L'acteur américain Mark Ruffalo

Mark Ruffalo : l’acteur rejette les accusations d’antisémitisme

L’acteur américain Mark Ruffalo a rejeté samedi 22 août, sur son compte X, les accusations d’antisémitisme portées contre lui. Le comédien de 58 ans avait mis en cause les liens entre le gouvernement israélien et le groupe technologique Oracle, membre du Forum économique mondial et dirigé par Larry Ellison, père de David Ellison, PDG de Paramount. Un porte-parole de Paramount a répondu en dénonçant l’emploi de termes disproportionnés dans un différend commercial.

Dans son message, Mark Ruffalo qualifie l’accusation d’effroyable et de fondamentalement malhonnête. Il distingue explicitement la critique de dirigeants politiques et industriels de celle d’un peuple. L’acteur avait dénoncé la veille un lien entre les activités d’Oracle et la guerre à Gaza, qu’il qualifie de génocide reposant sur un système d’apartheid. Ces qualifications sont celles de l’acteur et font l’objet d’un débat juridique et politique international non tranché.

La réponse de Paramount

Un porte-parole du groupe, cité par The Hollywood Reporter, a réagi en disant s’inquiéter de voir des propos antisémites invoqués sous couvert d’un différend commercial. Il ajoute que les mots génocide et apartheid, appliqués à une transaction commerciale, ne sont pas seulement inexacts mais banalisent des souffrances réelles.

111 milliards de dollars, et une famille

Le contentieux dépasse largement la question israélo-palestinienne. Mark Ruffalo s’oppose depuis des mois au rachat des studios Warner Bros par Paramount, opération évaluée à 111 milliards de dollars. Selon lui, cette fusion placerait CNN, HBO et Warner Bros sous le contrôle d’une seule famille. En avril dernier, lors d’une audition en visioconférence convoquée par un sénateur démocrate, il avait mis en garde contre les promesses d’une société censée produire davantage de films avec moins d’argent et plus de dettes.

Une opposition frontale à Donald Trump

Fermement opposé au président américain et contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump, Mark Ruffalo est l’une des voix les plus régulièrement engagées d’Hollywood. La concentration du secteur, la proximité entre grands groupes technologiques et pouvoirs politiques, et la couverture de la guerre à Gaza forment un terrain où les positions publiques d’acteurs deviennent rapidement des sujets de contentieux. L’affaire illustre la difficulté croissante à discuter d’un contrat industriel sans que le débat glisse immédiatement sur le terrain identitaire.

Une concentration inédite dans les médias américains

Le dossier dépasse la personne de Mark Ruffalo. Le groupe Paramount est passé sous le contrôle de la famille Ellison à l’issue du rapprochement avec Skydance, société fondée par David Ellison. Son père, Larry Ellison, cofondateur d’Oracle, figure parmi les premières fortunes mondiales. Le rachat annoncé de Warner Bros placerait sous une même autorité un ensemble comprenant des studios de cinéma, des plateformes de streaming et des chaînes d’information. C’est cette configuration que l’acteur met en cause depuis des mois, en la reliant à la question de l’indépendance éditoriale des rédactions concernées. Aux États-Unis, la concentration des médias fait l’objet d’un contrôle des autorités de la concurrence et de la Federal Communications Commission, dont les décisions sont scrutées de près.

Le débat sur les mots

La controverse s’est déplacée du terrain économique vers celui du vocabulaire. Les termes de génocide et d’apartheid, employés par l’acteur, font l’objet de qualifications juridiques précises en droit international et sont au cœur de procédures en cours devant les juridictions internationales, dont aucune n’a rendu de décision définitive sur le fond. Leur usage dans le débat public américain déclenche des réactions immédiates, en particulier lorsqu’il vise des dirigeants d’entreprise identifiés à une communauté. Mark Ruffalo articule sa défense autour de cette distinction : viser un gouvernement, un contrat militaire ou des industriels ne revient pas, selon lui, à viser un peuple. Le studio conteste précisément la validité de cette ligne de partage dans le contexte d’un différend commercial.

Une fusion à 111 milliards de dollars, un acteur qui parle trop fort, et une querelle de vocabulaire qui arrange tout le monde sauf le débat.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/cinema/l-acteur-americain-mark-ruffalo-juge-effroyables-les-accusations-d-antisemitisme-portees-contre-lui-20260824