Zakaria, 15 ans, apprenti, a été mortellement poignardé le 9 avril 2024 à Romans-sur-Isère alors qu’il s’interposait dans une altercation entre jeunes. Le 18 septembre 2026, la cour d’assises de la Drôme, réunie à Valence, a condamné l’auteur du coup de couteau mortel, Adel Gourini, à quinze ans de réclusion criminelle, une peine inférieure de dix ans aux réquisitions de l’avocat général.
Le procès s’est ouvert lundi 14 septembre 2026 devant la cour d’assises de la Drôme, qui siégeait à Valence, et s’est achevé après cinq jours d’audience. Le verdict a été rendu vendredi 18 septembre. Adel Gourini, 26 ans au moment des faits, a été reconnu coupable d’avoir porté le coup de couteau mortel et condamné à quinze ans de réclusion criminelle. L’avocat général Frédéric Uroz avait requis vingt-cinq ans de réclusion à son encontre, soit dix ans de plus que la peine finalement prononcée. Deux membres de sa famille comparaissaient à ses côtés devant la cour. Son père, Boutaleb Gourini, 59 ans, a été condamné à deux ans de prison pour complicité de violences volontaires. Son gendre, présent lors des faits, a écopé de six mois ferme pour complicité de fuite.
Les faits : une rivalité scolaire à l’origine du drame
Selon les éléments rapportés par Le Monde et confirmés par d’autres médias, le drame trouve son origine dans une rivalité entre deux collégiens du même établissement, née d’une moquerie visant le plus jeune frère de la famille Gourini. La querelle avait dégénéré en bagarre, filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux deux semaines avant les faits. Le 9 avril 2024, un rendez-vous est fixé le soir même pour régler le différend, l’un des collégiens affirmant avoir été harcelé à la sortie de l’école. Zakaria, apprenti totalement étranger à cette querelle initiale, se trouvait sur place pour soutenir un ami. Une altercation a éclaté dans le quartier de La Monnaie, à Romans-sur-Isère, au cours de laquelle il a reçu un coup de couteau qui lui a été fatal.
Une expédition qualifiée de punitive par le parquet
A l’audience, le parquet a décrit une expédition punitive organisée par la famille Gourini. Boutaleb Gourini s’était rendu sur place accompagné de ses deux fils aînés, dont Adel, et de son gendre, pour affronter le collégien mis en cause dans le conflit initial. Zakaria, présent aux côtés de son ami sans être partie à la dispute, a été la victime du coup porté par Adel Gourini au cours de l’altercation générale. Le ministère public a estimé que la riposte armée était disproportionnée par rapport à un différend scolaire.
Les réquisitions et les prises de parole à l’audience
A la barre, l’avocat général a dressé le portrait d’un adolescent qu’il a décrit comme généreux, travailleur et souriant, estimant que Zakaria avait été sacrifié sur l’autel de la vengeance. Adel Gourini a de son côté affirmé n’avoir jamais voulu donner la mort, expliquant avoir perdu le contrôle face à la foule présente lors de l’altercation. Selon des informations relayées par le média public régional ici Drôme Ardèche, l’accusé a également présenté ses excuses à la famille de la victime au cours de l’audience. La cour a suivi une partie des réquisitions du ministère public, sans retenir l’intégralité de la peine demandée par l’accusation.
Le verdict, rendu après cinq jours d’audience devant la cour d’assises de la Drôme, met un terme judiciaire à un dossier ouvert depuis avril 2024. La mémoire de Zakaria, décrit par l’accusation comme un adolescent généreux et souriant, aura marqué les débats jusqu’à la lecture de la décision.