Olivier Faure a officialisé dimanche 30 août, au journal de 20 heures de TF1, sa candidature à la primaire de la famille socialiste et social-démocrate en vue de la présidentielle de 2027. Le premier secrétaire du Parti socialiste se présente une semaine après Raphaël Glucksmann, qui s’était déclaré sur le même plateau. Le vote est prévu en octobre.
En 2022, Olivier Faure avait laissé la candidature socialiste à Anne Hidalgo. Le scrutin s’était soldé par 1,75 % des voix pour la maire de Paris. Cette fois, le député de Seine-et-Marne y va lui-même. « C’est maintenant ou jamais », résume l’un de ses proches cité par Le Figaro.
À 58 ans, dont huit à la tête du Parti socialiste, il a annoncé sa décision au lendemain des universités d’été de son parti à Blois. « Je suis candidat à la présidence de la République. Je le fais parce que je veux porter une France plus juste », a-t-il déclaré sur TF1.
Un livre, un slogan, un calendrier
La formule n’est pas improvisée. Elle reprend le titre de son ouvrage à paraître, La loi du plus juste, annoncé pour le 17 septembre aux éditions Robert Laffont. Le calendrier de la primaire, fixé à octobre, laisse quelques semaines de campagne interne.
Sur le fond, le premier secrétaire a mis en avant le travail et le pouvoir d’achat : « Je veux que le travail paie, je souhaite que le SMIC augmente », a-t-il dit, en ajoutant vouloir « que chacun ait le sentiment qu’il est respecté ».
L’ancien complice devenu adversaire
Raphaël Glucksmann avait officialisé sa propre candidature une semaine plus tôt, jour pour jour, sur le même plateau de TF1. Les deux hommes ont longtemps travaillé ensemble, notamment lors des élections européennes de 2024, où la liste conduite par l’eurodéputé avait porté les couleurs socialistes. La primaire les oppose désormais frontalement.
Aux universités d’été de Blois, la compétition interne a occupé une large part de la rentrée du parti, au détriment des dossiers de fond, selon Le Figaro.
Une gauche qui compte ses primaires
La séquence s’inscrit dans un paysage fragmenté. Les modalités mêmes de la primaire, ouverte ou fermée, ont fait l’objet de débats internes au Parti socialiste. François Hollande, de son côté, a récemment repris la parole sur les retraites, en proposant de fixer l’âge de départ à 63 ans avec un allongement progressif de la durée de cotisation.
Sur la gauche non mélenchoniste, l’hypothèse d’une candidature unique reste incertaine, entre primaires parallèles et candidatures solitaires.
Ce qui se joue en octobre
Pour Olivier Faure, l’enjeu dépasse la candidature. Un premier secrétaire battu à la primaire de son propre parti verrait sa direction fragilisée à moins de deux ans de l’échéance nationale. Pour Raphaël Glucksmann, une victoire validerait une trajectoire menée largement hors des instances socialistes.
Les règles de participation et le corps électoral retenus détermineront pour beaucoup l’issue du scrutin.
Une primaire dont les règles ont divisé
Avant les candidatures, il y a eu la bataille des modalités. Le Parti socialiste s’est écharpé pendant plusieurs semaines sur la nature du scrutin : primaire ouverte aux sympathisants ou vote réservé aux adhérents. Le choix n’est pas technique. Un corps électoral élargi favorise les candidatures à forte notoriété médiatique, un vote fermé avantage celui qui contrôle l’appareil.
Olivier Faure a traversé cette séquence en position défensive, entre le débat sur la primaire et les tensions autour d’une motion de censure, selon Le Figaro. Les universités d’été de Blois, fin août, ont été largement occupées par cette compétition interne. Raphaël Glucksmann, lui, n’a jamais dirigé le parti et se présente sans en porter le bilan. C’est à la fois sa force et la principale critique qui lui est adressée en interne.
Huit ans à la tête du parti, un livre en septembre, un vote en octobre. Olivier Faure a choisi de ne pas laisser sa place une seconde fois.