À Lyon, la réouverture de la rue Grenette aux voitures, annoncée par la Métropole pour septembre 2026, a finalement été repoussée. Le maire écologiste Grégory Doucet, farouchement opposé au projet, réclame un référendum, tandis que des associations se réservent le droit de saisir la justice.
Le 2 juillet 2026, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (Les Républicains), en poste depuis un peu plus de cent jours, annonce la réouverture de la rue Grenette à la circulation automobile pour septembre. La décision acte la fin de la piétonnisation mise en place sous la précédente mandature écologiste.
Doucet réclame un référendum
Le maire de Lyon, Grégory Doucet (Europe Écologie Les Verts), s’oppose frontalement à ce revirement. Il réclame depuis le 25 juin un référendum contraignant sur l’avenir de la rue. Une consultation citoyenne organisée au printemps a recueilli 17 517 réponses – une « participation record » selon la Ville – dont 72 % favorables au maintien de la piétonnisation.
Un cadre juridique disputé
Sur le plan légal, le dossier est loin d’être tranché. La loi d’orientation des mobilités de 2019 impose en principe des aménagements cyclables sur ce type d’axe. Un simple arrêté de circulation pourrait toutefois permettre à la Métropole de contourner cette obligation, selon l’avocat Stanislas François, qui résume la logique retenue : « si un bus peut doubler un vélo, une voiture le peut aussi. » L’association La Ville à Vélo se réserve le droit de saisir le tribunal administratif si les négociations n’aboutissent pas, tandis que la Ville de Lyon elle-même n’exclut pas d’attaquer la Métropole sur le terrain de la sécurité routière.
La réouverture finalement repoussée
Le 9 septembre, la Métropole confirme que le projet reste d’actualité mais que sa mise en œuvre concrète doit encore être précisée. Véronique Sarselli évoque désormais une échéance « dans les prochains mois » plutôt que le mois de septembre initialement annoncé. Grégory Doucet se dit disposé à discuter tout en restant, selon ses mots, « combatif » sur le fond. Aucune rencontre entre les deux exécutifs n’a eu lieu depuis.
En attendant, la rue Grenette reste réservée aux bus, aux vélos et aux quelque 90 000 usagers des transports en commun qui l’empruntent chaque jour. Entre la Ville et la Métropole, la question du retour des voitures en centre-ville est loin d’être refermée – et pourrait bien se conclure devant un tribunal administratif.