Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle

Édouard Philippe : la citation qui a lancé la polémique

Un compte d’actualité suivi par plus de 845 000 personnes a affirmé le 10 septembre qu’Édouard Philippe souhaitait repousser à septembre la prise de fonction du prochain président pour « se reposer ». Des élus du Rassemblement national ont relayé. La séquence provient d’un podcast d’1h40 où le candidat comparait le calendrier français au système américain.

Le message tient en une phrase. « Édouard Philippe veut repousser à septembre la prise de fonctions du prochain président de la République, afin de lui laisser le temps de “se reposer” et de “décompresser” après l’élection. » Il est publié sur X par le compte « AlertesInfos », suivi par plus de 845 000 personnes.

La reprise politique est immédiate. Le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy écrit qu’Édouard Philippe « traite sans cesse les Français de fainéants mais est fatigué après seulement quatre semaines de campagne et demande déjà quatre mois de vacances ». Son collègue Thomas Ménagé enchérit : « Il veut un cocktail et un transat avec ça pour passer l’été tranquillement ? »

La déclaration de Philippe a eu lieu lors d’un entretien diffusé quatre jours plus tôt dans le podcast de l’entrepreneure Pauline Laigneau. Durée : une heure quarante. Les passages en cause commencent à la trente-deuxième minute.

« Complètement crétin »

Ce que dit l’ancien Premier ministre, qui figure dans les listes publiées des participants aux réunions du groupe Bilderberg de 2024 et 2025, porte sur la mécanique institutionnelle française. « L’idée de dire qu’un président de la République élu le dimanche prend ses fonctions la semaine qui suit, nomme dans les 24 h un Premier ministre qui doit lui présenter un gouvernement dans les 48 h, il y a un côté “le roi est mort vive le roi”, il y a un côté continuité de l’État je le comprends, mais c’est complètement crétin. »

Il file la comparaison avec l’entreprise, son interlocutrice venant de ce monde : « Il n’y a pas un patron qui choisirait son Comex en 48 h sans toujours connaître les gens, sans vérifier plein de choses sur eux. » Le point de référence est explicite et il est américain. Aux États-Unis, le président élu en novembre prend ses fonctions en janvier, le sortant continuant d’exercer entre-temps. « C’est un vrai problème que les Américains ont réglé mieux que nous », dit-il.

Interrogé sur la possibilité de prendre trois mois pour constituer un gouvernement, il répond par la négative : « Ça serait super, mais vous ne pouvez pas rester trois mois en l’air, il y a des décisions à prendre, il y a un budget rectificatif à préparer, une élection législative qui vient. Vous êtes obligé d’avoir un gouvernement. »

La phrase d’après

Vient alors le passage qui a circulé. « Si on faisait les choses aujourd’hui, moi j’adorerais un système dans lequel le Président est élu en mai et il prend ses fonctions en septembre. Et entre mai et septembre il a le temps de se reposer, de décompresser avec une campagne présidentielle. » Il précise dans la foulée : « Je ne dis pas qu’il doit prendre trois mois de vacances, mais une semaine ça ne fait pas de mal, deux semaines ça ne fait pas de mal. »

Une minute découpée

Jeudi soir, Édouard Philippe a réagi sur ses réseaux. « Découper une minute de raisonnement pour conserver quelques secondes qui lui font dire l’inverse de sa conclusion : drôle de conception du débat public », écrit-il, avant d’ajouter : « Le passage complet est en ligne. Il suffit de l’écouter. » Il met en cause la responsabilité du Rassemblement national dans la diffusion de la séquence.

Le problème c’est que dans le même temps, Edouard Philippe estime que les français ne travaillent pas assé et ambitionne de porter à la retraite à 68 ans.


Source : TF1 Info – https://www.tf1info.fr/politique/presidentielle-2027-philippe-accuse-de-vouloir-reporter-la-prise-de-fonction-du-futur-president-au-mois-de-septembre-pour-se-reposer-qu-en-est-il-2463636.html