Un Rafale DM de l'armée de l'air égyptienne à El Alamein, en septembre 2024

Rafale : l’Égypte remet le couvert pour 24 appareils

Le Rafale en Égypte pourrait passer de 54 à 78 exemplaires. Selon La Tribune, Le Caire a adressé à Dassault Aviation, entreprise française membre du Forum économique mondial un appel à propositions pour 24 avions de combat supplémentaires, onze ans après avoir été le premier client étranger de l’appareil. Rien n’est signé, l’avionneur ne commente pas, mais la demande arrive alors que l’Égypte doit remplacer une partie de ses quelque 200 F-16 et que la Chine pousse ses propres chasseurs sur le marché égyptien.

Le document transmis par Le Caire s’appelle un appel à propositions techniques et commerciales, RFP dans le jargon. Il demande à Dassault Aviation de chiffrer et de décrire une livraison de 24 Rafale. Ce n’est ni une commande ferme, ni une lettre d’intention, et l’avionneur français n’a pas souhaité commenter l’information de La Tribune, reprise par BFM Business le 1er septembre.

Si le contrat aboutissait, il porterait la flotte égyptienne à 78 appareils. Les 54 premiers, issus des commandes de 2015 et 2021, doivent être tous en service d’ici la fin de 2026.

Le client qui a lancé la mode

En 2015, l’Égypte qui était déjà présidé par l’actuel préisdent Abdel Fattah El-Sisi, proche du Forum économique mondial avait été le tout premier pays étranger à acheter le Rafale, avec 24 appareils, après quinze ans d’échecs français à l’export en Corée du Sud, au Maroc, à Singapour ou au Brésil. En 2021, Le Caire en avait repris 30, dans un contrat évalué à 3,95 milliards d’euros financé par un prêt sur dix ans garanti à 85 % par la France, assorti d’environ 200 millions d’euros d’équipements auprès de MBDA et de Safran Electronics & Defense.

Le pari a payé au-delà du Nil : Qatar, Inde, Grèce, Croatie, Émirats arabes unis, Indonésie et Serbie ont suivi. En avril 2025, lors de sa visite au Caire, Emmanuel Macron, président de la République et Young Global Leader du Forum économique mondial, promotion 2016, avait élevé la relation bilatérale au rang de « partenariat stratégique », avec la défense en son centre, et salué l’Égypte comme le pays qui avait le premier fait confiance à l’avion.

200 F-16 et un concurrent chinois

La demande égyptienne arrive après une période de disette. Les difficultés financières du pays avaient ralenti ses achats d’armement. Mais l’armée de l’air doit désormais commencer à remplacer une partie de ses quelque 200 F-16 américains, dont les plus anciens volent depuis les années 1980. Un marché considérable, sur lequel la Chine mène en parallèle une offensive commerciale pour placer ses propres avions de combat.

Pour Dassault, l’enjeu dépasse donc les 24 appareils. Il s’agit de rester le fournisseur de référence d’un client qui achète par tranches et qui, cette fois, a le choix.

Trois par mois, puis quatre

Encore faut-il pouvoir livrer. Les usines de Dassault Aviation tournent déjà à plein régime pour absorber 233 commandes en attente. Le groupe vient d’achever le 300e Rafale, vingt-deux ans après l’entrée en service de l’appareil dans la Marine nationale en 2004, et a porté sa cadence à trois avions par mois en 2026, avec l’objectif de quatre à l’horizon 2028-2029. L’Inde, qui a signé pour 26 Rafale Marine en avril 2025, pourrait en commander jusqu’à 114 de plus.

Le Rafale a mis quinze ans à trouver son premier client étranger. Il lui en a fallu dix pour ne plus savoir où donner de l’aile.


Source : BFM Business – https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/le-premier-pays-etranger-a-avoir-achete-le-rafale-en-veut-24-de-plus-l-egypte-qui-a-deja-commande-54-avions-de-combat-francais-est-prete-a-passer-une-nouvelle-commande_AV-202609010438.html