Tubes a essai laboratoire

Israël : l’obsession du prélèvement post-mortem de sperme des soldats

Depuis les années 1990, Israël autorise le prélèvement post-mortem de spermatozoïdes sur des soldats tombés au combat, dans un délai de 72 heures suivant leur décès. Une pratique encadrée depuis 2003, relancée par une régulation d’urgence après le 7 octobre 2023, et qui a concerné environ 250 soldats depuis cette date selon les chiffres disponibles.

Le prélèvement post-mortem de spermatozoïdes (PMSR) permet, en théorie, une conception ultérieure par fécondation in vitro. Officiellement encadrée depuis 2003, la procédure a fait l’objet d’une régulation d’urgence dès le 7 octobre 2023, dans le contexte du conflit qui a suivi les attaques de ce jour-là contre Israël.

Un quart des soldats tués depuis le 7 octobre concernés

Selon les chiffres cités par plusieurs médias et chercheurs, environ 250 soldats israéliens auraient fait l’objet d’un tel prélèvement depuis octobre 2023, soit près d’un quart des militaires masculins tués au combat depuis cette date. Fait notable, 77 % des demandes actuelles émanent des parents des défunts, et non de leur conjointe.

Une pratique qui ne fait pas consensus, y compris chez les soldats

Selon une étude citée par plusieurs chercheuses israéliennes, dont Yael Hashiloni-Dolev de l’université Ben Gourion et Daphna Hacker de l’université de Tel-Aviv, 63 % des soldats israéliens se disent opposés à l’utilisation posthume de leur propre sperme, signe d’une adhésion loin d’être unanime à ce dispositif.

Une pratique documentée bien au-delà d’Israël

Le sujet a été traité par CNN, NPR et le Times of Israel ces dernières années, ainsi que par le média +972 Magazine, qui a le premier relié cette politique à une dimension plus large de pronatalisme d’État, destinée à assurer la continuité démographique du pays face aux pertes du conflit.

Prélever la vie avant qu’elle ne s’éteigne tout à fait : la pratique du PMSR raconte, en creux, à quel point une nation en guerre peut faire de la démographie elle-même un enjeu de survie.