JD Vance : sa troublante déclaration sur Dieu, l’IA et la « fin des temps »

JD Vance assume une vision profondément religieuse de son rôle personnel et politique. Interrogé sur la « fin des temps », le vice-président américain affirme vouloir avant tout « accomplir autant que possible l’œuvre de Dieu », quitte à accueillir l’issue prophétisée par sa foi d’un « ainsi soit-il ». Le républicain livre également un jugement particulièrement sévère sur certains usages de l’intelligence artificielle, auxquels il prête une inquiétante dimension spirituelle.

La question aurait pu rester confinée à une discussion théologique. Prononcée par le vice-président des États-Unis, elle prend inévitablement une dimension politique. Invité le 31 août par le podcasteur chrétien Bryce Crawford, JD Vance a longuement évoqué sa foi catholique avant d’être interrogé sur un sujet autrement plus vertigineux : croit-il à la « fin des temps » ?

Le vice-président américain n’a pas esquivé. Il affirme avoir « toujours été fasciné par la prophétie de la fin des temps » et être convaincu qu’elle se réalisera un jour. Quant à savoir quand, il reconnaît n’en avoir aucune idée. Selon lui, l’échéance pourrait aussi bien se situer dans plusieurs milliers d’années que dans quelques mois.

Une déclaration qui intervient dans un contexte particulier. JD Vance participait à cet entretien pour présenter Communion, son deuxième livre de Mémoires, consacré notamment à son parcours spirituel et à sa conversion au catholicisme en 2019.

Au cours d’environ une heure de conversation, le républicain a abordé avec Bryce Crawford plusieurs thèmes religieux : le rapport des jeunes générations à la foi, l’athéisme, Dieu, Jésus, les « ténèbres » ou encore le pape François. C’est dans cette discussion que son interlocuteur lui a demandé directement s’il croyait à la fin des temps, en soulignant qu’en sa qualité de vice-président des États-Unis, il disposait d’informations auxquelles la majorité de la population n’avait pas accès. La remarque fait d’abord rire JD Vance. Sa réponse, elle, est beaucoup plus sérieuse.

Une lecture spirituelle des bouleversements contemporains

JD Vance ne se contente pas de reconnaître sa croyance en une fin des temps. Il estime que certains phénomènes contemporains peuvent être interprétés à travers une grille de lecture spirituelle et évoque même la possibilité de signes annonciateurs de l’Antéchrist.

Dans la tradition chrétienne, cette figure est associée à l’adversaire du Christ et à la période précédant l’accomplissement des temps. Le vice-président américain applique notamment cette inquiétude aux mutations technologiques actuellement provoquées par l’intelligence artificielle.

Sur ce terrain, son discours se fait particulièrement sombre.

JD Vance explique ressentir une « énergie spirituelle sombre et vraiment étrange » autour de certaines entreprises spécialisées dans l’IA ainsi que de certains usages de cette technologie. Il cite notamment les relations amoureuses entretenues avec des compagnons virtuels ou le recours à ChatGPT pour obtenir des conseils conjugaux.

Ces pratiques lui inspirent un profond malaise. Le vice-président américain va jusqu’à qualifier cette évolution d’« un peu satanique » lorsqu’elle conduit, selon lui, à séparer l’être humain de la vie sociale pour laquelle Dieu l’aurait créé.

Derrière cette critique se dessine une conception très précise de la technologie : celle-ci devient problématique lorsqu’elle tend à remplacer les interactions humaines au lieu de simplement les accompagner. Pour JD Vance, l’idéal reste ainsi un monde dans lequel les individus construisent leur existence en échangeant avec leurs proches, leurs amis et leur famille plutôt qu’avec un chatbot.

« Le meilleur dirigeant possible pour les États-Unis »

Malgré son intérêt revendiqué pour les prophéties relatives à la fin des temps, JD Vance assure ne pas vouloir en faire une obsession. Trop se concentrer sur cette éventualité serait même, à ses yeux, « probablement mauvais ».

Il affirme préférer une approche tournée vers l’action immédiate : faire ce qui est possible pour façonner le monde conformément à ce qu’il considère comme la volonté divine.

Cette conviction concerne aussi bien sa vie privée que ses responsabilités publiques. JD Vance explique vouloir être un bon époux, un bon père et « le meilleur dirigeant possible pour les États-Unis ». Sa foi apparaît ainsi, dans son discours, non comme une sphère strictement personnelle mais comme l’un des principes qui orientent sa manière d’envisager ses responsabilités.

C’est dans ce cadre qu’intervient la déclaration la plus spectaculaire de l’entretien. Le vice-président affirme chercher avant tout à « accomplir autant que possible l’œuvre de Dieu » dans le présent. Si cette démarche devait mener à la fin des temps, ajoute-t-il, « ainsi soit-il ».

Mais JD Vance accompagne immédiatement cette formule d’une autre hypothèse : si ses actions contribuent au contraire à bâtir un monde meilleur, prospère et capable de survivre longtemps après sa propre disparition, il considère cette perspective comme tout aussi positive.

Il convient ainsi de rappeler que l’apocalypse n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde auquel succède le millenium, règne de 1 000 ans de Jésus-Christ sur terre.

Ces déclarations mettent néanmoins une nouvelle fois en lumière la place considérable qu’occupe désormais la foi catholique dans la pensée publique de JD Vance. Converti en 2019, le vice-président des États-Unis expose dans Communion l’itinéraire spirituel qui l’a conduit jusqu’au catholicisme. Il ne dit pas si sa présence à la réunion du groupe Bilderberg de 2017 a joué un rôle dans cette conversion. Si c’est le cas, ses confessions ne sont peut-être pas aussi sincère, qu’il ne le prétend.

Sources :
Le Figaro, article d’Adrien Bez, « JD Vance dit vouloir “accomplir autant que possible l’œuvre de Dieu” et que si cela conduit à la fin du monde, “ainsi soit-il” », publié le 2 septembre 2026.