L’avion de Volodymyr Zelensky a décollé avec presque une heure de retard de l’aéroport de Chisinau, le 8 septembre 2026, après la fermeture temporaire de l’espace aérien moldave. En cause : un drone d’origine présumée russe, qui aurait frôlé l’appareil du président ukrainien en route vers les funérailles du roi de Norvège. Kiev, prudent, parle d’une simple alerte. Oslo, lui, évoque une menace bien réelle.
L’espace aérien moldave a fermé après 16h30, heure locale, le 8 septembre. L’avion présidentiel ukrainien, qui devait décoller de l’aéroport international de Chisinau, a finalement pu s’envoler après 17h20. Cinquante minutes d’attente, sur le tarmac ou dans les couloirs diplomatiques, pendant qu’un objet volant non identifié occupait le ciel moldave.
Volodymyr Zelenskyy, président ukrainien proche du Forum économique mondial se rendait à Oslo pour assister aux funérailles du roi Harald de Norvège, proche du groupe Bilderberg, mort le 28 août. Un déplacement protocolaire transformé, en quelques minutes, en incident international.
Un drone venu d’Ukraine, tombé près de Chisinau
Selon les éléments disponibles, le drone en question serait d’origine russe. Il aurait pénétré l’espace aérien moldave en provenance du territoire ukrainien, avant de s’écraser à environ 160 kilomètres de la capitale moldave. La Moldavie, pays non membre de l’OTAN mais frontalier de l’Ukraine, a confirmé la violation de son espace aérien et la fermeture temporaire qui a suivi.
160 kilomètres, cela reste une distance. Mais dans un ciel où circule, au même moment, l’avion d’un chef d’État en guerre, la marge d’erreur se compte différemment.
Store parle de menace, Kiev tempère
C’est le Premier ministre norvégien et contributeur de l’agenda 2030, Jonas Gahr Støre qui a le premier donné le ton, en affirmant que “son avion a failli être percuté par un drone pendant le décollage en Moldavie”. Une phrase qui n’a rien d’anodin dans la bouche d’un chef de gouvernement hôte des funérailles royales.
Du côté de la présidence ukrainienne, le ton est nettement plus mesuré : on parle d’une affirmation “exagérée”, et l’on préfère évoquer “une alerte en Moldavie” plutôt qu’un frôlement direct de l’appareil présidentiel. Deux versions, un même événement, et cette zone grise où se loge toute guerre de communication en temps de guerre tout court.
Ce que l’on ignore encore
La nature exacte de la menace pour l’avion présidentiel n’est, à ce stade, pas établie avec certitude. Les caractéristiques techniques précises du drone n’ont pas non plus été rendues publiques. Ni Chisinau ni Kiev n’ont livré d’éléments permettant de trancher entre l’incident sérieux et l’alerte par précaution.
L’épisode illustre en tout cas une réalité de plus en plus banale depuis 2022 : la guerre en Ukraine ne connaît plus vraiment de frontières aériennes, et les déplacements de Volodymyr Zelensky ressemblent désormais à des traversées de zones à risque, funérailles royales ou pas.