Mémorial du 11-Septembre à New York lors d'une cérémonie de commémoration

Commémorations du 11-Septembre : des familles sortent du script

À New York, le 11 septembre 2026, deux proches de victimes ont profité de leur passage à la tribune officielle pour mettre en cause l’Arabie saoudite. Le protocole prévoit la lecture des noms et des souvenirs. Quatre anciens présidents américains assistaient à la cérémonie du vingt-cinquième anniversaire.

Les intervenants d’une cérémonie du 11-Septembre à Ground Zero sont censés se borner à lire les noms des victimes et à évoquer quelques souvenirs. C’est un rituel immuable depuis vingt-cinq ans, et sa force tient à sa retenue.

Terry Strada s’en est écartée. À la tribune, elle a déclaré « regretter que 25 ans après, nous n’ayons toujours pas obtenu justice pour le rôle joué par l’Arabie saoudite dans votre assassinat », s’adressant aux disparus dont elle lisait le nom.

Elle a poursuivi : « Oui, nous avons enfin pu porter cette affaire devant un tribunal et établir que le royaume d’Arabie saoudite avait entretenu une culture nauséabonde de terrorisme anti-américain à travers le monde. » Puis elle a mis en cause la continuité des gouvernements successifs : « Mais pendant 25 ans, administration après administration, y compris des dirigeants qui se tiennent aujourd’hui devant nous, ont choisi de protéger les Saoudiens plutôt que de se tenir aux côtés des familles du 11-Septembre. »

Un message adressé à la tribune officielle

L’interpellation s’est achevée par une demande directe. « Le président Trump peut encore changer cela. Dites aux Saoudiens d’arrêter de mentir », a-t-elle lancé, en priant le vice-président JD Vance, présent à la cérémonie, de porter ce message.

Un peu plus tard, un autre proche de victimes, non identifié dans l’immédiat, a pris le même micro pour affirmer que « depuis 25 ans, l’État profond a caché la vérité sur ce qui s’est passé ce jour-là ». Il a demandé la publication intégrale des dossiers impliquant l’Arabie saoudite « tant qu’il reste encore des familles de victimes en vie pour pouvoir en prendre connaissance ».

Les deux interventions ont été applaudies par une partie de la foule, composée de proches des disparus. Parmi les officiels présents figuraient quatre anciens présidents américains.

Ce que le dossier saoudien contient

Le contentieux entre les familles et Riyad n’est pas un procès d’intention isolé. Une majorité des pirates de l’air du 11 septembre 2001 étaient de nationalité saoudienne, comme l’était le commanditaire des attentats, Oussama ben Laden, chef d’Al-Qaïda.

La procédure civile engagée par les familles devant les juridictions américaines poursuit son cours depuis des années. Elle a été rendue possible par une loi votée en 2016 qui a levé une partie de l’immunité souveraine dans les affaires de terrorisme, texte alors combattu par l’exécutif américain.

Ces interventions interviennent par ailleurs le jour même où la CIA a déclassifié plus de soixante-dix notes de renseignement présidentielles sur Al-Qaïda. La coïncidence de calendrier n’a pas apaisé la demande d’ouverture d’archives, elle l’a relancée.

Vingt-cinq ans après, la cérémonie officielle ne suffit plus à contenir ce que les familles veulent dire. Deux prises de parole ont rappelé que le deuil peut être un dossier judiciaire, et qu’une commémoration n’est jamais tout à fait un point final.


Source : Le HuffPost avec AFP – https://www.huffingtonpost.fr/international/article/11-septembre-ces-proches-de-victimes-n-ont-pas-suivi-le-script-des-commemorations-pour-faire-passer-un-message_322808.html