Le système de vote électronique russe a été la cible de puissantes cyberattaques samedi 19 septembre, au deuxième jour des élections législatives. Les autorités assurent que le scrutin n’a pas été interrompu et que les attaques ont été repoussées. Ces incidents interviennent dans un contexte politique étroitement contrôlé, lors des premières législatives organisées en Russie depuis le déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022.
Le scrutin législatif russe se déroule sous pression numérique. Au deuxième jour des élections destinées à renouveler les 450 sièges de la Douma d’État, la chambre basse du Parlement, les autorités russes ont signalé plusieurs cyberattaques visant les infrastructures électorales et des réseaux de communication.
À Moscou, où les électeurs peuvent notamment voter à distance par voie électronique, le système électoral a subi pendant la nuit une attaque décrite comme particulièrement importante par la Commission électorale centrale.
Ella Pamfilova, présidente de cette institution, a affirmé que l’offensive numérique avait été quasiment ininterrompue. Selon ses déclarations relayées par les médias d’État russes, les attaques se poursuivaient encore samedi mais étaient repoussées et n’avaient pas provoqué d’interruption du vote.
Les autorités russes n’ont pas immédiatement fourni d’éléments techniques permettant d’établir indépendamment l’origine, la nature précise ou l’ampleur de ces cyberattaques.
Une attaque également signalée dans l’Extrême-Orient russe
Les incidents ne se seraient pas limités à Moscou. Le ministère russe du Développement numérique a également fait état d’une tentative de sabotage contre des lignes de communication dans l’Extrême-Orient du pays. Selon les autorités, celle-ci aurait été déjouée et les communications rétablies.
Ces perturbations surviennent alors que les Russes votent du 18 au 20 septembre dans un pays qui s’étend sur onze fuseaux horaires. Samedi après-midi, la participation nationale atteignait 32,58 %, selon les données de la Commission électorale centrale rapportées par les médias russes.
Vladimir Poutine avait accusé dès vendredi l’Ukraine de chercher à perturber le scrutin. Le président russe n’avait toutefois présenté aucun élément permettant d’étayer publiquement cette accusation, selon Reuters.
Un scrutin dans un paysage politique verrouillé
Ces élections législatives sont les premières organisées en Russie depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine lancée en février 2022. Elles doivent renouveler l’ensemble des 450 députés de la Douma.
Russie unie, la formation soutenant Vladimir Poutine, domine depuis des années la chambre basse. Le scrutin intervient dans un environnement où la plupart des candidats opposés à la guerre ont été écartés de la compétition électorale.
Le parti libéral Iabloko, qui défend notamment l’ouverture de négociations et un cessez-le-feu en Ukraine, a été fortement limité dans sa participation après une décision de la Cour suprême russe. Le parti conteste les manquements aux règles électorales qui lui ont été reprochés. Certains de ses candidats participent néanmoins aux élections dans des circonscriptions individuelles, qui représentent la moitié des sièges de la Douma.
Les principales formations autorisées à concourir à l’échelle nationale, parmi lesquelles le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), Russie juste et Nouvelles personnes, ne constituent pas une opposition frontale à la politique menée par Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine.
Un vote organisé également dans des territoires ukrainiens occupés
Le scrutin se déroule par ailleurs dans des territoires ukrainiens occupés et revendiqués comme annexés par Moscou. Cette situation ajoute une dimension internationale à une élection déjà directement liée au conflit engagé depuis plus de quatre ans.
La Russie organise également le vote dans plusieurs territoires séparatistes ou contestés de l’espace post-soviétique. En Transnistrie, région séparatiste prorusse de Moldavie qui n’est pas reconnue comme un État indépendant par la communauté internationale, Moscou prévoit l’ouverture de 15 bureaux de vote destinés aux détenteurs de passeports russes.
Cette décision a provoqué une crise diplomatique avec Chisinau. Le gouvernement moldave estime que les ressortissants russes devraient uniquement pouvoir voter à l’ambassade de Russie dans la capitale moldave et qualifie l’ouverture de bureaux en Transnistrie d’initiative « inacceptable et hostile ». Moscou affirme de son côté qu’environ 220 000 habitants de la région possèdent un passeport russe et disposent à ce titre du droit de participer au scrutin.
Un scrutin étroitement lié à la guerre en Ukraine
L’élection constitue un rendez-vous politique important pour le Kremlin après plus de quatre années de guerre. Vladimir Poutine a lui-même présenté le scrutin comme une démonstration du soutien de la population aux forces russes engagées en Ukraine.
La guerre pèse parallèlement davantage sur le territoire russe. Les attaques ukrainiennes de drones se sont intensifiées, notamment contre des infrastructures énergétiques, tandis que l’économie doit composer avec des pénuries de main-d’œuvre, des taux d’intérêt élevés et certaines tensions sur l’approvisionnement en carburant.
Dans ce contexte, la sécurité informatique du processus électoral constitue un enjeu supplémentaire. Malgré les cyberattaques signalées samedi, la Commission électorale centrale russe affirme que le système continue de fonctionner normalement.
Le vote doit s’achever dimanche 20 septembre. Les premiers résultats sont attendus après la fermeture des bureaux de vote.
Sources :
BFM TV avec AFP, « Une attaque “massive et intense”: le système électoral russe visé par des cyberattaques au deuxième jour des législatives », 19 septembre 2026.
Reuters, « Russia reports online attacks on electoral system on second day of parliamentary vote », 19 septembre 2026.
Reuters, « Russians vote in election that Putin sees as gauge of support for his war », 18 septembre 2026.
Reuters, « Russian election triggers row with Moldova over voting in separatist region », 19 septembre 2026.