À la sortie de la réunion organisée par Emmanuel Macron à l’Élysée ce vendredi 18 septembre, Bruno Retailleau a prévenu que les conséquences des crises internationales sur les prix de l’énergie pourraient s’installer dans la durée. Le candidat Les Républicains à l’élection présidentielle de 2027 refuse toutefois de se résigner à cette situation et remet sur la table ses propositions pour réduire le prix des carburants, le coût du logement et, plus largement, les dépenses qui pèsent sur les classes moyennes.
La crise énergétique pourrait durer, mais Bruno Retailleau refuse d’en faire une fatalité. À sa sortie de l’Élysée ce vendredi 18 septembre, le président des Républicains a surtout insisté sur les conséquences économiques que les conflits internationaux pourraient continuer d’avoir sur les Français.
Le président français, Emmanuel Macron passé par le programme Young Leader du Forum économique mondial avait réuni à partir de 10 h 30 les principaux responsables des partis politiques et candidats à l’élection présidentielle dans le cadre du « format Saint-Denis ». La rencontre était consacrée à la dégradation de la situation internationale, en particulier aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi qu’à leurs conséquences sur la sécurité et l’énergie en France. Des responsables militaires, des services de renseignement et le directeur général de l’énergie participaient notamment aux échanges.
À la sortie de cette réunion confidentielle, Bruno Retailleau a retenu un élément majeur : les tensions actuelles et leurs répercussions économiques ne devraient pas disparaître rapidement.
« Cela va être durable. Cette vie chère, malheureusement, elle risque de continuer », a-t-il déclaré devant la presse.
Un constat préoccupant qui, selon lui, ne doit surtout pas conduire les responsables politiques à l’impuissance.
« Précisément parce que les conséquences risquent d’être durables, on ne peut pas tout subir. On ne peut pas rester sans rien faire », a-t-il poursuivi.
Les carburants au centre de la réponse de Retailleau
Le président des Républicains veut d’abord agir sur le prix payé par les automobilistes à la pompe. Un sujet devenu particulièrement sensible : ce vendredi, le gazole dépassait 2,39 euros le litre en France, selon un calcul de l’AFP établi à partir des prix affichés dans plus de 9 000 stations-service. Le SP95-E10 atteignait pour sa part 2,17 euros le litre.
Bruno Retailleau a donc profité de la réunion pour remettre plusieurs de ses propositions sur la table.
Il défend notamment la suppression des certificats d’économies d’énergie (CEE), un mécanisme qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions destinées à réduire la consommation énergétique. Quelques jours avant cette réunion, le candidat LR avait chiffré à 15 à 17 centimes par litre la baisse du prix à la pompe qu’il estime pouvoir obtenir avec cette mesure.
Il souhaite également revoir le barème kilométrique de l’impôt sur le revenu, afin de mieux prendre en compte le coût des déplacements professionnels.
Pour Bruno Retailleau, la flambée des carburants touche en priorité une partie de la population qu’il entend placer au centre de sa campagne présidentielle : les classes moyennes.
« L’augmentation d’énergie frappe les classes moyennes. Et moi, je veux être le candidat des classes moyennes », a-t-il déclaré.
La « France périphérique » particulièrement exposée
Le candidat LR insiste également sur la situation des Français qui travaillent et vivent loin des grandes métropoles.
Il reprend à ce titre l’expression de « France périphérique », popularisée dans le débat public français après la publication du livre éponyme de Christophe Guilluy, pour désigner notamment des territoires situés à distance des grands centres urbains et dans lesquels la voiture demeure souvent indispensable pour travailler, faire ses courses ou accéder aux services.
Pour Bruno Retailleau, les habitants de ces territoires sont mécaniquement plus vulnérables à la hausse du carburant, faute de disposer des mêmes alternatives que les habitants des grandes villes.
Lorsqu’on ne vit pas dans une grande agglomération, a-t-il expliqué en substance, on ne bénéficie pas des possibilités de transports en commun susceptibles de réduire le coût des déplacements quotidiens.
La question rappelle nécessairement le précédent des « gilets jaunes ». En 2018, l’augmentation prévue de la fiscalité sur les carburants avait constitué l’un des principaux éléments déclencheurs d’un mouvement social parti notamment des zones périurbaines et rurales. La hausse actuelle des prix à la pompe est d’ailleurs suivie avec attention par l’exécutif, alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées pour octobre.
« Le niveau de vie des Français a été affaibli »
Bruno Retailleau ne veut toutefois pas limiter le problème au seul prix affiché dans les stations-service. Selon lui, si la nouvelle poussée des prix énergétiques est aussi douloureusement ressentie, c’est parce qu’elle intervient après plusieurs années de pression sur le niveau de vie et le pouvoir d’achat.
« Les Français ressentent durement cette cherté de la vie et notamment l’augmentation du coût des carburants » parce qu’ils sortent, selon lui, « d’années et d’années où leur pouvoir d’achat et leur niveau de vie a été affaibli ».
Le président des Républicains affirme également que le niveau de vie des Français est désormais inférieur à la moyenne européenne. Une affirmation qu’il utilise pour défendre une réponse économique plus large que les seules mesures sur les carburants.
Sa stratégie consiste à cibler plusieurs dépenses contraintes qui absorbent une partie importante des revenus des ménages.
Après les carburants, Retailleau cible le logement et l’électricité
Le logement arrive ainsi immédiatement après l’énergie dans son argumentaire. Bruno Retailleau affirme avoir présenté des propositions destinées à remettre « des centaines et des centaines de milliers » de logements supplémentaires sur le marché. L’idée défendue est celle d’une augmentation de l’offre susceptible, à terme, d’exercer une pression à la baisse sur les prix.
« Le logement, c’est le premier poste, notamment des dépenses contraintes », a-t-il souligné.
Le candidat LR cite également l’électricité parmi les domaines dans lesquels les pouvoirs publics peuvent intervenir pour réduire la pression sur les ménages.
Son raisonnement est simple : la France n’a pas la maîtrise des conflits qui bouleversent actuellement les marchés mondiaux de l’énergie, mais elle conserve des marges de manœuvre sur certaines de leurs conséquences économiques.
« C’est vrai qu’on n’est pas à l’origine de ces conflits et on ne peut pas maîtriser les conséquences de ces conflits. Mais justement, si on ne veut pas subir, il faut agir », a-t-il résumé.
Une réunion utile, mais peu de révélations selon Retailleau
Bruno Retailleau s’est également montré mesuré sur les informations confidentielles communiquées pendant la rencontre. Selon lui, la réunion n’a pas apporté énormément d’éléments radicalement nouveaux par rapport aux informations déjà rendues publiques au cours des dernières semaines.
Il évoque néanmoins l’intérêt de ce type de rendez-vous, notamment parce qu’il permet aux différentes forces politiques d’échanger directement avec le chef de l’État, les responsables militaires et les services compétents.
Cette réunion avait précisément été organisée par Emmanuel Macron afin de partager avec les responsables politiques certaines informations sur la situation internationale. L’Élysée souhaitait notamment que ceux qui ambitionnent de succéder au président en 2027 disposent d’éléments permettant « d’éclairer le débat » politique.
Pour Bruno Retailleau, la principale information réside donc moins dans une révélation géopolitique que dans la perspective d’une crise énergétique durable.
Le pouvoir d’achat déjà au cœur de la présidentielle 2027
Cette intervention permet aussi au président des Républicains de replacer son programme économique dans une campagne présidentielle où le pouvoir d’achat prend une importance croissante.
Deux jours avant la réunion de l’Élysée, Bruno Retailleau avait déjà présenté plusieurs propositions destinées à faire baisser les prix de l’énergie et des carburants.
La séquence de ce vendredi lui permet de rattacher directement ces propositions aux conséquences des crises internationales.
Et le candidat LR élargit déjà son propos à l’un des thèmes qu’il entend défendre dans les prochains mois : le travail.
Après les carburants, l’électricité et le logement, Bruno Retailleau affirme vouloir faire du revenu tiré de l’activité professionnelle un autre pilier de sa campagne présidentielle, avec l’objectif affiché que « le travail paye plus ».
Face à des conflits internationaux dont les effets pourraient se prolonger, le président des Républicains entend ainsi déplacer le débat vers les leviers dont dispose encore la France. Une manière de résumer son message à la sortie de l’Élysée : si Paris ne maîtrise pas les guerres qui bouleversent les marchés de l’énergie, le prochain pouvoir devra, selon lui, agir sur leurs conséquences pour le portefeuille des Français.
Sources :
Déclaration de Bruno Retailleau à la sortie de la réunion à l’Élysée, vendredi 18 septembre 2026, transcription fournie.
AFP, 18 septembre 2026, « Crises et carburant : Macron reçoit les candidats à sa succession ou leur bras droit ».
AFP, 18 septembre 2026, « Carburants à un prix record : le gouvernement ouvre la porte à de nouvelles aides ».
Le Monde, 16 septembre 2026, « Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau repart sur le terrain du pouvoir d’achat pour se démarquer des “bonimenteurs” dans la campagne ».
Euronews, 18 septembre 2026, « Macron convie les chefs de parti pour une réunion sur la “dégradation rapide” de la situation internationale ».