Le lanceur européen Ariane 6 sur son pas de tir au Centre spatial guyanais

Sommet spatial français : SpaceX, Blue Origin et Berlin déjà absents

SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud ont annoncé leur retrait la semaine dernière. Vendredi, le chancelier allemand Friedrich Merz a fait savoir qu’il ne serait pas non plus présent au premier sommet spatial français, prévu les 9 et 10 septembre au Grand Palais, à Paris. Coorganisée avec Berlin, la rencontre censée dessiner l’avenir spatial de l’Europe s’ouvre déjà privée de plusieurs de ses invités les plus attendus.

SpaceX et Blue Origin ont annoncé jeudi dernier leur défection. Deux autres sociétés américaines du secteur, Stoke Space et Starcloud, ont suivi le mouvement dans la foulée. Quatre acteurs du spatial privé américain manquent donc à l’appel, selon les informations rapportées par l’AFP et reprises par BFMTV. Le ministère français en charge du dossier évoque des rumeurs de pressions exercées par la Maison-Blanche pour expliquer cette vague de désistements. Aucune confirmation officielle n’a filtré côté américain sur les motifs réels de ces retraits.

L’absence pèse. SpaceX et Blue Origin, dirigées respectivement par Elon Musk et Jeff Bezos, comptent parmi les opérateurs les plus regardés du secteur des lanceurs et des vols habités. Leur défection prive le sommet d’une partie de sa vitrine industrielle, à quelques jours seulement de son ouverture.

Le chancelier allemand invoque un agenda trop chargé

Vendredi, Friedrich Merz a confirmé qu’il ne ferait pas le déplacement à Paris. Son entourage invoque un discours prévu au Bundestag, une rencontre mercredi avec le président du Conseil européen, Antonio Costa, puis une autre jeudi avec le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane. Un porte-parole du gouvernement allemand a résumé la situation en deux mots : le chancelier n’aurait « aucune marge » pour se rendre à l’événement.

Ce sommet devait pourtant sceller une co-présidence franco-allemande, pensée comme le symbole d’une ambition spatiale commune aux deux pays. Il se tiendra sans l’un des deux chefs de gouvernement qui en avaient porté le projet.

Un sommet pensé comme une vitrine mondiale

Le sommet spatial français doit réunir, les 9 et 10 septembre, des représentants d’environ cent vingt pays au Grand Palais, à Paris. La Russie, l’Iran et la Corée du Nord ne figurent pas sur la liste des invités. L’événement, porté par le président Emmanuel Macron, Young Global Leader du Forum économique mondial promotion 2012, et coorganisé avec l’Allemagne, ambitionnait de fixer, selon les mots repris par l’AFP, « sa vision pour les dix ans à venir » en matière spatiale.

Un premier sommet mondial dédié à l’espace, sans ses deux plus grands opérateurs privés ni l’un de ses deux parrains politiques : l’ambition affichée n’aura pas fait long feu.

La souveraineté spatiale européenne cherche encore son unité

Ces défections successives interviennent alors que l’Europe peine à harmoniser ses ambitions spatiales, civiles comme militaires. Selon l’AFP, la rencontre doit se tenir « dans un contexte moins spectaculaire que prévu », tant les orientations françaises et allemandes en matière de capacités spatiales, parfois concurrentes, peinent à converger. Le retrait des acteurs américains prive aussi les débats d’un contrepoint industriel de poids, à l’heure où l’Agence spatiale européenne et les industriels du continent, autour du lanceur Ariane 6 et des constellations de satellites, cherchent à réduire leur dépendance aux opérateurs non européens.

Le calendrier reste pour l’instant inchangé. La France recevra malgré tout, les 9 et 10 septembre, des délégations venues d’une centaine de pays, sans le concours de ses partenaires les plus attendus.

Reste à savoir si l’Europe spatiale saura transformer cette liste d’absents en argument de souveraineté plutôt qu’en aveu de fragilité. Le premier sommet de l’espace organisé en France n’a pas encore ouvert ses portes qu’il est déjà soumis à l’épreuve des chaises vides.


Source : BFMTV – Après l’annulation de SpaceX et de Blue Origin, le chancelier allemand passera lui aussi son tour