Le Reichstag à Berlin, siège du Bundestag allemand

Saxe-Anhalt : Musk félicite la percée de l’AfD

L’AfD a dominé dimanche le scrutin régional de Saxe-Anhalt avec 43,8 % des voix, à trois sièges de la majorité absolue. Depuis son compte X, Elon Musk a félicité en allemand la cheffe du parti, Alice Weidel. Le pare-feu contre l’extrême droite allemande n’a jamais semblé aussi fin.

Le décompte est tombé dimanche soir : 43,8 % des voix pour l’Alternative für Deutschland, 39 sièges sur les 83 que compte le Landtag de Magdebourg. La CDU de Friedrich Merz ferme la marche avec 17,2 %. Il manque trois élus à l’AfD pour gouverner seule la Saxe-Anhalt, un Land industriel de l’est allemand rongé par la désindustrialisation et le vieillissement démographique. L’AfD y devient, de loin, la première force politique.

Le pare-feu politique qui empêche les autres partis de s’allier avec l’AfD tient, pour l’instant. Personne à la CDU locale n’a évoqué de coalition. Reste à savoir combien de temps un totem tient debout à trois sièges du pouvoir.

Bien joué, en allemand

« Well done », en allemand dans le texte : Elon Musk a félicité Alice Weidel sur X quelques heures après la clôture du scrutin. L’homme le plus riche du monde soutient publiquement l’AfD depuis plus d’un an, il a répété que ce parti était le seul capable de « sauver » l’Allemagne. Cette fois, il n’a pas eu besoin d’argumenter. Deux mots ont suffi.

Donald Trump, lui, a préféré le silence commenté : une capture d’écran de la projection électorale postée sur Truth Social, sans une ligne de texte.

Un habitué du sujet

Ce n’est pas une première. Le 9 janvier 2025 déjà, Elon Musk avait reçu Alice Weidel en direct sur X, devant environ 200 000 auditeurs, la présentant comme « la candidate la plus raisonnable » pour diriger l’Allemagne. Le même mois, le quotidien conservateur Welt am Sonntag publiait une tribune signée Musk appelant les Allemands à voter AfD ; l’éditeur de la rubrique Opinion avait démissionné en signe de protestation. Le chancelier Olaf Scholz avait résumé la position de son camp en trois mots : « Ne nourrissez pas le troll. » Robert Habeck, des Verts, accusait Musk de « renforcer ceux qui veulent affaiblir l’Europe » par son « pouvoir médiatique débridé ». Dix-huit mois plus tard, le troll a de nouveau de quoi se nourrir.

Le camp d’en face

Ulrich Siegmund, tête de liste AfD dans la région, a répondu à Musk sur le même réseau : « Merci, @elonmusk, pour votre soutien et pour votre perspective claire et essentielle sur les évolutions politiques de notre époque, y compris ici en Allemagne. Si nous prenons nos responsabilités ici, j’accueillerais très favorablement une coopération forte et constructive. » La formule a le mérite de la franchise.

Depuis Moscou, l’émissaire présidentiel russe Kirill Dmitriev a salué « une victoire historique pour l’AfD pragmatique », décrite comme « le parti de la raison, de la coopération, de la vérité et de l’espoir pour l’Allemagne ». Vérité et espoir, dans la bouche d’un envoyé du Kremlin : le mot a de quoi surprendre à Magdebourg comme à Berlin.

Le mur qui tient encore

L’AfD n’a jamais été aussi proche du pouvoir en Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le pare-feu que les partis traditionnels ont érigé depuis des décennies contre l’extrême droite reste debout, mais l’équation régionale complique chaque nouvelle élection. Aucune coalition n’est arithmétiquement simple, ni avec l’AfD, ni contre elle.

Trois sièges. C’est la distance qui sépare aujourd’hui l’AfD d’une majorité absolue en Saxe-Anhalt. Elon Musk, lui, n’a eu besoin que de deux mots pour saluer le résultat.


Source : The Guardian – https://www.theguardian.com/world/2026/sep/07/afd-thanks-elon-musk-german-state-elections-2026-win