Un jeune homme de 18 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur le piratage massif de la Direction générale des Finances publiques. Soupçonné d’appartenir au groupe de pirates informatiques Zerobytes, il aurait participé au vol des données fiscales de plusieurs centaines de milliers de Français.
L’affaire remonte au mois d’août, lorsque la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) est victime d’une intrusion informatique d’ampleur. Les auteurs de l’attaque, se revendiquant du groupe Zerobytes, dérobent les données fiscales de plusieurs centaines de milliers de contribuables français avant de s’en vanter publiquement sur les réseaux sociaux, selon les informations disponibles. Cette exposition médiatique du forfait, loin de garantir l’anonymat des pirates, va au contraire faciliter le travail des enquêteurs.
Une enquête ouverte fin juillet, un suspect arrêté en trois semaines
L’enquête a officiellement été ouverte le 31 juillet, dès la réception des premières plaintes de contribuables et signalements de l’administration fiscale. Un peu moins de trois semaines plus tard, le 18 août, les enquêteurs procèdent à l’arrestation d’un premier suspect, âgé de 18 ans, considéré comme membre du groupe Zerobytes. Un second individu, mineur de 16 ans, est également interpellé et placé en garde à vue, avant d’être remis en liberté à l’issue de cette mesure.
Un profil “déjà chargé” pour un majeur tout juste sorti de l’adolescence
Le principal suspect n’en est pas à son coup d’essai. Selon les éléments transmis par les autorités judiciaires, il présente un profil “déjà chargé”, ayant été mis en examen à deux reprises auparavant, en 2023 puis en 2024, pour des faits de cyberattaque similaires. Il se trouvait d’ailleurs sous contrôle judiciaire au moment de sa nouvelle arrestation, une circonstance qui devrait peser dans l’appréciation de sa responsabilité par la justice.
Des données fiscales particulièrement sensibles
La DGFiP gère les données fiscales de l’ensemble des contribuables français, des informations parmi les plus sensibles détenues par l’administration : revenus déclarés, situation familiale, coordonnées bancaires pour les prélèvements. Un vol de cette ampleur expose potentiellement les personnes concernées à des tentatives d’hameçonnage ou d’usurpation d’identité ciblées, exploitant la crédibilité que confère la connaissance de données fiscales réelles. C’est cette sensibilité particulière qui explique la mobilisation rapide des services d’enquête spécialisés en cybercriminalité dès la réception des premiers signalements.
Jusqu’à dix ans de prison encourus
Le jeune homme fait désormais l’objet de poursuites pour des faits de cybercriminalité et d’association de malfaiteurs, des chefs qui l’exposent à une peine maximale de dix ans d’emprisonnement. Il a été mis en examen et écroué en détention provisoire dans l’attente de la suite de la procédure. Les investigations se poursuivent activement pour identifier les autres membres du groupe Zerobytes, dont l’ampleur réelle reste, à ce stade, à établir précisément par les enquêteurs spécialisés en cybercriminalité.
Un mineur également dans le viseur des enquêteurs
L’implication d’un second individu, âgé de seulement 16 ans, dans ce dossier illustre la place grandissante prise par de très jeunes hackers dans les réseaux de cybercriminalité organisée. Interpellé puis placé en garde à vue, ce mineur a été remis en liberté à l’issue de cette mesure, sans que l’on sache à ce stade s’il fera l’objet de poursuites distinctes. Son cas rappelle que la cybercriminalité, contrairement à d’autres formes de délinquance, ne connaît pas de barrière d’âge pour ses auteurs, la maîtrise technique important souvent davantage que la maturité ou l’expérience.
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