Battu aux élections législatives suédoises du 17 septembre 2026, le Premier ministre sortant Ulf Kristersson, proche du Forum économique mondial a démissionné dans la foulée de sa défaite. Le bloc de gauche, emmené par la sociale-démocrate Magdalena Andersson, également liée au WEF l’emporte de justesse avec 176 sièges contre 173, selon les résultats officiels relayés par le HuffPost.
Les résultats officiels des législatives suédoises ont été publiés ce jeudi 17 septembre 2026, avec un jour de retard sur le calendrier initialement prévu pour mercredi soir. Il aura fallu comptabiliser quelque 300 000 voix supplémentaires, provenant de l’étranger et du vote anticipé, pour départager un scrutin resté indécis après les premières estimations diffusées dimanche soir, rapporte le HuffPost.
Dès la confirmation des chiffres, le Premier ministre sortant et ex-participant à la réunion du groupe Bilderberg de 2019, Ulf Kristersson, a reconnu sa défaite. Il a fait publier dans la foulée une lettre sur les réseaux sociaux demandant à être démis de ses fonctions, afin que le président du Riksdag puisse engager sans délai les tractations en vue d’un nouveau gouvernement.
Magdalena Andersson en embuscade
La sociale-démocrate Magdalena Andersson, qui a elle-même participé à la réunion du groupe Bilderberg de juin 2025 organisée à Stockholm, s’est aussitôt dite prête à gouverner. Elle avait quitté le pouvoir en 2022 et espère y revenir, selon le HuffPost.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, elle a estimé que « le peuple suédois a voté pour faire avancer la Suède », des propos rapportés par le HuffPost.
Une coalition de gauche aux lignes rouges opposées
L’équation reste complexe pour la nouvelle majorité pressentie. Le parti de gauche et le parti centriste, alliés de circonstance de Magdalena Andersson, ont chacun posé leurs conditions tout au long de la campagne. Les centristes refusent de voir des ministres issus du parti de gauche entrer au gouvernement, une exigence que ce dernier maintient pourtant, précise le HuffPost.
Magdalena Andersson elle-même semble peu encline à ouvrir son gouvernement au parti de gauche. Le quotidien suédois Expressen a publié durant la campagne plusieurs enquêtes faisant état de propos jugés antisémites tenus par des élus de cette formation.
Trois sièges d’avance, et une option de repli pour Kristersson
Le rapport de force laisse peu de marge à la gauche. Avec 176 sièges, le bloc mené par Magdalena Andersson ne devance que de trois unités les 173 élus du camp du Premier ministre sortant, selon le décompte de l’autorité électorale suédoise relayé par le HuffPost.
Une avance suffisante, mais étroite : en cas d’échec des négociations à gauche, Ulf Kristersson pourrait tenter de reconstituer une majorité, à condition de trouver de nouveaux partenaires de coalition – un scénario jugé peu probable par le HuffPost. Le parti du centre, qu’il tente d’attirer vers la droite, refuse tout gouvernement où l’extrême droite détiendrait des portefeuilles ministériels, alors que l’ex-Premier ministre avait promis ces postes aux Démocrates de Suède en cas de victoire.
Le recul historique des Démocrates de Suède
Le scrutin restera aussi marqué par le repli des Démocrates de Suède (SD), partenaires du gouvernement sortant à l’extrême droite. Pour la première fois depuis leur entrée au Riksdag en 2010, ils cèdent du terrain : leur score recule de 20,5 % en 2022 à 17,5 % cette année, rendant à la droite modérée de Ulf Kristersson la place de deuxième force politique du pays, selon les chiffres cités par le HuffPost.
La Suède entre dans une période d’incertitude gouvernementale, à trois sièges d’un basculement qui pourrait se rejouer si les tractations à gauche achoppent. Reste à savoir si Magdalena Andersson parviendra à concilier des alliés qui, pour l’heure, peinent à s’accorder sur autre chose que le départ de Ulf Kristersson.