Emmanuel Macron réunit ce vendredi 18 septembre à l’Élysée les responsables des partis représentés au Parlement, aux côtés du Premier ministre et des principaux acteurs français de la défense et du renseignement. Une rencontre consacrée à la dégradation de la situation internationale, aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et à leurs répercussions sur la sécurité et l’énergie en France.
Le président français, Emmanuel Macron, passé par le programme Young global leader du Forum économique mondial rassemble une partie de l’appareil politique et stratégique français à l’Élysée. Vendredi 18 septembre à 10 h 30, le président de la République doit recevoir les chefs des partis représentés au Parlement français, ou leur candidat à l’élection présidentielle, pour une réunion consacrée à la situation internationale et à ses conséquences directes pour la France.
La rencontre intervient, selon la présidence de la République, face à une « dégradation rapide » de la situation internationale observée ces derniers jours. Deux théâtres seront particulièrement au cœur des échanges : le Moyen-Orient et l’Ukraine. Au-delà de la situation militaire sur le terrain, l’exécutif entend aborder leurs répercussions sur la sécurité nationale et l’approvisionnement énergétique français.
Le format retenu est particulièrement large. Le Premier ministre Sébastien Lecornu participera à la réunion, tout comme les autorités militaires et plusieurs composantes essentielles du renseignement français.
La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), chargée notamment de la lutte antiterroriste, du contre-espionnage et de la protection contre les ingérences étrangères, sera représentée. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), compétente pour le renseignement hors du territoire national, participera également aux échanges.
À leurs côtés doivent intervenir la Direction du renseignement militaire (DRM) et le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), organisme placé auprès du Premier ministre et jouant un rôle central dans la coordination interministérielle des questions de défense et de sécurité nationale. Le directeur général de l’énergie est également attendu.
Des informations sensibles communiquées aux responsables politiques
L’un des enjeux majeurs de cette réunion réside dans la nature des informations qui doivent être présentées aux responsables des formations politiques.
Selon l’Élysée, les autorités militaires et les services de renseignement doivent partager des informations dont dispose le chef de l’État. La réunion doit ainsi permettre aux responsables politiques présents d’obtenir un état des lieux provenant directement des institutions chargées de suivre les menaces militaires, sécuritaires et géopolitiques.
Les chefs de parti disposent d’une certaine latitude concernant leur représentation. Ils peuvent participer eux-mêmes à la rencontre ou envoyer le candidat ou la candidate de leur formation à l’élection présidentielle du printemps 2027.
Cette particularité donne également à la réunion une dimension politique singulière. Emmanuel Macron ne pouvant briguer un nouveau mandat, l’exécutif considère que les responsables susceptibles de lui succéder doivent pouvoir disposer d’informations permettant d’éclairer le débat public durant la campagne présidentielle.
Le Moyen-Orient et l’Ukraine au centre des préoccupations
La convocation intervient dans un contexte international particulièrement tendu. La guerre en Ukraine demeure l’un des principaux dossiers stratégiques européens, tandis que les crises au Moyen-Orient font peser des risques à la fois militaires, diplomatiques et économiques.
La question énergétique occupera ainsi une place importante dans les discussions. La présence du directeur général de l’énergie traduit la volonté de ne pas cantonner la rencontre aux seules questions militaires et de renseignement.
Les tensions au Moyen-Orient peuvent en effet avoir des répercussions sur les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques internationaux. La veille de cette réunion, Emmanuel Macron recevait à Paris le roi Abdallah II de Jordanie et le président libanais Joseph Aoun, également liés au WEF. L’Élysée soulignait alors explicitement le lien entre la stabilité de la région, la sécurité des approvisionnements mondiaux et les prix de l’énergie.
La présidence indiquait que la diversification et la sécurisation des voies d’approvisionnement devaient contribuer à protéger l’économie française des conséquences des crises internationales.
Un « format Saint-Denis » élargi aux enjeux stratégiques
L’Élysée présente cette rencontre comme relevant du « format Saint-Denis », en référence aux réunions organisées par Emmanuel Macron avec les différentes forces politiques représentées au Parlement.
Cette fois, la présence des autorités militaires, des principaux services de renseignement et du responsable de l’administration chargée de l’énergie donne cependant à l’exercice une dimension stratégique particulièrement marquée.
L’objectif affiché n’est donc pas seulement d’organiser un échange politique entre majorité et oppositions. Les représentants des différentes formations doivent être confrontés directement aux informations détenues par les structures chargées d’évaluer les menaces extérieures et intérieures.
À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, la rencontre place ainsi autour de la même table le pouvoir exécutif, les forces politiques susceptibles de concourir à la succession d’Emmanuel Macron et plusieurs institutions situées au cœur de la sécurité nationale française.
Sources :
Le Monde, « Emmanuel Macron convie les chefs de parti et les candidats à la présidentielle à une réunion vendredi à l’Élysée sur la “dégradation rapide” de la situation internationale ».
Public Sénat, « Emmanuel Macron convie les chefs de partis vendredi pour évoquer la situation internationale et ses conséquences ».
Présidence de la République, informations relatives aux enjeux de sécurité et d’approvisionnement énergétique au Moyen-Orient.