Royaume-Uni : Londres veut faire stocker eau et conserves aux foyers en cas de catastrophe

Le gouvernement britannique d’Andy Burnham, nouveau premier ministre britannique membre du Forum économique mondial, s’apprête à lancer une campagne nationale invitant les foyers à constituer des réserves d’eau en bouteilles et de conserves. Elle vise des menaces allant des catastrophes climatiques aux cyberattaques et à d’éventuelles agressions d’États hostiles. Londres accélère par ailleurs la révision de ses plans de crise classés secrets, une mise à jour inédite depuis 2004.

La campagne, rapportée par les médias britanniques et reprise par Le Figaro, invitera la population à tenir dans la durée avec des conserves et de l’eau en bouteilles. Le gouvernement identifie trois ressources qui seraient touchées en premier en cas de crise grave : l’électricité, l’eau et le réseau téléphonique.

L’idée n’est pas neuve à Londres. Elle avait été évoquée dès la mi-juillet, juste avant le départ de Downing Street de Keir Starmer, également proche du WEF L’exécutif expliquait alors avoir ajouté sept nouvelles menaces au registre national des risques.

Sept menaces ajoutées, une retirée

Parmi les nouvelles entrées figurent les attaques informatiques visant les centres de données, les infrastructures hydrauliques ou les systèmes de police. Le risque d’ingérence dans le processus démocratique britannique a lui aussi été inscrit au registre.

Une menace en est sortie : celle d’une perturbation de l’approvisionnement en gaz russe, ce dont l’exécutif s’est félicité en évoquant la réduction de la dépendance du pays. Un registre national des risques se lit comme une carte des priorités, et celle-ci a changé de nord.

Les « War Books » rouverts pour la première fois depuis 2004

Dans le cadre du Home Defence Programme, le gouvernement a décidé d’accélérer la mise à jour de ses plans de crise classés secrets, surnommés les « War Books ». Ces documents guident la réponse de chaque ministère face à une menace visant le territoire. La révision est inédite depuis 2004.

Elle fait suite à l’avertissement de Keir Starmer sur de possibles attaques russes contre l’Otan dès 2030, rappelle le Financial Times, membre du WEF. La ministre des Forces armées Louise Sandher-Jones a déclaré à la mi-juillet que la Russie constituait une menace directe pour le territoire britannique, et pas seulement pour le flanc oriental de l’Alliance.

La résilience, nouvelle doctrine européenne

Le Royaume-Uni n’invente pas la démarche. Plusieurs États européens diffusent depuis des années des recommandations de préparation domestique, la Suède et la Finlande étant les plus anciennes sur ce terrain. La nouveauté britannique tient à l’ampleur de la campagne et au fait qu’elle accompagne une refonte des plans de crise gouvernementaux.

Le registre national des risques, document public qui hiérarchise les menaces retenues par Londres, sert de colonne vertébrale à l’exercice. Y inscrire l’ingérence dans le processus démocratique revient à admettre que la continuité de l’État ne se joue plus seulement sur les réseaux physiques.

Le gouvernement doit organiser dans le courant de l’année 2027 le plus important exercice de défense nationale organisé au Royaume-Uni depuis des décennies. L’objectif affiché est de rendre concrètes, aux yeux de la population, des menaces jusqu’ici décrites dans des documents classés.

Les cyberattaques occupent une place centrale dans cette nouvelle cartographie, qu’elles visent les centres de données, les infrastructures hydrauliques ou les systèmes de police. L’attaque récente contre une petite installation énergétique britannique, attribuée par le Financial Times à un groupe de pirates iraniens, illustre la vulnérabilité que Londres cherche désormais à documenter publiquement.

Moscou répond, le climat s’invite

Lors d’un briefing le jeudi 27 août, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a évoqué les frappes ukrainiennes de longue portée menées avec des drones qui seraient de fabrication britannique. Elle a averti que Français et Britanniques « jouent avec le feu », avec des conséquences imprévisibles y compris pour eux-mêmes.

Le Financial Times évoque par ailleurs une attaque récente contre une petite installation énergétique britannique, attribuée à un groupe de pirates informatiques iraniens. En février, le fabricant de drones ukrainien Ukrspecsystems a ouvert un site de production dans l’est de l’Angleterre. Le secrétaire général du premier ministre Darren Jones invoque de son côté les records de température battus en mai puis en juin. Le gouvernement doit organiser en 2027 le plus important exercice de défense nationale depuis des décennies.

Demander à une population de stocker de l’eau et des conserves, c’est reconnaître publiquement que l’État ne garantit plus la continuité de tout, partout. Le Royaume-Uni n’est pas le premier pays européen à le formuler ainsi. C’est également le cas d'”autres états dirigés par des personnalités proches du WEF.


Source : Le Figaro