L’ancien président écologiste de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, dénonce la fermeture annoncée des Stations Milan et Rockefeller, deux dispositifs d’hébergement destinés aux jeunes isolés en recours de minorité.
Bruno Bernard hausse le ton contre la nouvelle majorité métropolitaine. Dans une publication diffusée sur Facebook, l’ancien président de la Métropole de Lyon se dit « très inquiet » de l’évolution de la politique d’hébergement d’urgence sur le territoire lyonnais.
Au cœur de ses critiques se trouve la fermeture annoncée des deux dispositifs baptisés « Stations », ouverts sous son mandat pour accueillir des jeunes isolés contestant devant la justice une première décision refusant de reconnaître leur minorité.
102 places d’hébergement concernées
Les Stations Milan et Rockefeller représentent au total 102 places. La Station Rockefeller dispose de 52 places et celle de Milan de 50 places, selon l’association Le Mas, qui assure leur gestion. Les deux centres accueillent des jeunes en attente d’une décision du juge des enfants concernant leur minorité.
Selon Médecins du Monde, ces dispositifs ont accueilli et accompagné 738 jeunes depuis leur création en 2020. Ils sont financés conjointement par la Métropole de Lyon et la Préfecture du Rhône. Il s’agissait d’un dispositif mis en place durant le mandat de Bruno Bernard.
La fermeture de la Station Milan est prévue le 30 septembre 2026, tandis que celle de Rockefeller doit intervenir le 31 décembre. Ces échéances avaient déjà suscité, en juillet, l’inquiétude de quatre députés lyonnais qui avaient interpellé la présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, ainsi que le préfet du Rhône.
Bruno Bernard accuse Véronique Sarselli d’un « choix politique »
Dans son message, Bruno Bernard met directement en cause la présidente LR de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli.
« Cette fermeture brutale est décidée par Madame Sarselli sans aucune solution pour ces jeunes qui vont se retrouver à la rue », affirme l’ancien président écologiste.
Il estime que l’existence de ces dispositifs permettait précisément d’éviter que les jeunes concernés restent sans hébergement pendant la durée de leur recours judiciaire.
Bruno Bernard affirme également que, si l’ensemble des départements français avaient développé des dispositifs comparables proportionnellement à leur population, les quelque 3 000 jeunes actuellement en recours en France pourraient être hébergés dans l’attente d’une décision judiciaire.
La situation de la place de Milan également dénoncée
L’ancien président de la Métropole critique parallèlement la procédure visant l’occupation du squat de la place de Milan, près de la Part-Dieu.
Depuis mars 2026, plusieurs centaines de personnes occupent un bâtiment appartenant à la Métropole. Début septembre, le tribunal a ordonné la libération des lieux. Le Progrès faisait état de 280 occupants, dont environ 70 enfants, au moment de la décision judiciaire.
Bruno Bernard reproche à la nouvelle majorité métropolitaine de vouloir faire procéder à leur expulsion alors que, selon lui, aucun projet immobilier immédiat ne justifierait la récupération du bâtiment.
La Métropole présente toutefois une justification différente. Dans un communiqué publié le 4 septembre, la collectivité a indiqué que la justice avait ordonné la libération d’un bâtiment présentant, selon elle, « des risques graves pour la sécurité de ses occupants ».
Deux politiques d’hébergement qui s’opposent
Bruno Bernard défend dans sa publication la stratégie menée entre 2020 et 2026 par l’ancienne majorité écologiste, fondée notamment sur l’utilisation temporaire de bâtiments ou terrains disponibles.
Il cite les sites d’urbanisme transitoire, les villages de tiny houses ou encore le soutien apporté aux Grandes Voisines.
La Station Rockefeller constituait elle-même un projet d’urbanisme temporaire. Un document de la Métropole publié sous la précédente mandature décrivait le dispositif comme un partenariat entre la collectivité et l’État destiné aux jeunes migrants en recours de minorité.
Pour Bruno Bernard, les décisions prises depuis le changement de majorité en mars ne relèvent donc pas uniquement de contraintes techniques ou budgétaires.
« Il faut être clair sur ce qui se passe aujourd’hui : c’est un choix politique », écrit-il, accusant la nouvelle majorité d’avoir fait de la suppression de ce dispositif une priorité.
La fermeture des Stations intervient alors que 56 organisations ont appelé la Métropole de Lyon et la Préfecture à revenir sur la suppression des 102 places d’hébergement. Une manifestation contre leur fermeture est par ailleurs organisée ce mercredi 16 septembre à 17h30, place de Milan, dans le 3e arrondissement de Lyon.