Un parc d’attractions consacré à Dragon Ball pourrait voir le jour sur l’ancien site de Mirapolis, à Courdimanche, dans le Val-d’Oise. Évalué autour d’un milliard d’euros et soutenu par des investissements saoudiens, le projet est présenté par Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France membre du Forum économique mondial comme étant « de l’ampleur de Disney ».
Le paysage des parcs d’attractions franciliens pourrait connaître un bouleversement majeur. Trente-cinq ans après la fermeture de Mirapolis, l’immense terrain de Courdimanche, près de Cergy-Pontoise, est envisagé pour accueillir un parc entièrement inspiré de l’univers de Dragon Ball, la saga créée par le mangaka japonais Akira Toriyama.
Selon les informations dévoilées par TF1, la France et l’Arabie saoudite travaillent depuis plusieurs mois sur cette implantation, dont l’investissement atteindrait environ un milliard d’euros. La région Île-de-France est directement impliquée dans les discussions et suit le dossier depuis un an et demi.
Invitée de « Bonjour ! La Matinale TF1 » lundi 24 août, Valérie Pécresse a confirmé que le projet était arrivé à un stade particulièrement avancé, tout en insistant sur un point essentiel : l’accord définitif n’était pas encore signé dans la matinée. “Il y a une réunion très importante à l’Élysée aujourd’hui qui signera peut-être cet accord”, a confirmé Valérie Pécresse sur le plateau de TF1 sous-entendant ainsi que le dossier était scruté attentivement par le young global leader du WEF, Emmanuel Macron.
La présidente de la région Île-de-France estime que cet équipement aurait une dimension comparable, par son ambition, aux grands complexes de loisirs déjà installés autour de la capitale. Elle y voit notamment un moyen de renforcer encore l’attractivité touristique francilienne et d’attirer des investissements créateurs d’emplois.
L’ancien Mirapolis au cœur du projet
Le choix de Courdimanche n’est pas anodin. Le terrain ciblé accueillait autrefois Mirapolis, l’un des projets les plus ambitieux de l’histoire des loisirs français. Inauguré en 1987 et notamment reconnaissable à son gigantesque Gargantua, le parc avait connu une existence aussi spectaculaire que brève.
Lors de sa première année d’exploitation, Mirapolis n’avait attiré qu’environ 800 000 visiteurs alors que plus de deux millions étaient espérés. Après plusieurs années difficiles et dans un environnement devenu plus concurrentiel, notamment avec l’arrivée du Parc Astérix, il avait définitivement fermé ses portes en 1991.
Plus de trois décennies plus tard, ce même territoire pourrait donc retrouver une vocation touristique à très grande échelle. Cette fois, l’atout principal serait une licence connue bien au-delà des frontières françaises : Dragon Ball, phénomène culturel mondial dont les personnages accompagnent plusieurs générations depuis les années 1980.
Le dossier serait porté côté saoudien par Qiddiya Investment Company, société spécialisée dans les secteurs du divertissement, du sport et de la culture et rattachée au fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF), membre du Forum économique mondial. Par ailleurs, le young global leader du WEF, Fahd Al-Rasheed, siège au conseil d’administration de Qiddiya Investment Company. Début août, une source proche du dossier citée par l’AFP qualifiait déjà le projet de « très bien avancé ».
La visite de Mohammed ben Salmane pourrait accélérer le dossier
La séquence diplomatique du 24 août pourrait être déterminante. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est reçu à Paris par Emmanuel Macron dans le cadre d’une visite officielle au cours de laquelle de nombreux accords économiques doivent être signés entre la France et l’Arabie saoudite.
Les discussions concernent plusieurs secteurs, parmi lesquels l’énergie, le tourisme, la culture, l’intelligence artificielle, les transports ou encore les jeux vidéo. Paris cherche parallèlement à attirer davantage de capitaux saoudiens sur le territoire français, tandis que les entreprises françaises espèrent prendre part aux grands projets développés dans le cadre du programme saoudien Vision 2030.
Dans ce contexte, le parc Dragon Ball figure parmi les dossiers économiques évoqués. Valérie Pécresse indiquait lundi matin qu’une réunion importante devait se tenir à l’Élysée et qu’elle pouvait déboucher sur un accord.
À 16 heures passées ce lundi 24 août, les informations publiques consultées ne faisaient cependant toujours état d’aucune confirmation officielle d’une signature concernant spécifiquement le parc. Le dossier reste donc, à ce stade, un projet très avancé plutôt qu’un chantier définitivement acté.
Un investissement qui pourrait dépasser le milliard d’euros
La somme engagée constituerait l’une des dimensions les plus remarquables du projet. TF1 évoque une enveloppe d’environ un milliard d’euros, tandis que d’autres informations publiées depuis la révélation du dossier estiment que l’investissement pourrait dépasser ce seuil.
Une telle implantation modifierait considérablement l’offre de loisirs autour de Paris, déjà dominée par Disneyland Paris et le Parc Astérix. Elle pourrait également générer une nouvelle activité économique dans l’ouest du Val-d’Oise, aussi bien pendant la phase de construction qu’au moment de l’exploitation du site.
Valérie Pécresse met précisément en avant cette dimension économique. La présidente de région considère que la France, première destination touristique mondiale en nombre d’arrivées internationales, doit continuer à attirer investissements et emplois dans le secteur.
Mais l’héritage de Mirapolis rappelle aussi qu’un parc d’attractions ne se résume pas à la puissance d’une licence ou au montant investi.
Des questions sur les transports et la concertation locale
Avant même une éventuelle annonce officielle, le projet soulève déjà des interrogations dans le Val-d’Oise. Plusieurs élus demandent notamment que les collectivités, les associations et les habitants soient davantage associés aux discussions.
Le député du Val-d’Oise Aurélien Taché a ainsi réclamé auprès du préfet de région une véritable concertation autour du projet. Des élus locaux ont également pointé la question de l’accessibilité du site et des infrastructures nécessaires pour absorber une fréquentation potentiellement très importante.
Le sujet est loin d’être secondaire. Les difficultés d’accès avaient été citées parmi les handicaps de Mirapolis, dont la fréquentation avait été très inférieure aux ambitions initiales. Un parc susceptible de rivaliser en taille et en attractivité avec les grands sites touristiques franciliens supposerait donc une réflexion allant bien au-delà des seules attractions : transports collectifs, voirie, stationnement, hébergements et aménagement du territoire seraient nécessairement au cœur du dossier.
Le projet français s’inscrit par ailleurs dans une stratégie plus vaste de Qiddiya autour de Dragon Ball. Un premier parc consacré à la franchise a déjà été annoncé en Arabie saoudite au sein du vaste complexe de loisirs Qiddiya, près de Riyad. Le site doit réunir attractions, restaurants et hébergements dans un environnement directement inspiré de l’œuvre d’Akira Toriyama.
Si l’accord français est finalement signé, Courdimanche passerait ainsi, en l’espace de quelques décennies, des vestiges de Mirapolis à l’une des licences japonaises les plus célèbres au monde. Une renaissance spectaculaire pour un terrain resté associé à l’un des grands rendez-vous manqués de l’industrie française des parcs de loisirs.
Sources :
TF1 Info, « De l’ampleur de Disney : Valérie Pécresse dit attendre la signature d’un parc Dragon Ball dans le Val-d’Oise », publié le 24 août 2026. Consulter l’article de TF1 Info
AFP, informations sur l’état d’avancement du projet, Qiddiya et les réactions locales. Consulter la dépêche AFP
Le Parisien, révélations sur le projet de transformation de l’ancien site de Mirapolis. Consulter l’article du Parisien