Franc-maçonnerie : l’UPR relève neuf événements en moins de trois mois qui interrogent

Neuf événements en moins de trois mois. C’est la séquence mise en avant par le compte Facebook « Votons l’UPR avec Francois ASSELINEAU en 2027 », qui relève une succession inhabituelle d’actualités liées à la franc-maçonnerie entre juin et septembre 2026. De la venue d’Édouard Philippe au Grand Orient de France aux prises de position sur l’aide à mourir, en passant par le ravivage de la Flamme du Soldat inconnu, cette chronologie relance une question ancienne : quelle place les obédiences maçonniques occupent-elles aujourd’hui dans la vie publique française ?

Neuf événements entre le 24 juin et le 5 septembre 2026. En mettant bout à bout plusieurs épisodes survenus au cours de l’été dans un post publié le 12 septembre, le compte Facebook « Votons l’UPR avec Francois ASSELINEAU en 2027 », soutien de l’Union populaire républicaine (UPR), entend attirer l’attention sur la visibilité de la franc-maçonnerie dans la vie publique française.

La publication rapproche des événements de nature très différente : rencontre avec un candidat à l’élection présidentielle, prise de position sur un texte sociétal majeur, intervention d’un cardinal devant des francs-maçons, obsèques religieuses d’anciens responsables politiques présentés comme membres de la franc-maçonnerie, renouvellement de la direction du Grand Orient de France ou encore participation à une cérémonie mémorielle sous l’Arc de Triomphe.

Pris séparément, ces événements répondent à des logiques distinctes. Mis bout à bout sur une période de moins de trois mois, ils dessinent cependant une séquence singulière, sur laquelle le compte proche de l’UPR entend braquer les projecteurs.

Édouard Philippe reçu au Grand Orient de France

La chronologie commence le 24 juin 2026. Le young leader de la fondation France-Amérique, Édouard Philippe est alors reçu au siège du Grand Orient de France (GODF), rue Cadet, à Paris.

L’événement est public. Le GODF avait annoncé une conférence intitulée « La République face au temps présent », organisée en présence de Pierre Bertinotti, alors Grand Maître du Grand Orient de France, et d’une délégation du Conseil de l’Ordre. L’ancien Premier ministre y intervient dans le cadre d’une rencontre programmée en soirée. Devant les frères, Philippe a même rappelé que son père était franc-maçon.

À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, la présence d’Édouard Philippe rue Cadet ne passe évidemment pas inaperçue. Elle illustre également une réalité qui n’a rien de clandestin : le Grand Orient de France entend participer au débat politique et républicain en recevant des personnalités publiques et en prenant position sur les grands sujets de société.

Le lendemain, le GODF intervient dans le débat sur l’aide à mourir

Le calendrier relevé par le compte de soutien à l’UPR se poursuit dès le lendemain. Le 25 juin, le Grand Orient de France publie un communiqué consacré à la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. L’obédience défend ouvertement l’adoption du texte et inscrit cette question dans le champ de la liberté individuelle, de la dignité et de la laïcité.

Le communiqué s’en prend également à « certains lobbys religieux », accusés de s’opposer aux évolutions concernant les droits et libertés individuels.

Le GODF appelle alors les parlementaires à permettre l’adoption d’un texte ambitieux et affirme qu’il soutiendra les initiatives allant dans cette direction.

Quelques semaines plus tard, le 15 juillet, l’Assemblée nationale adopte définitivement la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Après l’examen du Conseil constitutionnel, le Young global leader du Forum économique mondial, Emmanuel Macron promulgue le texte le 18 août.

La proximité des dates constitue l’un des éléments sur lesquels insiste le compte proche de l’UPR : prise de position officielle du Grand Orient le 25 juin, adoption définitive le 15 juillet et promulgation le 18 août.

Un cardinal devant une centaine de francs-maçons en Corse

Le troisième épisode retenu intervient le 7 août et déplace le débat sur un autre terrain : celui des rapports complexes entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie.

Au col de Vergio, en Corse, le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, intervient devant une assemblée réunissant une centaine de francs-maçons appartenant à différentes obédiences.

L’information, notamment révélée par Le Canard enchaîné puis reprise et commentée par plusieurs médias, provoque des réactions dans les milieux catholiques.

Le sujet est sensible en raison de la doctrine de l’Église sur la franc-maçonnerie. Le Vatican a encore rappelé en 2023 l’incompatibilité entre l’adhésion à une loge maçonnique et la doctrine catholique.

François Patriat, Emmanuel Macron et des obsèques catholiques

Le 25 août, une semaine après la promulgation de la loi relative au droit à l’aide à mourir, un autre événement attire l’attention du compte de soutien à l’UPR.

Les obsèques de François Patriat sont célébrées à la collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois. Ancien ministre et sénateur de la Côte-d’Or, François Patriat est mort le 19 août à l’âge de 83 ans.

Emmanuel Macron assiste personnellement à la cérémonie et prononce un hommage à celui qui fut notamment l’un de ses soutiens politiques.

Plusieurs médias confessionnels présentent François Patriat comme franc-maçon et dénoncent, à ce titre, la célébration de ses obsèques dans le cadre catholique.

L’épisode rejoint ainsi la rencontre du cardinal Bustillo en Corse dans la chronologie dressée par le compte Facebook : à quelques semaines d’intervalle, deux événements viennent remettre en lumière les rapports, longtemps conflictuels, entre catholicisme et franc-maçonnerie.

Guillaume Trichard reprend la tête du Grand Orient

Trois jours plus tard, le 28 août, le Grand Orient de France tient son 161e Convent à Bordeaux.

Guillaume Trichard est élu Grand Maître et président du Conseil de l’Ordre. Il connaît déjà parfaitement la fonction puisqu’il avait dirigé le GODF en 2023-2024.

Son retour s’accompagne de prises de position politiques et sociétales assumées. La question de l’éducation figure notamment parmi ses priorités.

Concernant les établissements scolaires privés hors contrat, Guillaume Trichard défend une ligne particulièrement ferme. Des déclarations faites autour de son élection sont rapidement reprises dans le débat public, le nouveau Grand Maître estimant notamment que ces établissements n’ont « pas leur place dans la République ».

La formulation est importante, car la publication Facebook évoque de son côté une volonté de les exclure de la « légitimité républicaine ».

Le Grand Orient sous l’Arc de Triomphe, une première historique

À peine deux jours plus tard, le 30 août, le GODF franchit une nouvelle étape symbolique dans sa visibilité institutionnelle.

Sous l’Arc de Triomphe, Guillaume Trichard participe au ravivage de la Flamme du Soldat inconnu et dépose une gerbe au nom du Grand Orient de France.

Cette fois, le caractère inédit de l’événement est revendiqué par l’obédience elle-même. Dans un communiqué publié avant la cérémonie, le GODF annonce que cette gerbe sera déposée « pour la première fois dans l’histoire de l’obédience ».

Le symbole est puissant. L’une des principales organisations maçonniques françaises prend place dans un cérémonial mémoriel intimement associé à la République, à la Nation et à l’hommage rendu aux morts pour la France.

Pour le compte de soutien à l’UPR, cet épisode vient renforcer l’impression d’une présence particulièrement visible de la franc-maçonnerie au cours de cet été 2026.

Les obsèques de Charles Josselin ferment la séquence

Le neuvième et dernier événement recensé intervient le 5 septembre. Charles Josselin, ancien ministre socialiste, député, sénateur, député européen et ancien président du conseil général des Côtes-d’Armor, est mort quatre jours auparavant, à l’âge de 88 ans.

Ses obsèques religieuses sont célébrées en l’église Sainte-Brigide de Trigavou, à Pleslin-Trigavou. Là encore, certains médias confessionnels soulignent l’appartenance maçonnique attribuée à l’ancien responsable politique et rapprochent ses funérailles de celles de François Patriat, célébrées moins de deux semaines auparavant.

Avec cet épisode se referme la période de moins de trois mois mise en avant par le compte « Votons l’UPR avec Francois ASSELINEAU en 2027 ».

Neuf événements qui remettent une vieille question sur la table

C’est moins chacun de ces faits pris isolément que leur concentration qui constitue le cœur de la publication relayée par le compte de soutien à l’UPR.

Entre le 24 juin et le 5 septembre, la franc-maçonnerie apparaît ainsi successivement dans le voisinage d’une personnalité engagée dans la course à l’Élysée, d’un débat législatif majeur sur la fin de vie, d’un cardinal catholique, du président de la République, de deux anciens ministres, de la question de l’enseignement privé et d’une cérémonie nationale sous l’Arc de Triomphe.

La séquence remet ainsi sur la table une interrogation aussi ancienne que régulièrement polémique en France : quelle est aujourd’hui la place réelle de la franc-maçonnerie dans la vie politique et institutionnelle ?

Sources :

Publication Facebook du compte « Votons l’UPR avec Francois ASSELINEAU en 2027 »

Grand Orient de France — « La République face au temps présent », conférence avec Édouard Philippe du 24 juin 2026.

Grand Orient de France — communiqué du 25 juin 2026 sur la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir.

Assemblée nationale — dossier législatif relatif au droit à l’aide à mourir.

Légifrance — loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir.

Présidence de la République — obsèques de François Patriat, 25 août 2026.

Grand Orient de France — communiqué du 28 août 2026 sur l’élection de Guillaume Trichard à la Grande Maîtrise.

Sources de presse relatives à la rencontre du cardinal François Bustillo avec des francs-maçons corses et aux obsèques de François Patriat et Charles Josselin.