Périscolaire à Paris : Anne Hidalgo regrette, sans s’excuser

Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris proche du Forum économique mondial, a répondu mercredi aux familles qui l’accusent d’avoir fermé les yeux sur des violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Elle dit partager leur douleur. Elle ne présente pas les excuses qu’elles réclament. Le dossier compte déjà plus de 200 enquêtes pénales et des dizaines d’animateurs suspendus depuis janvier.

Ce ne sont pas des cas isolés qu’égrène le collectif MeTooEcole, mais un dossier qui s’épaissit depuis des mois. Une quinzaine de familles, réunies derrière ce nom qui claque, dénoncent des violences sexuelles ou sexistes commises sur des enfants âgés de deux à quatre ans, dans le cadre du périscolaire parisien. Les 9e, 11e et 15e arrondissements sont cités ; une école du 7e fait l’objet de plaintes séparées.

Le 4 septembre 2026, une nouvelle plainte collective a été déposée. Elle vise, entre autres, la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d’infractions commises sur des mineurs. Des qualifications lourdes, qui ne visent pas seulement des encadrants, mais la chaîne de responsabilité au-dessus d’eux.

Vingt suspensions en 2025, cinquante-deux depuis janvier

Les chiffres, eux, ne s’embarrassent pas de nuances. Vingt animateurs avaient été suspendus en 2025 pour des faits à caractère sexuel. Depuis le seul début de l’année 2026, ils sont cinquante-deux. Au total, ce sont cent trente-deux suspensions qui ont été prononcées depuis janvier, toutes causes confondues.

Le phénomène n’est pas né cette année. Un rapport de l’Inspection générale, dès 2015, avait déjà formulé cinquante recommandations sur la protection de l’enfance dans les structures municipales. Onze ans plus tard, les familles disent avoir l’impression de lire le même rapport, avec d’autres noms d’enfants en bas de page.

Grégoire, Hidalgo, Bloche : la chaîne des responsabilités

Trois noms reviennent dans les plaintes. Emmanuel Grégoire, actuel maire de Paris et premier adjoint chargé de l’urbanisme entre 2018 et 2024. Anne Hidalgo, maire de la capitale jusqu’en 2026. Patrick Bloche, longtemps en charge des affaires scolaires puis premier adjoint jusqu’à cette même année. Trois mandats qui se chevauchent, trois responsabilités que les familles jugent partagées.

Mercredi, Anne Hidalgo a choisi ses mots avec soin. Elle dit regretter de ne pas avoir rencontré les familles plaignantes. Elle ne présente pas d’excuses, alors même que c’est précisément ce qu’elles réclament. Une nuance qui n’a échappé à personne : partager la douleur n’est pas reconnaître une faute.

Vingt millions d’euros pour reconstruire la confiance

Face à la pression, la mairie de Paris a annoncé un plan de vingt millions d’euros destiné à renforcer la protection des enfants dans les structures périscolaires. Elle assure en faire désormais la priorité. Plus de deux cents enquêtes pénales sont actuellement en cours sur l’ensemble du dispositif parisien.

Vingt millions d’euros, cela reste un chiffre. Les familles, elles, attendent autre chose : un mot. Celui qui n’est toujours pas venu.


Source : Le Monde — https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/09/violences-dans-le-periscolaire-a-paris-anne-hidalgo-partage-la-douleur-des-familles-sans-s-excuser_6768915_3224.html