Emmanuel Macron a réuni à l’Élysée, vendredi 18 septembre 2026, les forces politiques représentées au Parlement ainsi que leurs candidats ou représentants en vue de la prochaine élection présidentielle. À l’issue de cette réunion consacrée à la dégradation de la situation internationale, le chef de l’État a pris la parole devant la presse, évoquant, la flambée des prix des carburants, le détroit d’Ormuz, le risque de crise sociale, mais surtout la “Menace russe” et les “attaques hybrides”. Alors qu’il doit se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies en début de semaine prochaine, il affirme que “la menace russe s’est intensifiée”.
À quelques mois de l’élection présidentielle et a quelques jours de l’Assemblée nationale des Nations unies, membre du Forum économique mondial, le Young global leader du WEF Emmanuel Macron a choisi de réunir à l’Élysée les principales forces politiques représentées à l’Assemblée nationale et au Sénat, ainsi que leurs candidats ou représentants.
L’objectif affiché par le président : leur présenter directement l’état des menaces internationales auxquelles la France est confrontée et leurs conséquences économiques et sécuritaires.
La réunion s’est déroulée en présence de plusieurs hauts responsables de l’appareil de sécurité français. Emmanuel Macron a notamment cité le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), la directrice générale de la sécurité intérieure (DGSI), le directeur du renseignement militaire (DRM), le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) ainsi que le directeur général de l’énergie.
Deux dossiers ont dominé les échanges : la Russie et la guerre en Ukraine, d’une part, et la crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient et les difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz, d’autre part.
Emmanuel Macron alerte sur l’intensification de la « menace hybride russe »
Une part importante de l’intervention présidentielle a été consacrée à la Russie.
Selon Emmanuel Macron, la menace hybride russe à l’encontre des pays européens et de la France se serait intensifiée au cours des dernières semaines.
Le président a notamment évoqué une tentative d’attaque à l’aéroport de Leipzig attribuée par les autorités allemandes au renseignement militaire russe, ainsi que différentes attaques ou opérations impliquant des drones.
Il affirme que les services français ont présenté aux responsables politiques un état des lieux des attaques hybrides auxquelles la France aurait été confrontée.
Pour Emmanuel Macron, ces événements justifient la poursuite du soutien français à l’Ukraine.
« Le soutien à l’Ukraine est plus que jamais indispensable parce qu’il est la condition de notre sécurité. »
Le président estime également que les actions russes viseraient à intimider les Européens et à affaiblir leur soutien à Kiev.
Attaques de drones et cyberattaques : la France renforce sa protection
Face à cette menace, Emmanuel Macron annonce un relèvement de la vigilance sur le territoire français.
Le ministre de l’Intérieur a notamment réuni les préfets de zone afin de renforcer la posture de sécurité.
Le gouvernement doit également préparer un plan de protection des infrastructures critiques françaises et des sites sensibles de la base industrielle et technologique de défense.
Deux menaces sont particulièrement identifiées : les attaques de drones et les cyberattaques.
Le président rappelle également le développement depuis plusieurs années des dispositifs français de lutte contre les ingérences étrangères et les manipulations informationnelles, notamment à travers Viginum.
Son message est particulièrement clair concernant d’éventuelles nouvelles opérations russes en Europe :
« Ça ne restera pas sans réponse. »
Emmanuel Macron refuse toutefois de préciser quelle pourrait être la réponse française ou européenne, considérant qu’il serait contre-productif d’en dévoiler préalablement la nature.
Prix des carburants : Macron reconnaît une situation « très dure »
Le deuxième grand sujet de la conférence de presse concerne directement le portefeuille des Français : la flambée des prix de l’énergie et des carburants.
Interrogé sur un gazole atteignant, selon la question d’un journaliste, 2,39 euros le litre en moyenne, Emmanuel Macron reconnaît une situation particulièrement difficile.
« Les prix à la pompe atteignent des niveaux historiques », déclare le président, qui évoque les conséquences directes de cette hausse sur le pouvoir d’achat des ménages.
Mais Emmanuel Macron défend une explication essentiellement géopolitique de la flambée des prix.
Selon lui, elle résulte notamment de la guerre au Moyen-Orient, des difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz, des perturbations affectant les infrastructures énergétiques régionales ainsi que des conséquences persistantes de la guerre en Ukraine.
Détroit d’Ormuz : Macron veut sécuriser l’approvisionnement énergétique français
Le détroit d’Ormuz occupe une place centrale dans l’analyse présidentielle. Emmanuel Macron affirme que la France travaille à sa réouverture pacifique et qu’elle est disposée à participer à la sécurisation du trafic maritime lorsqu’un accord le permettra.
Cette orientation s’inscrit dans une position déjà défendue publiquement par la France en 2026 : l’Élysée avait notamment indiqué en mars que la France était prête à participer à un dispositif d’escorte des navires une fois la situation suffisamment apaisée, mais excluait une opération d’ouverture du détroit par la force dans le contexte des hostilités.
En parallèle, Paris cherche à diversifier ses approvisionnements afin de réduire sa dépendance aux voies énergétiques les plus exposées.
Trois produits sont considérés comme prioritaires par Emmanuel Macron : le diesel, le carburant aérien et le gaz.
Arabie saoudite, Irak, Qatar, Émirats : la diplomatie énergétique française s’accélère
Emmanuel Macron a longuement détaillé les discussions menées avec plusieurs pays producteurs d’hydrocarbures.
Il cite notamment ses échanges avec l’Arabie saoudite, l’Irak, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Nigeria.
L’objectif est double : sécuriser les volumes disponibles à court terme et développer de nouvelles voies d’approvisionnement permettant de contourner les zones les plus exposées.
Le président évoque notamment des projets de corridors énergétiques entre l’Irak et la Méditerranée orientale.
La France travaille également avec l’Arabie saoudite et l’Égypte sur l’acheminement de gaz et de produits raffinés depuis le Golfe vers la Méditerranée.
Macron annonce un G7 consacré à la crise énergétique
Autre annonce importante : Emmanuel Macron entend convoquer un G7 consacré aux questions énergétiques.
Plusieurs sujets doivent être abordés : la coordination des stocks, les capacités de production, les exportations et l’éventuelle utilisation des stocks stratégiques.
Le président veut également solliciter la Commission européenne de la contributrice de l’agenda 2030, Ursula von der Leyen.
Paris souhaite notamment accélérer les travaux européens concernant le stockage du gaz et obtenir davantage de flexibilités afin d’augmenter les capacités de production et de raffinage.
Le recours aux biocarburants lorsque cela est techniquement possible fait également partie des pistes évoquées.
L’objectif revendiqué est de peser à court terme sur les prix de l’énergie.
Baisse des taxes ou blocage des prix des carburants : Macron reste prudent
La question la plus sensible politiquement concerne les mesures que l’État pourrait prendre directement pour réduire la facture des automobilistes.
Plusieurs responsables politiques réclament notamment un blocage des prix ou une réduction de la fiscalité sur les carburants.
Emmanuel Macron ne ferme complètement la porte à aucune solution : « tout mérite d’être analysé », répond-il.
Mais son intervention montre surtout sa volonté d’éviter un nouveau dispositif massif financé par les finances publiques.
Le président rappelle les dépenses engagées pendant la crise du Covid puis pendant la précédente crise énergétique et souligne la situation actuelle des comptes publics.
Son raisonnement consiste donc à privilégier, dans un premier temps, l’action diplomatique, la diversification des approvisionnements et une action coordonnée au niveau européen avant de décider de nouvelles mesures nationales.
Des aides ciblées plutôt qu’un nouveau « quoi qu’il en coûte » ?
Le gouvernement pourrait néanmoins renforcer certaines aides. Emmanuel Macron évoque notamment les dispositifs destinés aux professions fortement dépendantes du carburant, parmi lesquelles les agriculteurs et les pêcheurs.
Les dispositifs destinés directement aux ménages seront également réévalués.
Le président mentionne notamment la mesure destinée aux « gros rouleurs », qui concernerait environ trois millions de Français selon ses déclarations.
Le Premier ministre doit coordonner les prochaines décisions gouvernementales. La philosophie exposée par Emmanuel Macron consiste donc à cibler davantage les aides plutôt qu’à reproduire les dispositifs extrêmement larges adoptés pendant les crises précédentes.
Macron redoute-t-il un retour des Gilets jaunes ?
La question a directement été posée au président. Face à l’envolée du prix des carburants, certains responsables politiques évoquent une situation sociale potentiellement « explosive » et le spectre d’une nouvelle mobilisation comparable à celle des Gilets jaunes.
Emmanuel Macron reconnaît la souffrance économique d’une partie de la population mais appelle les Français à rester « unis ».
Il estime que les mouvements sociaux sont légitimes, tout en soulignant que les causes de la hausse actuelle des prix sont, selon lui, essentiellement internationales.
Le président cherche ainsi à établir une distinction entre la situation actuelle et la crise des Gilets jaunes, déclenchée en 2018 notamment dans le contexte d’une hausse programmée de la fiscalité sur les carburants.
Cette fois, insiste-t-il, la flambée des prix ne serait pas la conséquence d’une décision fiscale prise par son gouvernement.
Présidentielle : Macron explique pourquoi il a réuni les candidats
La présence à l’Élysée de candidats ou représentants engagés dans la prochaine présidentielle soulève nécessairement une question politique : quel rôle Emmanuel Macron entend-il jouer pendant la campagne alors qu’il ne peut pas être candidat à sa succession ?
Le chef de l’État affirme que la réunion du 18 septembre relève de son rôle institutionnel.
Selon lui, les formations représentées au Parlement et les candidats à la présidentielle doivent connaître les menaces auxquelles la France est confrontée afin que le débat démocratique puisse se dérouler avec le maximum d’informations disponibles.
Il présente donc cette réunion comme un « exercice de transparence ».
Et il prévient qu’il pourrait renouveler l’initiative :
« Je l’organiserai autant de fois que j’estimerai que ce sera nécessaire et pertinent pour la qualité du débat démocratique et l’intérêt des Français. »
En revanche, Emmanuel Macron refuse de juger publiquement la qualité de la campagne présidentielle ou les candidats.
« Ce rôle de garant n’appelle pas de moi d’être un commentateur de notre vie publique », affirme-t-il.
Russie, énergie, pouvoir d’achat : Macron installe les crises internationales au cœur de la présidentielle
Cette intervention du 18 septembre donne ainsi un aperçu des sujets que l’Élysée considère comme déterminants pour les prochains mois.
Sécurité européenne, guerre en Ukraine, menace hybride russe, approvisionnement en pétrole et en gaz, prix des carburants et pouvoir d’achat sont désormais étroitement imbriqués dans le discours présidentiel.
Emmanuel Macron défend une ligne articulée autour de quatre leviers : diplomatie internationale, sécurisation des approvisionnements, action européenne et aides nationales ciblées.
Il cherche surtout à convaincre que la flambée des prix doit être traitée d’abord comme une conséquence des crises géopolitiques plutôt que comme un problème exclusivement français.
Reste une question centrale pour les ménages : ces initiatives permettront-elles réellement de faire baisser rapidement les prix à la pompe ?
Emmanuel Macron promet des résultats sur la sécurité des approvisionnements et espère un effet sur les prix « dans les semaines et les mois qui viennent », tout en reconnaissant que la France ne maîtrise pas seule les facteurs à l’origine de la crise.
La réunion organisée par Macron intervient le lendemain d’une réunion organisé par Laurent Nuñez afin de mobiliser les préfets pour faire face aux “menaces hybrides”. Dans un communiqué publié par l’ONU le 17 septembre, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, proche du Forum économique mondial a indiqué vouloir renforcer la coopération internationale face aux “menaces”. Dans son discours, Emmanuel Macron a d’ailleurs précisé qu’il discuterait de nouveau de la situation géopolitique avec « plusieurs autres dirigeants à New York lundi et mardi », là où se tiendra l’Assemblée générale des Nations unies.
Les principales annonces d’Emmanuel Macron le 18 septembre 2026
- Renforcement de la protection des infrastructures critiques françaises contre les drones et les cyberattaques.
- Vigilance accrue face aux opérations hybrides attribuées à la Russie.
- Maintien du soutien français à l’Ukraine.
- Efforts diplomatiques pour favoriser une réouverture pacifique du détroit d’Ormuz.
- Sécurisation prioritaire des approvisionnements en diesel, jet fuel et gaz.
- Recherche de nouvelles routes énergétiques entre le Golfe, l’Irak et la Méditerranée.
- Convocation annoncée d’un G7 consacré aux questions énergétiques.
- Saisine de la Commission européenne pour agir sur le stockage, le raffinage et les prix de l’énergie.
- Réévaluation des aides aux ménages et aux secteurs économiques fortement dépendants des carburants.
- Possibilité de nouvelles réunions avec les forces politiques et les candidats à la présidentielle si la situation l’exige.