La France et l’Allemagne ont lancé le programme Jewel, un système européen d’alerte précoce combinant satellites et radars au sol pour détecter les tirs de missiles balistiques et hypersoniques. Un projet directement motivé par l’usage russe du missile Orechnik près des frontières européennes.
Longtemps, l’Europe s’est reposée sur les systèmes de détection américains pour anticiper une éventuelle frappe balistique. Ce choix est aujourd’hui jugé trop risqué, dans un contexte d’incertitude persistante sur l’engagement de Washington aux côtés du continent européen face à la menace russe.
Une constellation baptisée Odin’s Eye
Le dispositif s’appuie sur une constellation de satellites géostationnaires équipés de capteurs infrarouges, nommée Odin’s Eye, capable de détecter les signatures thermiques des lancements de missiles, couplée à des radars au sol multifréquences chargés de suivre ensuite leur trajectoire en temps réel.
Thales, ArianeGroup et MBDA dans la boucle industrielle
Le programme mobilise un consortium industriel franco-allemand de poids, associant Thales Alenia Space, ArianeGroup et MBDA. La lettre d’intention a été signée en octobre 2025 à Bruxelles en marge d’une réunion de l’Otan, avant une annonce officielle du président Macron en janvier 2026.
Objectif 2030, un calendrier serré
Les données collectées doivent être transmises en temps réel aux centres de commandement, pour permettre soit une interception, soit le déclenchement d’alertes civiles. La capacité opérationnelle visée reste fixée à 2030, un horizon jugé ambitieux compte tenu du retard technologique accumulé par la France sur ce segment.
Après des décennies à miser tout sur la dissuasion nucléaire, la France se dote enfin d’un œil pour voir venir le coup avant qu’il ne parte. Reste à savoir si 2030 arrivera avant la prochaine démonstration de force russe.
Source : L’Express