties, directes ou indirectes.

Julien Renault et une fondation controversée

Le nom de Julien Renault, homme d’affaires et lobbyiste de l’immobilier, fondateur en 2019 de la Fondation de la Légion d’honneur, revient également dans le dossier. Les enquêteurs s’intéressent notamment à des séjours dans une villa à Calvi et à d’éventuelles opportunités commerciales offertes à la famille du général.

Une enquête ouverte depuis 2023

L’instruction, ouverte depuis septembre 2023, a connu son épisode le plus spectaculaire avec cette garde à vue, mardi et mercredi. Benoît Puga a été libéré mercredi soir sans qu’aucune charge ne soit à ce stade retenue contre lui, l’enquête se poursuivant sur les éventuelles contreparties suspectées.

Un général cinq étoiles interrogé sur des breloques d’un autre âge : quand la République décore ses fidèles, elle prend parfois le risque de devoir, plus tard, décorer aussi ses juges d’instruction.