Six églises dégradées en Indre-et-Loire depuis le 22 juillet 2026 : la dernière, à Monts, a été forcée dans la nuit du 24 au 25 août. L’archevêque de Tours, Mgr Vincent Jordy, l’a annoncé aux fidèles au début d’une messe de réparation célébrée le soir même à Joué-lès-Tours. Une plainte contre X a été déposée après les faits du 20 août, et aucun auteur n’a été identifié publiquement à ce stade.
Mardi 25 août 2026, en début de soirée, l’assemblée est massée devant l’église Saint-Joseph de Joué-lès-Tours. La messe de réparation n’a pas commencé que Mgr Vincent Jordy annonce une nouvelle effraction, dans une église de Monts, commune située au sud de Tours. Un murmure de désolation parcourt les rangs, rapporte La Nouvelle République, présente sur place.
« Je l’ai appris en arrivant, juste avant la messe. Les deux accès aux sacristies ont été défoncés. Des objets ont été rassemblés mais il n’y a pas eu de vol », détaille l’archevêque au quotidien régional. Il évoque un « ajout à la liste ». Mgr Jordy dirige le diocèse de Tours depuis sa nomination en novembre 2019 ; il est aussi vice-président de la Conférence des évêques de France depuis le 1er septembre 2022.
Trois semaines, cinq églises, un ferrailleur
Avant Monts, cinq édifices avaient été visés entre le 22 juillet et le 20 août 2026 : Sainte-Jeanne-d’Arc et Saint-Jean Montjoyeux à Tours, Saint-Joseph à Joué-lès-Tours, Saint-Symphorien à Chambray-lès-Tours et Sainte-Geneviève de Luynes. Tous se situent dans l’agglomération tourangelle ou à ses abords immédiats.
Le 27 juillet, le diocèse de Tours publiait un communiqué sur les trois premiers cas, à Chambray-lès-Tours, Luynes et Tours. Il y faisait état de troncs pillés, de portes forcées, de vases sacrés endommagés et d’un tabernacle ouvert de force. Le texte annonçait déjà la célébration de messes de réparation dans les édifices concernés.
Les montants en jeu restent modestes. Le cambriolage de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Tours, constaté le 23 juillet, a porté sur environ 200 euros, selon ICI Touraine (Radio France). À Chambray-lès-Tours, une seconde intrusion dans la nuit du 7 au 8 août a en revanche visé la sacristie : porte-cierges, vases, bénitiers, crucifix et calices ont disparu, selon Le Journal du Dimanche, qui cite La Nouvelle République. La commune a annoncé le dépôt d’une plainte. Les objets ont fini par réapparaître : revendus à un ferrailleur local, ils ont été signalés par celui-ci aux autorités, puis restitués, rapportait le quotidien régional le 26 août.
Le tabernacle et l’extincteur
Le cinquième épisode est aussi le plus documenté. Le 20 août en fin d’après-midi, à Saint-Joseph de Joué-lès-Tours, ce sont des fidèles qui découvrent les dégâts et alertent le diocèse. Dans son communiqué, celui-ci indique que « la porte de la chapelle du Saint-Sacrement et celle du tabernacle ont été forcées, et le Saint-Sacrement répandu à terre ».
Le vicaire général du diocèse, Christophe Raimbault, a précisé à ICI Touraine que la porte de la chapelle avait été cassée « à coups d’extincteur ». Une plainte contre X a été déposée. Aucun vol n’a été constaté dans cette église, à la différence des faits précédents.
Cette absence de butin conduit le vicaire général à estimer que l’intention n’était pas de dérober de l’argent mais de porter atteinte au lieu. Il s’agit d’une appréciation formulée par un responsable diocésain, et non d’une conclusion judiciaire : à ce jour, aucune autorité d’enquête n’a rendu publique de qualification des faits ni de mobile. « Ça commence à faire beaucoup, il y a un climat de violence et beaucoup de mécompréhension », déclarait-il le 21 août.
Ce que l’enquête n’a pas établi
Six affaires en un mois dans un même département attirent l’attention, mais rien n’indique publiquement qu’elles procèdent d’une même main. Les modes opératoires varient sensiblement : de l’argent liquide emporté dans les troncs à Luynes et à Tours, des objets liturgiques dérobés puis revendus à Chambray-lès-Tours, des dégradations sans soustraction à Joué-lès-Tours comme à Monts. Ces constatations, à ce stade, ne fondent aucune imputation.
Aucun suspect n’a été présenté, aucune interpellation n’a été annoncée par le parquet de Tours dans les comptes rendus disponibles à la date du 26 août 2026. Les investigations, engagées après plusieurs plaintes, devront déterminer si ces effractions forment une série ou constituent des faits distincts. Tant qu’elles n’auront pas abouti, toute attribution de responsabilité ou de motivation reste hors de portée des faits établis.
Reste, pour les paroisses concernées, une réalité matérielle : les églises doivent demeurer ouvertes aux fidèles pour remplir leur fonction, ce qui les expose. Le diocèse n’a pour l’heure annoncé aucun dispositif de fermeture ou de surveillance renforcée.
La question qui sert de titre au récit de La Nouvelle République, entendue dans l’assemblée de Joué-lès-Tours, n’a toujours pas de réponse : « Ça va s’arrêter quand ? »