Le militant identitaire Maxime Gaucher, 37 ans, a été condamné le mardi 25 août par le tribunal judiciaire du Mans à 24 mois de prison, dont neuf avec sursis probatoire, soit quinze mois ferme, pour des violences commises sur le collaborateur parlementaire de son épouse, la députée du Rassemblement national du Rhône Tiffany Joncour. Les faits remontent à la nuit du 19 au 20 août à Neuville-sur-Sarthe. Le condamné a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de l’audience.
Environ cinq heures de route depuis les Landes jusqu’à la Sarthe. C’est la distance que Maxime Gaucher, 37 ans, a parcourue dans la nuit du 19 au 20 août pour aller trouver le collaborateur parlementaire de sa femme, à Neuville-sur-Sarthe, une commune de quelques milliers d’habitants au nord du Mans. La rencontre s’est terminée par des coups. La victime s’est vu reconnaître cinq jours d’incapacité temporaire de travail, a précisé la procureure de la République du Mans, Carine Halley.
Jugé en comparution immédiate le mardi 25 août par le tribunal judiciaire du Mans, l’homme a été condamné à une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont neuf assortis d’un sursis probatoire. Restent quinze mois ferme. Le tribunal a également ordonné son placement sous mandat de dépôt, ce qui signifie une incarcération immédiate à l’issue de l’audience, sans attendre l’expiration du délai d’appel.
Selon les termes rapportés par la procureure, les poursuites visaient « des violences sur le collaborateur parlementaire de son épouse, après avoir appris que ce dernier entretenait une liaison avec celle-ci ». Deux qualifications ont été retenues par le tribunal : violences avec préméditation et menaces de mort réitérées. C’est la préméditation, caractérisée par le trajet, qui alourdit l’échelle des peines encourues par rapport à une altercation spontanée.
Le code pénal punit de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours lorsqu’elles sont commises avec préméditation. La menace de mort réitérée est punie des mêmes peines. La juridiction du Mans est donc restée en deçà du maximum encouru, tout en écartant l’aménagement de la peine.
Un téléphone resté sur la table
Le déroulé rapporté à l’audience tient en quelques heures. En vacances dans les Landes, Maxime Gaucher a consulté le téléphone de son épouse, partie à la plage, et y a découvert des messages révélant la relation, selon le récit du quotidien régional Le Maine Libre, qui couvrait l’audience. Il a ensuite pris la route vers l’ouest. L’homme qu’il cherchait se trouvait ce soir-là à une soirée privée dans la Sarthe, selon des médias locaux.
À la barre, le prévenu n’a pas contesté les faits. « J’ai agi sur un coup de tête », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Le Maine Libre. Il a également invoqué son état au moment de la découverte des messages. Ces déclarations n’ont pas empêché le tribunal de retenir la préméditation, la juridiction ayant à apprécier les actes et non les seules intentions revendiquées par leur auteur.
La députée Tiffany Joncour, élue du Rhône sous l’étiquette du Rassemblement national, n’était pas partie au procès. Elle n’était ni prévenue, ni victime, ni témoin cité à l’audience. Ce qui a été jugé le 25 août au Mans, ce sont des coups portés à un homme et des menaces de mort proférées, pas une situation conjugale.
La comparution immédiate, une justice à la minute
Le choix de la procédure éclaire la lecture du dossier par le parquet. La comparution immédiate permet au procureur de la République de faire juger un prévenu dans les heures ou les jours qui suivent sa garde à vue, pour des délits punis d’au moins deux ans d’emprisonnement lorsque les faits paraissent établis et que l’affaire est en état d’être jugée. Elle suppose que le prévenu y consente, à défaut de quoi l’audience est renvoyée.
Cette voie rapide est régulièrement critiquée par les avocats pénalistes pour le peu de temps qu’elle laisse à la défense de préparer un dossier. Elle est aussi celle qui produit le plus de peines d’emprisonnement ferme et de mandats de dépôt, selon les données publiées par le ministère de la Justice dans ses statistiques annuelles sur les condamnations. Ici, l’aveu à l’audience, l’ITT constatée et la qualification de préméditation ont convergé vers ce format.
Le sursis probatoire, qui couvre les neuf mois restants, n’est pas une remise de peine. Il place le condamné sous le contrôle d’un juge de l’application des peines et d’un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, avec des obligations dont le non-respect peut entraîner la révocation et la mise à exécution de la partie suspendue.
Un nom connu des milieux identitaires lyonnais
Maxime Gaucher n’est pas un inconnu. Selon une source proche du dossier citée par Le Parisien, il compte parmi les militants identitaires historiques lyonnais et gravite dans les milieux du hooliganisme d’ultra-droite. Aucune de ces appartenances n’a été retenue comme circonstance dans le dossier jugé au Mans : elles relèvent du profil, pas de la qualification pénale.
L’affaire intervient dans un contexte où les faits divers impliquant l’entourage d’élus font l’objet d’une attention particulière. Le Rassemblement national n’a pas communiqué publiquement sur cette condamnation à la date de publication de l’article du Parisien. Le collaborateur parlementaire agressé n’a pas non plus fait de déclaration publique.
Reste une question de procédure interne. Un collaborateur parlementaire est un salarié de droit privé employé directement par le député, sur une enveloppe versée par l’Assemblée nationale. Aucune information publique ne fait état, à ce stade, d’une saisine des instances de l’Assemblée sur la situation professionnelle de la victime.
Le prévenu dispose de dix jours pour interjeter appel du jugement. Le mandat de dépôt, lui, s’exécute sans attendre.
Source : Le Parisien – leparisien.fr