La Thaïlande a expulsé un premier étranger au titre de sa nouvelle réglementation sur les reconduites à la frontière. L’homme, un ressortissant israélien installé à Koh Samui, avait été condamné pour des menaces proférées contre les propriétaires d’un zoo local après un différend autour d’une pancarte pro-palestinienne.
Yaacov Ohayon, promoteur immobilier israélien installé à Koh Samui, où il possédait également une affaire de sandwichs, est devenu début septembre le premier étranger expulsé de Thaïlande au titre de la nouvelle procédure de reconduite mise en place par les autorités. Le litige trouve son origine dans un différend avec Jindarat Sattayapun et son mari français, propriétaires du zoo Samui Exotic Park. Selon plusieurs médias thaïlandais, le conflit se serait envenimé après que les propriétaires du zoo ont affiché une pancarte « Free Palestine » sur leur établissement. Yaacov Ohayon aurait alors publié des messages menaçants en ligne et organisé une campagne appelant les internautes à laisser des avis d’une étoile sur les pages du zoo.
La justice, puis l’expulsion
Le tribunal provincial de Koh Samui a reconnu Yaacov Ohayon coupable de menaces au titre de l’article 392 du code pénal thaïlandais, une infraction qui a d’abord valu à l’intéressé une condamnation à un mois de prison et 10 000 bahts d’amende. Sa peine a ensuite été réduite de moitié après qu’il a plaidé coupable devant le tribunal, ramenée à quinze jours de prison assortis d’un sursis de deux ans et à une amende de 5 000 bahts. Le ministère de l’Intérieur a estimé que sa conduite portait atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs, invoquant l’article 5 de la loi sur l’expulsion de 1956 ainsi que les nouvelles dispositions entrées en vigueur en 2026 pour justifier son éloignement du territoire.
Une nouvelle procédure, un symbole politique
L’ordre d’expulsion a été signé début septembre par le Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Anutin Charnvirakul, qui a fait de la fermeté envers les étrangers en infraction l’un des axes de sa politique. Yaacov Ohayon devient ainsi le premier cas d’application concrète des nouvelles règles de reconduite, entrées en vigueur quelques semaines plus tôt pour cibler les résidents étrangers ayant enfreint la loi thaïlandaise. Il dispose toutefois d’un droit de recours auprès du Premier ministre, dans un délai de sept jours après la notification de la décision, conformément à l’article 8 de la loi sur l’expulsion.
Koh Samui, une île prisée des expatriés israéliens
L’affaire intervient alors que la Thaïlande a multiplié ces derniers mois les opérations ciblant des ressortissants étrangers soupçonnés d’infractions économiques ou pénales sur son territoire. Le quotidien Times of Israel rapportait ainsi en juin l’expulsion d’une dizaine d’Israéliens de l’île voisine de Koh Pha Ngan, dans le cadre d’une enquête distincte sur des sociétés utilisant des prête-noms thaïlandais. Koh Samui et ses environs accueillent une importante communauté d’expatriés israéliens, ainsi que des dizaines de milliers de touristes originaires d’Israël chaque année.
Un tour de vis assumé par Bangkok
Le Bangkok Post rappelait début septembre que la nouvelle réglementation sur les reconduites à la frontière visait explicitement les étrangers en situation d’infraction vis-à-vis de la loi thaïlandaise, dans un contexte de fermeté affichée par le gouvernement d’Anutin Charnvirakul sur les questions migratoires et sécuritaires. Le cas de Yaacov Ohayon, rendu public quelques jours à peine après l’entrée en vigueur du nouveau dispositif, fonctionne à la fois comme premier cas d’application et comme démonstration de fermeté destinée à l’ensemble des résidents étrangers du royaume.
Le cas de Yaacov Ohayon, aussi anecdotique paraisse-t-il de prime abord, dessine les contours d’une Thaïlande plus stricte envers ses résidents étrangers. Les autorités locales assument désormais publiquement vouloir faire de chaque dossier un exemple, quitte à transformer une brouille de voisinage en affaire d’État.