Les tours à Lyon reviennent dans le débat. Élue en mai, la nouvelle majorité de la Métropole veut relancer les projets d’immeubles de grande hauteur à la Part-Dieu, stoppés par les écologistes en 2020. Le vice-président au renouvellement urbain Alexandre Vincendet le confirme à actu Lyon ; la présidente Véronique Sarselli se dit « ouverte » à leur retour. Reste une question que personne n’a encore tranchée : qui pour les remplir ?
La dernière grue a quitté la Part-Dieu en novembre 2023, une fois la tour To-Lyon livrée. Depuis, plus rien ne monte. Arrivé à la tête de la Métropole en 2020, l’écologiste Bruno Bernard avait tenu sa promesse de campagne en gelant les projets de tours hérités de Gérard Collomb, qui rêvait d’en ériger au moins une dizaine dans le centre-ville, rappelle actu Lyon.
Le changement de majorité en mai a rouvert le dossier. Alexandre Vincendet, nouveau vice-président chargé du renouvellement urbain, confirme au quotidien local que la collectivité va relancer des projets de tours, notamment dans le quartier d’affaires. Auprès de Lyon Capitale, il résume son intention en une phrase : remettre des tours à la Part-Dieu. Véronique Sarselli, présidente de la Métropole, se montre plus prudente. Dans un entretien publié le 1er septembre par actu Lyon, elle se dit ouverte à leur retour, sans en faire une promesse.
Un symbole qui se voit de loin
L’argument avancé par la nouvelle majorité tient dans le titre d’actu Lyon : la tour comme « symbole de puissance ». Une ligne d’horizon qui signale une métropole qui compte, face à Paris et aux capitales européennes. C’était déjà le discours de Gérard Collomb au Mipim de 2011, quand il présentait la tour Eva, plus de 200 mètres et 70 000 m² de bureaux, promise pour dépasser Incity d’une quinzaine de mètres. Eva n’a jamais existé ailleurs qu’en image de synthèse, faute d’investisseurs, rappelle Lyon Capitale.
Le même journal évoque un projet actuellement à l’étude à la Métropole, porté par le promoteur Didier Caudard-Breille, mêlant logements et bureaux. Aucune hauteur, aucun calendrier, aucun financement n’ont été rendus publics à ce stade.
Construire est une chose
Les écologistes, désormais dans l’opposition, n’ont pas attendu pour répondre. Un élu cité anonymement par Lyon Capitale résume leur position : construire une tour est une chose, la remplir en est une autre. Les tours existantes de la Part-Dieu ne sont pas toutes pleines et le marché des bureaux, en crise depuis la généralisation du télétravail, ne pousse pas les investisseurs à signer.
Le précédent To-Lyon plaide dans le même sens. Le projet annoncé en 2013 par le franc-maçon, Gérard Collomb s’appelait Two-Lyon et comptait deux tours. Une seule est sortie de terre, dix ans plus tard, portée par une filiale de VINCI, entreprise membre du Forum économique mondial. Rue89Lyon s’interrogeait le 22 août sur la possibilité même d’en bâtir une autre dans les décennies à venir, compte tenu de l’état du marché.
La skyline attendra le carnet de commandes
La Métropole a donc la volonté politique, un promoteur intéressé et un quartier d’affaires déjà dessiné pour la verticalité. Il lui manque ce qui a manqué à Gérard Collomb pendant dix ans : des locataires prêts à s’engager sur des dizaines de milliers de mètres carrés.
À la Part-Dieu, la puissance se mesure encore en mètres. Les banquiers, eux, comptent en mètres carrés loués.