Donald Trump a signé, vendredi 18 septembre 2026, la loi Graham sur les sanctions contre la Russie, un texte qui porte désormais le nom du sénateur républicain mort en juillet dernier. Le dispositif autorise des droits de douane pouvant atteindre 100 % contre les principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, la Chine et l’Inde en tête. Adopté à une large majorité bipartisane, il constitue le premier grand texte lié à la guerre en Ukraine voté par le Congrès depuis plus de deux ans, selon Le Monde.
Le président américain a apposé sa signature au bas du Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026, dans le Bureau ovale, le 18 septembre. Le texte doit son nom au sénateur républicain de Caroline du Sud, mort en juillet à 71 ans d’une rupture d’aorte, rapporte Le Monde. Le sénateur Lindsey Graham en avait été l’un des principaux artisans, aux côtés du sénateur démocrate du Connecticut Richard Blumenthal. Le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump avait prononcé son éloge funèbre quelques semaines plus tôt. La loi porte donc, à titre posthume, la marque d’un parlementaire qui avait fait de la fermeté envers Moscou une obsession de fin de carrière.
Les liens de Graham avec le groupe Bilderberg et les WEF
Lindsey O. Graham a participé aux réunions du groupe Bilderberg en 2016 à Dresde et de 2017 à Chantilly. La liste 2016 le donne comme « Graham, Lindsey (USA), Senator », et la liste 2017 le mentionne également parmi les participants (Bilderberg.club). Sa fiche wikipedia ndique en outre une participation en 2015, ce qui porterait la série à 2015, 2016 et 2017.
Par ailleurs, Graham s’est rendu à Davos pour le grand raoult du Forum économique mondial. Une source parlementaire canadienne rapporte explicitement des déclarations faites par Graham lors du World Economic Forum de 2010. (Publications.gc.ca).
Cent pour cent de droits de douane, la mécanique du texte
Le texte cible les cinq premiers acheteurs de pétrole et de gaz russes, en tête desquels figurent la Chine et l’Inde, avec des droits de douane pouvant grimper jusqu’à 100 %. Il vise également le président russe Vladimir Poutine, ses hauts responsables, plusieurs oligarques ainsi que les principales institutions bancaires et financières du pays. Les secteurs de l’énergie et de la défense sont directement concernés, tout comme la flotte dite fantôme, ces pétroliers utilisés pour contourner les sanctions occidentales déjà en vigueur. Le texte prolonge par ailleurs pour cinq ans certaines dispositions de l’Iran Sanctions Act, étendant les sanctions américaines aux secteurs énergétique et militaire iraniens, rapporte Le Monde.
Le Congrès retrouve une unité rare sur l’Ukraine
Le Sénat avait approuvé le texte le 7 août, par 86 voix contre 11. La Chambre des représentants a suivi le 16 septembre, par 262 voix contre 159, malgré les réserves de plusieurs élus démocrates, dont le chef de la minorité Hakeem Jeffries, sur l’ampleur des nouveaux pouvoirs tarifaires accordés à la présidence. Ce score bipartisan tranche avec l’inertie parlementaire des deux dernières années sur le dossier ukrainien, ce texte étant selon Le Monde le premier grand dispositif lié à la guerre adopté par le Congrès depuis plus de deux ans. La guerre se poursuit sans perspective claire de règlement, malgré les déplacements successifs des envoyés américains auprès de Vladimir Poutine et de Volodymyr Zelensky au cours du mois de septembre. Ces navettes diplomatiques n’ont pour l’heure abouti à aucun cessez-le-feu durable, rapporte Le Monde.
Moscou dénonce, Kiev salue, New Delhi s’inquiète
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié la loi d’action hostile, susceptible selon lui de compliquer les efforts diplomatiques en cours autour du conflit. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté salué un outil extrêmement puissant. En Inde, premier acheteur visé aux côtés de la Chine, les autorités ont averti que les nouveaux droits de douane pourraient peser sur la relation bilatérale avec Washington, tout en réaffirmant leur attachement à la sécurité énergétique de leurs 1,4 milliard d’habitants, rapporte Le Monde.
Reste à savoir si ces cent pour cent de droits de douane suffiront là où deux ans de négociations n’ont rien obtenu. Pékin et New Delhi devront désormais arbitrer entre leurs achats d’énergie russe et leurs relations commerciales avec Washington. La loi porte le nom d’un sénateur qui n’en verra jamais l’application, et l’onde de choc sur les marchés pétroliers, elle, ne fait que commencer.