Une voiture a foncé sur un groupe de piétons près de la gare de Caen, mercredi 26 août vers 22h15. Le bilan communiqué dans la nuit du 26 au 27 août fait état de deux morts et de neuf blessés, dont six en urgence absolue. Le conducteur, un homme de 26 ans né en Russie, a été interpellé à Ouistreham après avoir pris la fuite et placé en garde à vue. Le parquet de Caen a ouvert une enquête pour « assassinat » et « violence volontaire avec arme », selon 20 Minutes et l’AFP.
Le lieu tient en une ligne : la voie publique, face à la gare de Caen, à proximité d’un bar. L’heure aussi : environ 22h15, mercredi 26 août. Un automobiliste de 26 ans est soupçonné d’avoir lancé son véhicule sur un groupe de personnes qui se trouvaient là.
Le préfet du Calvados, David Clavière, a décrit un véhicule qui a « délibérément foncé sur des piétons ». C’est la qualification retenue publiquement par le représentant de l’État dans le département, à ce stade des constatations.
Selon une source policière citée par 20 Minutes et l’AFP, les faits ont eu lieu à la suite d’une bagarre. Cet élément de chronologie est le seul avancé pour l’instant sur ce qui a précédé la scène. Aucune autorité n’a établi de lien de causalité formel entre cette altercation et la conduite du véhicule.
Le bilan à l’heure où les secours comptent
Les premiers décomptes des secours, mercredi soir, faisaient état d’un mort, de sept personnes en urgence absolue et de trois en urgence relative. Une deuxième personne est morte dans la nuit des suites de ses blessures. Le bilan arrêté au matin du 27 août est donc de deux morts et neuf blessés, dont six en urgence absolue et trois en urgence relative. Onze victimes au total.
Les blessés sont a priori tous des hommes, âgés de 17 ans à une quarantaine d’années, selon l’adjoint à la sécurité à la mairie de Caen, Bruno Coutanceau. C’est la seule description d’ensemble des victimes rendue publique par un élu à cette heure.
Sur l’identité de la première personne décédée, la prudence s’impose. D’après des témoins cités par 20 Minutes, il s’agirait d’un jeune Afghan de 18 ou 19 ans. Les autorités n’ont pas confirmé cette information et n’ont communiqué aucun élément d’état civil. Ce point relève, à ce stade, du témoignage et non de la constatation officielle.
Vingt kilomètres avant l’interpellation
Après les faits, le conducteur a quitté Caen. Il a été arrêté à Ouistreham, sur le littoral du Calvados, à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville. L’interpellation a eu lieu dans la nuit.
Le suspect est né en Russie. Selon le préfet du Calvados, il « n’est pas connu des services de renseignement ». Il est en revanche connu de la police pour des faits antérieurs, que le préfet limite à des « délits routiers ». Aucune autre mention de casier ou de suivi administratif n’a été rendue publique par les autorités.
Les enquêteurs exploitent notamment les images des caméras de vidéosurveillance de la zone de la gare, indique 20 Minutes. Ces images doivent permettre d’établir la trajectoire du véhicule, la vitesse d’approche et l’enchaînement précis des secondes qui ont précédé le choc. Ce sont les éléments matériels qui départageront, à terme, l’accident du geste intentionnel.
Assassinat : le mot du parquet
La division de la criminalité organisée et spécialisée du Calvados a été chargée des investigations. Le procureur adjoint de Caen a confirmé la garde à vue : « Nous avons actuellement une personne en garde à vue ». Il a également confirmé l’ouverture d’une enquête pour assassinat et violence volontaire avec arme.
Le choix de ces qualifications n’est pas neutre. L’assassinat désigne, en droit pénal français, un homicide volontaire commis avec préméditation ou guet-apens. La violence volontaire avec arme suppose, elle, l’utilisation d’un objet – ici un véhicule – comme instrument de l’atteinte. Ces qualifications sont celles retenues à l’ouverture de l’enquête ; elles peuvent évoluer, être requalifiées ou abandonnées au fil des investigations.
Aucune mise en examen n’a été annoncée à l’heure de la publication de la dépêche. Le suspect reste, à ce stade, présumé innocent des faits pour lesquels il est entendu.
Ce que le parquet ne dit pas encore
Sur le mobile, une seule chose a été affirmée par une autorité nommée : le procureur adjoint de Caen a indiqué que la piste terroriste n’était pas privilégiée à ce stade. Il a précisé que « nous ne sommes pas, a priori, dans le cadre d’une motivation terroriste », en ajoutant que les investigations ne faisaient que commencer.
C’est la limite exacte de ce qui peut être écrit ce 27 août au matin. Aucune autorité n’a avancé d’hypothèse sur ce qui aurait déclenché la conduite du véhicule, aucune n’a caractérisé un mobile, aucune n’a établi de lien entre la nationalité du suspect, celle des victimes présumées et les faits. La bagarre mentionnée par la source policière n’est pour l’heure qu’un élément de contexte chronologique.
Le parquet antiterroriste n’a pas été saisi. C’est cette absence de saisine, autant que la déclaration du procureur adjoint, qui situe pour l’instant le dossier dans le champ du droit commun. Les prochaines communications judiciaires détermineront si cette orientation tient.
Onze victimes, et un dossier qui n’a pas encore de mobile.
Source : 20 Minutes – 20minutes.fr