Ukraine : Antonio Costa assure que l’Union européenne est « prête » à accueillir Kiev

En déplacement à Kiev à l’occasion du 35e anniversaire de l’indépendance ukrainienne, le président du Conseil européen et contributeur de l’agenda 2030, António Costa, a réaffirmé lundi 24 août la perspective européenne de l’Ukraine. Pour le dirigeant portugais, l’intégration du pays à l’Union européenne constitue non seulement un projet politique, mais aussi une garantie durable de sécurité et de stabilité démocratique face à la Russie. Une déclaration forte, alors que la guerre à grande échelle déclenchée en février 2022 se poursuit depuis plus de quatre ans.

Le message se voulait sans ambiguïté. Depuis la place Sainte-Sophie, au cœur de Kiev, Antonio Costa a profité des célébrations du 35e anniversaire de l’indépendance ukrainienne pour inscrire une nouvelle fois l’avenir du pays dans celui de l’Union européenne.

Devant le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, proche du Forum économique mondial, le président du Conseil européen a présenté le 24 août comme une date centrale dans la longue lutte du pays pour sa liberté et son indépendance. Il a également rendu hommage aux Ukrainiens engagés sur le front ainsi qu’à leurs familles, estimant que leur combat concernait à la fois la liberté de l’Ukraine et celle de l’Europe.

Au centre de son intervention : la candidature ukrainienne à l’Union européenne. Antonio Costa reconnaît que l’adhésion demeure un processus exigeant, mais considère que les difficultés inhérentes aux réformes et aux critères européens ne doivent pas freiner la détermination politique des Vingt-Sept.

Selon lui, l’intégration européenne représente désormais un enjeu qui dépasse largement la seule question de l’élargissement. Elle touche directement à la sécurité du continent.

« L’avenir de l’Ukraine au sein de l’Union européenne est la meilleure garantie de sécurité et de stabilité démocratique à long terme », a-t-il déclaré, en reliant explicitement le destin ukrainien à celui de l’ensemble de l’Europe.

Une adhésion présentée comme une garantie de sécurité

Lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelenskyy, Antonio Costa a développé cette idée en insistant notamment sur l’Etat de droit, la démocratie et la solidité des institutions. Aux yeux du président du Conseil européen, l’appartenance à l’UE constitue une réponse aux inquiétudes portant sur la corruption, l’indépendance institutionnelle ou encore le respect des règles démocratiques.

Il a également présenté l’adhésion comme une garantie de sécurité à part entière. Dans cette vision, l’entrée de Kiev dans l’Union ne relèverait donc pas uniquement d’un rapprochement économique ou institutionnel : elle participerait directement à l’architecture de sécurité européenne de l’après-guerre. Antonio Costa a par ailleurs rappelé que l’UE demeure un projet fondé sur la paix et la prospérité partagée.

Cette perspective s’inscrit dans un bouleversement plus large du projet européen provoqué par l’invasion russe. Pour Antonio Costa, l’Ukraine a elle-même contribué à faire émerger une Union davantage « géopolitique », plus attentive à sa défense, à son autonomie stratégique et à sa capacité d’action sur la scène internationale.

Le président du Conseil européen décrit ainsi une UE assumant davantage la responsabilité de sa propre défense, attachée au droit international et au multilatéralisme, mais également disposée à poursuivre son élargissement. Dans ce cadre, a-t-il assuré, l’Union est prête à accueillir l’Ukraine.

Un soutien européen revendiqué depuis février 2022

Antonio Costa a également replacé sa visite dans la continuité du soutien apporté par les Européens depuis le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle, le 24 février 2022. Il a rappelé que le Conseil européen s’était réuni dès le premier jour de l’offensive afin d’organiser la réponse des Vingt-Sept.

Depuis, l’Union européenne a apporté à l’Ukraine une aide politique, financière, humanitaire, militaire et diplomatique. Le président du Conseil européen a promis que ce soutien se poursuivrait aussi longtemps que nécessaire, pendant la guerre, dans le cadre de futures négociations de paix ainsi que lors de la reconstruction du pays.

Lors de son échange avec Volodymyr Zelenskyy, Antonio Costa a reconnu que les décisions européennes pouvaient parfois prendre du temps. Mais il a assuré que l’Union n’avait jamais cessé de chercher des solutions aux difficultés successives rencontrées depuis le début de la guerre.

Sur X, Costa a évoqué la coordination au sein de la Coalition de volontaires qui s’est réuni à Kiev aujourd’hui la jugeant “essentielle pour apporter à l’Ukraine le soutien global dont elle a besoin pour se préparer à l’hiver prochain”. “L’UE accélère le déploiement du prêt de soutien à l’Ukraine afin de renforcer ses infrastructures de défense aérienne et énergétiques. La pression sur l’économie russe et sa flotte de soutien se poursuivra et s’intensifiera.”

Antonio Costa veut maintenir la pression sur Moscou

Son discours ne s’est cependant pas limité à l’avenir européen de Kiev. Antonio Costa a également adressé un message particulièrement ferme à Moscou, affirmant que le droit international devait prévaloir et que la Russie ne devait pas sortir victorieuse du conflit.

Plus de quatre ans après le lancement de l’invasion à grande échelle, le président du Conseil européen estime que Moscou n’a pas atteint ses objectifs. Il a évoqué le lourd bilan humain de la guerre ainsi que ses conséquences économiques et affirmé que les sanctions européennes pesaient sur les ressources russes. L’Union européenne entend, selon lui, maintenir et intensifier cette pression jusqu’à ce que la Russie mette fin aux combats et démontre une volonté réelle de parvenir à la paix.

Le positionnement européen revendiqué à Kiev est, là encore, limpide : Bruxelles ne se considère pas comme un acteur neutre. L’UE assume son soutien à l’Ukraine tout en déclarant appuyer les initiatives sérieuses destinées à mettre un terme au conflit.

Pour Antonio Costa, les conditions d’une paix globale, juste et durable devront néanmoins être définies par l’Ukraine elle-même. Un éventuel règlement devra préserver l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale ukrainiennes, tout en assurant au pays des garanties de sécurité suffisamment solides pour lui permettre de se défendre à long terme.

L’Ukraine au cœur d’une Europe transformée par la guerre

La visite d’Antonio Costa intervient ainsi à un moment où la guerre a profondément modifié la manière dont l’Union européenne envisage sa propre puissance. Défense, autonomie stratégique, sanctions, soutien militaire, élargissement : autant de dossiers désormais étroitement imbriqués.

Pour le président du Conseil européen, l’adhésion de l’Ukraine apparaît comme l’un des prolongements de cette transformation. Il ne s’agit plus seulement de rapprocher progressivement Kiev des institutions européennes, mais d’inscrire cette intégration dans une vision de long terme de la sécurité du continent.

Le chemin reste pourtant soumis aux exigences du processus d’adhésion et aux réformes nécessaires pour répondre aux critères européens. Antonio Costa a lui-même reconnu cette difficulté, tout en saluant les efforts déjà engagés par Kiev. Son déplacement du 24 août entend surtout fixer le cap politique : malgré la guerre et les obstacles institutionnels, la place que les dirigeants européens disent envisager pour l’Ukraine se situe désormais au sein de l’Union.

En célébrant à Kiev les 35 ans de l’indépendance du pays, Antonio Costa a ainsi lié deux horizons : préserver aujourd’hui la souveraineté ukrainienne face à l’agression russe et préparer, demain, son intégration à une Europe que cette même guerre a profondément transformée.

Sources :

Le Monde – En direct, guerre en Ukraine, 24 août 2026

Conseil européen – Discours d’Antonio Costa pour le 35e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine

Conseil européen – Déclarations d’Antonio Costa lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelenskyy