Huit ans après les faits, un commissaire de police marseillais a été mis en examen pour avoir couvert des policiers soupçonnés d’avoir violemment frappé une jeune femme de 19 ans, Angelina, en marge d’une manifestation. Des enregistrements radio et images de vidéosurveillance auraient été supprimés pour freiner l’enquête initiale.
Les faits remontent au 8 décembre 2018. Angelina, alors âgée de 19 ans et employée dans le commerce, aurait été touchée par une arme dite « moins létale », puis rouée de coups par plusieurs policiers après sa chute au sol, entraînant une fracture du crâne.
Un numéro deux de la sécurité des transports mis en cause
Le commissaire visé, numéro deux du service de sécurité des transports en commun marseillais, a été mis en examen le 17 septembre 2026 pour faux témoignage sous serment et destruction de preuves, sept des huit policiers placés sous son autorité étant concernés par l’enquête.
Une enquête débloquée après sept ans d’enlisement
L’instruction est restée bloquée pendant plusieurs années, avant de connaître une accélération décisive fin 2025 avec l’arrivée d’un nouveau juge d’instruction et d’une nouvelle direction à l’IGPN, la police des polices, chargée de faire toute la lumière sur cette affaire.
Une quinzaine de policiers désormais visés
Au total, une quinzaine de membres des forces de l’ordre font aujourd’hui l’objet de poursuites dans ce dossier. L’avocate d’Angelina a estimé que cette mise en examen confirmait l’existence d’une « dissimulation institutionnelle » dépassant les seuls agents présents sur le terrain, pour englober leur hiérarchie.
Huit ans pour qu’une fracture du crâne remonte jusqu’à la hiérarchie policière : à Marseille, la vérité judiciaire aura pris le temps qu’il fallait pour que les bandes supprimées finissent, malgré tout, par parler.