François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR) et candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a publié sur X le 26 aout une lettre envoyée un mois plus tôt à Patrick Martin, président du MEDEF. Il y demandait à participer au débat organisé le 27 août à Roland-Garros, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), devant des chefs d’entreprise. Il expliquait que cette demande est restée sans aucune réponse, malgré des relances téléphoniques et un nouvel envoi par courriel. Si le partisan du Frexit n’était pas invité, le président du Medef Patrick Martin, proche du club Le Siècle a déroulé le tapis rouge à Ursula von der Leyen.
Le débat a bien eu lieu le 27 août, avec sept candidats : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann. Ils ont été interrogés par des chefs d’entreprise sur la dette, la réindustrialisation, le coût du travail, les normes et la fiscalité. Asselineau partisan du Frexit n’y figurait pas, par contre la présidente de la commission européenne et contributrice de l’agenda 2030, Ursula von der Leyen a fait une apparition remarquée.
Une lettre restée sans réponse
Dans sa lettre du 28 juillet 2026, Asselineau se présente comme « le seul candidat qui proposera en 2027 un Frexit », c’est-à-dire une sortie négociée de l’Union européenne et de l’euro. Il rappellait que Patrick Martin a choisi le « courage » comme thème de la rentrée 2026 du MEDEF, et l’invitait à en faire preuve en imposant un débat sur cette question.
Asselineau soulignait avoir récolté 332 000 voix en 2017 (près d’1 % des suffrages exprimés) malgré une faible couverture médiatique, ainsi que les 587 parrainages validés à l’époque. Il mettait aussi en avant l’audience de l’UPR sur Internet : 510 000 abonnés et 125 millions de vues cumulées sur YouTube, un chiffre qu’il compare favorablement aux chaînes d’Horizons, du RN ou de LFI. Selon lui, de nombreux cadres, professions libérales, indépendants, dirigeants de PME et salariés du privé écoutent désormais ses analyses.
Un débat « entre gens du même monde » ?
Asselineau estimait qu’un débat réunissant uniquement des candidats « européistes » n’est pas un vrai débat. « Il s’agira d’une conversation entre gens du même monde dont l’utilité pour les entrepreneurs présents sera nécessairement limitée », écrivait-il. Sa présence, affirmait-t-il, aurait permis une confrontation réelle et un regard critique sur l’applicabilité des propositions des autres candidats dans le cadre européen.
Il ajoutait que le MEDEF, en n’invitant que des candidats favorables à l’UE, « encoure le risque d’être perçu non comme un interlocuteur économique neutre mais comme le faire-valoir d’une idéologie moribonde et mortifère désormais rejetée par une part considérable, sinon majoritaire, de la population ».
Dans son message du 26 août, il concluait en affirmant que Patrick Martin « empêche sciemment les membres du MEDEF d’entendre des analyses fondamentalement nouvelles » et « montre ainsi tout le mépris qu’il éprouve pour les centaines de milliers d’électeurs » qui l’ont déjà soutenu. Il affirmait toutefois que cela ne l’empêchera pas de poser « ce débat crucial pour la survie de la France » pendant la campagne de 2027.
🇪🇺🇪🇺 𝗟𝗔 𝗙𝗥𝗔𝗡𝗖𝗘 𝗘𝗡 𝗗𝗜𝗖𝗧𝗔𝗧𝗨𝗥𝗘🇪🇺🇪🇺
— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) August 26, 2026
𝗟𝗲 𝗣𝗿𝗲𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗠𝗘𝗗𝗘𝗙 𝗿𝗲𝗳𝘂𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗼𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮 𝗺𝗮 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝗶𝗽𝗲𝗿 𝗮𝘂 𝗱𝗲𝗯𝗮𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗻𝗱𝗶𝗱𝗮𝘁𝘀 𝗮 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗾𝘂'𝗶𝗹… pic.twitter.com/UOkIVfZTLo
L’apparition surprise de Von Der Leyen
Le MEDEF n’avait pas publié de réponse publique à cette lettre ni commenté spécifiquement l’absence d’Asselineau parmi les invités. Le président du patronat a justifié le format du débat comme une occasion d’interroger les principaux prétendants à l’Élysée sur les enjeux économiques, dans un contexte où la dette, les retraites et la compétitivité occupent le devant de la scène. Mercredi 26 août, Patrick Martin déclarait : « Le Medef est résolument européen, mais nous sommes des amoureux déçus ». Cela ne l’a pas empêché d’inviter la présidente de la Commission européenne, qui a fait une apparition remarquée le 27 août.
Asselineau fulmine
Après cette apparition surprise, François Asselieneau fulmine aujourd’hui sur X estimant que tout s’explique. Il estime que Patrick Martin, “est un petit malin qui cache bien son jeu”. “Au lieu de m’inviter à débattre avec les autres candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2027, il a préféré inviter la présidente de la Commission européenne. Qui n’a jamais été élue et n’a pas besoin de se présenter aux électeurs français pour déjà diriger notre pays.”
Selon lui, la présence de Von Der Leyen confirme son invisibilisation “lors de ce soi-disant « débat entre les candidats à l’élection présidentielle de 2027 » et la présence de cette Allemande, notoirement incompétente et corrompue jusqu’à la moelle, constituent un véritable scandale”. “On ne saurait trouver de preuve plus flagrante que le MEDEF est pleinement aligné sur l’esprit de collaboration et de soumission à l’Allemagne propre à Vichy.”
Le président de l’UPR souligne que “Marine Le Pen et Jean-Paul Mélenchon, invités à ce débat, participent à cette mascarade et approuvent implicitement ce scandale”. “Les Français doivent absolument remporter l’élection présidentielle d’avril et mai prochains afin de chasser tous les collaborateurs des sphères du pouvoir. Sinon, il sera peut-être trop tard pour sauver notre pays.”
💡 𝗧𝗢𝗨𝗧 𝗦'𝗘𝗫𝗣𝗟𝗜𝗤𝗨𝗘 !!
— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) August 27, 2026
𝗟𝗘 𝗠𝗘𝗗𝗘𝗙 𝗔𝗩𝗔𝗜𝗧 𝗨𝗡𝗘 𝗜𝗡𝗩𝗜𝗧𝗘𝗘 𝗦𝗨𝗥𝗣𝗥𝗜𝗦𝗘 𝗔 𝗦𝗢𝗡 𝗗𝗘𝗕𝗔𝗧 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝟮𝟬𝟮𝟳 :
🇪🇺🇩🇪 𝗨𝗥𝗦𝗨𝗟𝗔 𝗩𝗢𝗡 𝗗𝗘𝗥 𝗟𝗘𝗬𝗘𝗡 !
M.Martin, président du MEDEF, est un petit cachottier. Plutôt que de m'inviter à débattre… https://t.co/tJJWjRZnCI