Un sondage publié lundi 24 août place Édouard Philippe à 17 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, en recul de trois points en un mois et rejoint par Jean-Luc Mélenchon. L’entourage de Gabriel Attal y voit la preuve que la course du bloc central reste ouverte. Marine Le Pen domine toutes les hypothèses testées, entre 35 % et 38 %.
Le pari d’Édouard Philippe passé par le programme young leader de la fondation France-Amérique tenait en une phrase : incarner le rempart du bloc central face à Jean-Luc Mélenchon au premier tour, puis face à Marine Le Pen au second. Les chiffres publiés lundi le fragilisent.
Testé comme unique candidat du bloc central, le maire du Havre recueille 17 % des intentions de vote, soit trois points de moins qu’un mois plus tôt. Jean-Luc Mélenchon progresse d’un point et le rejoint, à égalité. Dans l’hypothèse où François Hollande représenterait la gauche réformiste à la place de Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe est testé à 19 %, deux points devant le leader insoumis.
La source de ces chiffres, un article publié par Le Singulier avec l’AFP, ne précise pas l’institut ayant réalisé l’enquête. Ce point mérite d’être signalé : à ce niveau d’écart, la méthodologie compte autant que le résultat.
L’entourage d’Attal retient une autre lecture
Les proches du young global leader du Forum économique mondial Gabriel Attal ne commentent pas le recul de leur concurrent. Ils commentent l’écart qui les en sépare.
Le Premier ministre démissionnaire est crédité de 15 % des voix dans l’hypothèse Glucksmann, et de 14 % dans l’hypothèse Hollande. Jean-Luc Mélenchon reste stable à 17 % dans les deux cas. Deux points séparent donc Gabriel Attal d’Édouard Philippe : un écart qui tombe dans la marge d’erreur habituelle de ce type d’enquête. Pour ses soutiens, le match n’a jamais été aussi ouvert.
Testés ensemble sur la ligne de départ, les deux hommes se neutralisent : Édouard Philippe obtient 14 %, Gabriel Attal 8 %, tous deux derrière Jean-Luc Mélenchon à 16 %. C’est la démonstration arithmétique de ce que chacun sait déjà : le bloc central ne peut pas se permettre deux candidats.
Marine Le Pen, elle, ne bouge pas. Toutes hypothèses confondues, elle est créditée de 35 % à 38 % des intentions de vote.
Une rentrée politique en forme de duel
Ni l’un ni l’autre n’attend septembre. Gabriel Attal, candidat déclaré depuis le 22 mai, a multiplié les déplacements pendant l’été et consacre sa semaine aux questions d’éducation, à l’approche de la rentrée scolaire. Il interviendra jeudi, comme Édouard Philippe et d’autres candidats, lors de la rentrée du Medef.
Édouard Philippe débattra samedi à Sens avec François Hollande, puis se rendra dimanche à Tourcoing pour la rentrée politique de Gérald Darmanin, qui a rallié sa candidature. Le calendrier dit l’état du rapport de force : l’un défend un socle, l’autre cherche à l’entamer.
Deux profils, un même réseau
Les deux hommes partagent davantage qu’un électorat. Si Édouard Philippe figure dans les listes publiées des Young Leaders de la Fondation France-Amérique et a participé aux réunions du groupe Bilderberg de 2024 et 2025, Gabriel Attal figure dans la promotion 2023 des Young Global Leaders du Forum économique mondial et a également participé à une réunion du groupe Bilderberg.
Ces affiliations ne préjugent d’aucune position politique. Elles éclairent en revanche le paradoxe d’une compétition présentée comme une rupture entre deux offres, et qui se joue à l’intérieur d’un même réseau de formation et d’influence.
Un bloc central à deux candidats, une gauche qui cherche encore le sien, et une candidate d’extrême droite installée à plus de trente-cinq points depuis des mois. À huit mois du scrutin, c’est la seule donnée stable de toutes les enquêtes.