La liberté de la presse a du plomb dans l’aile à Washington. Donald Trump a annoncé vendredi 18 septembre 2026, sur son réseau Truth Social, l’interdiction d’accès à la Maison Blanche pour CNN, MSNOW (l’ex-MSNBC) et Politico, accusés de diffuser en permanence de « fausses informations ». La mesure s’ajoute à l’éviction déjà actée de l’agence Associated Press, un an après un premier bras de fer devant la justice fédérale.
Dans un message publié vendredi 18 septembre 2026 sur Truth Social, le président américain et contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump a annoncé bannir de la Maison Blanche trois médias : la chaîne américaine CNN, propriété du groupe Warner Bros. Discovery, MSNOW – l’ex-MSNBC, renommée après sa scission du groupe Comcast – et le site d’information politique Politico, membre du propriété du groupe allemand Axel Springer. Il leur reproche une couverture qu’il qualifie de permanence de fausses informations, sans apporter d’élément factuel à l’appui de cette accusation. Le chef de l’État a prévenu que d’autres rédactions accusées de propager de fausses informations pourraient connaître le même sort, dans un message où il affirme vouloir imposer au pays une information qu’il juge honnête.
Un précédent nommé Associated Press
Cette décision n’est pas isolée. L’agence Associated Press avait déjà été écartée du Bureau ovale et d’Air Force One à compter du 11 février 2025, après avoir refusé d’adopter la dénomination « golfe d’Amérique » voulue par l’administration Trump pour désigner le golfe du Mexique. L’agence avait saisi la justice fédérale et obtenu gain de cause : le 8 avril 2025, le juge Trevor N. McFadden avait ordonné à la Maison Blanche de rétablir son accès complet aux événements présidentiels, estimant que le gouvernement ne pouvait pas sanctionner une rédaction pour ses choix éditoriaux au nom du premier amendement de la Constitution américaine. Le bannissement de CNN, de MSNOW et de Politico marque donc une nouvelle étape dans la mise à distance des rédactions jugées trop critiques par l’exécutif américain, malgré ce précédent judiciaire.
La colère des correspondants de la Maison Blanche
L’Association des correspondants à la Maison Blanche a fermement condamné la décision. Sa présidente, Jacqui Heinrich – par ailleurs correspondante senior de Fox News, chaîne pourtant réputée proche de l’administration – a rappelé que « la Constitution protège la liberté de la presse contre les interventions gouvernementales ». Elle a souligné que les journalistes visés étaient pris pour cible pour avoir simplement fait leur travail, et que c’est le droit des Américains à une couverture complète et indépendante qui se trouve, selon elle, menacé. D’autres voix se sont jointes aux critiques dans les rédactions concernées, dénonçant une tentative d’intimidation des journalistes.
Une application encore incertaine sur le terrain
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, la mesure ne semblait pas encore appliquée concrètement : des journalistes de Politico et de CNN se trouvaient toujours dans l’espace presse de la Maison Blanche, selon les constatations relayées par Le Monde. Ni les trois rédactions visées ni la Maison Blanche n’avaient précisé, au moment de la publication de cet article, les modalités concrètes de cette exclusion ni sa durée.
Une offensive qui s’inscrit dans un climat électoral tendu
L’annonce intervient alors que la popularité de Donald Trump s’érode, affectée par une inflation persistante, la hausse des prix du carburant et les critiques suscitées par l’engagement militaire américain contre l’Iran. Les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026, font planer sur le camp républicain le risque de perdre le contrôle d’une ou des deux chambres du Congrès. Dans ce contexte, la pression exercée sur les rédactions critiques s’ajoute à une longue liste de tensions entre la Maison Blanche et les médias américains depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.
Reste à savoir si CNN, MSNOW et Politico emprunteront la voie judiciaire, comme l’avait fait Associated Press avec succès en 2025. La liberté de la presse aux États-Unis, déjà mise à l’épreuve depuis plusieurs mois, s’apprête peut-être à connaître un nouveau chapitre devant les tribunaux.