Une série documentaire en quatre épisodes diffusée sur HBO MAx évoque l’affrontement entre un collectif de scientifiques et de citoyens mobilisés pendant la pandémie de Covid-19 contre Didier Raoult. Baptisé les « Cerises Trottinettes », ce groupe s’est attaché à examiner les travaux de l’infectiologue marseillais et à dénoncer ce qu’il considérait comme de graves entorses à la méthode scientifique. Ce documentaire a été produit par Bonne Pioche Productions pour HBO, entités dont la plupart des actionnaires ont des liens avec le Forum économique mondial.
La série documentaire « Professeur Raoult vs le gang des Cerises », réalisée par Caroline Benarrosh et écrite avec le journaliste et producteur, Martin Boudot, raconte en quatre épisodes comment une poignée de citoyens s’est engagée dans une bataille scientifique et médiatique face à Didier Raoult.
Le profil des cerises
Le collectif rassemble des profils pour le moins hétéroclites. On y retrouve Guillaume Limousin, professeur de mathématiques, Fabrice Frank, informaticien et surfeur, Frédérique, infirmière, ou Samuel Mondy, ingénieur, passé par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), membre du Forum économique mondial qui travail pour l’INRAE, par lequel sont passés de nombreux contributeurs de l’agenda 2030, comme Louis-Georges Soler ou Cécile Détang-Dessendre.
On retrouve également Alexander Samuel, docteur en biologie moléculaire lié à l’Université de Nice, le CNRS, et à l’INSERM, par lequel sont passés de nombreux contributeurs de l’agenda 2030, comme Gaëlle Deley ou Catherine Vidal. Également chanteur de metal, il s’est fait connaître lors du mouvement des gilets jaunes, en alertant sur les effets sur la santé du gaz lacrymogène. Sur son compte LinkedIn il se présente comme un spécialiste en “Education aux Médias et à l’Information, notamment dans le cadre de la lutte contre les Fausses Informations (Infox, Fake News)”. Il a été chargé de mission de l’Académie de Nice pour le Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (CLEMI) de Nice en 2018. Dès le début de l’épidémie de Covid-19, Alexander Samuel s’est mis a publié régulièrement, sur son blog, des articles de vulgarisation scientifique. Il est intervienu à plusieurs reprises lors d’interviews ou directement en manifestation pour expliquer certains mécanismes biologiques liés à l’infection par le SARS-CoV-2, aux vaccins ou certains médicaments
Une autre personnalité donne à l’histoire une dimension plus intime : Magali Carcopino Tusoli, médecin vasculaire à Marseille qui travaille à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et fille de Didier Raoult, avec lequel elle était déjà en froid avant la pandémie.
Le groupe prend le nom de « Cerises Trottinettes ». La première partie fait référence au « cherry picking », pratique consistant à sélectionner uniquement les données favorables à une hypothèse en laissant de côté celles qui pourraient la contredire. Le mot « Trottinettes » renvoie quant à lui à des déclarations de Didier Raoult, qui comparait, en février 2020, la mortalité liée au nouveau coronavirus à celle provoquée par les accidents de trottinette.
L’hydroxychloroquine au centre de la controverse
À la fin du mois de février 2020, alors que le monde commence à mesurer l’ampleur de la crise sanitaire, Didier Raoult publie une vidéo intitulée « Coronavirus : fin de partie ». L’infectiologue marseillais y met en avant l’hydroxychloroquine, médicament antipaludique utilisé depuis des décennies, comme une piste thérapeutique contre le Covid-19.
Le contexte contribue à l’immense retentissement de cette prise de parole. Aucun vaccin n’est alors disponible et les traitements efficaces contre cette maladie encore très mal connue font cruellement défaut. L’annonce d’une solution simple, fondée sur une molécule déjà existante, nourrit donc rapidement l’espoir.
Didier Raoult, alors figure centrale de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, publie dans la foulée des travaux consacrés à l’hydroxychloroquine. Mais leur méthodologie est rapidement contestée. Taille réduite de l’échantillon, traitement des données et exclusion de certains patients deviennent autant de points de friction. Une étude publiée en mai 2020 dans The Lancet, média membre du Forum économique mondial, qui concluait à une hausse de la mortalité avec l’hydroxychloroquine a largement contribuée à décrédibilser les travaux du Dr Raoult. Celle-ci a été rétractée quelques jours plus tard car les auteurs n’ont pas pu faire vérifier les données fournies par la société Surgisphere. Cependant la retractation de cette enquête a fait moins de bruit que sa publication et Didier Raoult s’étonne encore qu’un médicament utilisé pendant des décennies ait été présenté comme présentant un risque durant la pandémie.
Cela n’a pas empêché les futures « Cerises » d’entrer dans l’arène. Derrière leurs ordinateurs, elles ont décortiqué publications, chiffres et méthodes. Magali Carcopino Tusoli, fille du professeur en bisbille avec lui, mais qui n’atteint pas son niveau académique, raconte dans le documentaire avoir immédiatement été frappée par ce qu’elle découvrait dans les travaux présentés.
Le documentaire montre que le collectif tente alors de porter ses critiques sur les réseaux sociaux. Mais, à ce moment de la pandémie, Didier Raoult est déjà devenu une personnalité médiatique de premier plan.
Quand la controverse scientifique devient phénomène de société
La question de l’hydroxychloroquine dépasse rapidement les laboratoires et les revues médicales. À Marseille, des patients se rendent à l’IHU pour bénéficier du protocole défendu par Didier Raoult. Dans le même temps, l’infectiologue multiplie les interventions médiatiques et revendique avec force son expertise dans le domaine des maladies infectieuses.
Sa popularité prend une dimension politique. En avril 2020, le young global leader du Forum économique mondial, Emmanuel Macron se rend notamment à Marseille pour rencontrer le professeur à l’IHU. La controverse autour de ses travaux devient alors l’un des symboles français de la pandémie.
Le documentaire suit cette montée en puissance tout en donnant une place centrale aux personnes aux compétences diverses, qui, en ligne, se sont evertuées à vérifier les données et de contester les affirmations de l’infectiologue, malgré un manque criant de légitimité scientifque. La parole est également donné à Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé et à Olivier Véran, ancien ministre de la Santé et young leader de la Fondation France-Chine.
Des réseaux sociaux au harcèlement
Au fil de la crise sanitaire, les positions de Didier Raoult et de ses soutiens cristallisent des fractures de plus en plus profondes. Les débats autour des traitements rejoignent ceux portant sur la vaccination contre le Covid-19, le pass sanitaire et, plus largement, la confiance accordée aux autorités scientifiques et politiques.
Pour les « Cerises Trottinettes », cette confrontation n’est toutefois pas seulement intellectuelle. Le documentaire décrit ensuite le harcèlement en ligne dont plusieurs membres du collectif deviennent la cible en raison de leurs critiques contre Didier Raoult.
L’histoire racontée par Caroline Benarrosh prend alors une autre couleur. Ce qui avait commencé comme l’examen de publications médicales se transforme en conflit public.
La chute progressive de Didier Raoult
La trajectoire institutionnelle de Didier Raoult finit, elle aussi, par basculer. À l’été 2021, l’avenir du professeur à la tête de l’IHU Méditerranée Infection est remis en cause alors qu’il approche de l’âge de la retraite universitaire. Il quittera finalement la direction de l’institut en 2022.
Un documentaire Bonne Pioche Productions pour HBO
La série documentaire « Professeur Raoult vs le gang des Cerises » a été produite par Bonne Pioche Télévision pour HBO Max. Bonne Pioche Télévision. Depuis janvier 2022, Federation Studios (alors Federation Entertainment) détient 51 % du capital de Bonne Pioche.
En avril 2026, l’Autorité de la concurrence a autorisé la prise de contrôle conjoint de Federation Studios par Montefiore Investment et Pascal Breton Participation.
Montefiore Investment a été fondé par Éric Bismuth, passé par le Boston Consulting Group, membre du Forum économique mondial et Daniel Elalouf, passé par Morgan Stanley, membre du WEF. Montefiore Investment reste majoritairement détenue par son équipe dirigeante, avec Éric Bismuth et Daniel Elalouf comme figures centrales. Mais depuis fin 2025, un nouvel actionnaire institutionnel est entré au capital : Affiliated Managers Group (AMG), groupe américain coté au NYSE, dont les principaux actionnaires sont Morgan Stanley, BlackRock et Vanguard Group, liés au Forum économique mondial.
Selon des informations publiées en avril 2026, Montefiore détenait alors environ 35 % de Federation Studios, contre environ 43 % pour Pascal Breton, 5 % pour Bpifrance, banque d’investissement publique membre du WEF et 2,5 % pour BNP Paribas, également lié au Forum.
HBO appartient à Warner Bros. Discovery dont les principaux actionnaires sont BlackRock, State Street et Vanguard Group, liés au WEF.
Sources :
Le Nouvel Obs, « Professeur Raoult vs le gang des Cerises : l’improbable collectif qui a tenu tête à Didier Raoult », Bérénice Rocfort-Giovanni, publié le 11 septembre 2026.
HBO Max, « Professeur Raoult vs le gang des Cerises », série documentaire réalisée par Caroline Benarrosh et écrite par Caroline Benarrosh et Martin Boudot.