LFI : la rentrée verte et optimiste de Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a clôturé l’université d’été de La France insoumise, dimanche 23 août 2026 à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, devant environ 10 000 personnes. Selon RFI, le candidat à la présidentielle de 2027 y a défendu la création d’un « État écologique », assorti d’une « conscription écologique » et d’« écorégions ». Une rentrée politique marquée par un optimisme affiché, entre critiques du gouvernement de Sébastien Lecornu et rivalité avec les autres prétendants à l’étiquette écologiste.

Jean-Luc Mélenchon a clôturé l’université d’été de la France insoumise dimanche 23 août 2026, à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, à quelques kilomètres de Valence. Selon RFI, environ 10 000 personnes ont assisté à son discours de clôture, qui a duré 45 minutes. L’événement marquait le premier grand rendez-vous militant du candidat insoumis avant l’élection présidentielle de 2027, et RFI le décrit comme une rentrée politique teintée de vert et d’optimisme.

« Nous allons fonder l’État écologique »

Le cœur de l’intervention tenait en une formule, déjà prononcée la veille au journal télévisé de TF1 : « Nous allons fonder l’État écologique, voilà ce qu’on veut faire ». Devant les militants réunis dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a détaillé le contenu de cette proposition, articulée autour de deux dispositifs. Le premier, présenté sous le nom de « conscription écologique », consisterait à créer une garde régionale de sécurité civile constituée par conscription, afin de disposer d’une réserve nombreuse et formée, mobilisable en masse lors des crises climatiques. Le second, les « écorégions », reviendrait à redécouper les régions administratives actuelles selon les bassins versants, ces nouvelles entités devenant responsables de la gestion de l’eau, de l’air, des forêts, des mobilités, de la santé environnementale et de l’économie circulaire. Ce projet d’État écologique s’inscrit dans la continuité du programme de planification écologique porté par La France insoumise depuis plusieurs années, mais franchit une étape supplémentaire en proposant de faire coïncider les frontières administratives avec les limites naturelles des territoires.

Les incendies de l’été en toile de fond

Cette architecture institutionnelle répond directement, à la vague de canicules et d’incendies qui a touché la France durant l’été 2026. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un manque d’anticipation dans la gestion de ces épisodes, estimant que les moyens engagés n’avaient pas suivi et que des vies avaient été perdues faute d’organisation. Il a promis, en cas d’élection à la présidence de la République en 2027, que les moyens nécessaires seraient disponibles et que son gouvernement privilégierait la planification à l’improvisation de dernière minute.

Une candidature qui revendique l’étiquette écologiste

La séquence intervient alors que La France insoumise cherche à s’imposer comme le principal débouché politique de l’écologie à gauche. Le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a affirmé vouloir incarner la candidature écologiste pour 2027. Selon des propos rapportés dans la presse, la ministre de la Transition écologique du gouvernement de Sébastien Lecornu, Monique Barbut, aurait elle-même reconnu que Jean-Luc Mélenchon était, parmi les candidats déclarés, celui qui intègre le plus largement la question climatique dans son programme. Cette offensive se déploie face à une concurrence resserrée : la dirigeante des Écologistes, Marine Tondelier, est créditée de moins de 5 % dans les sondages d’intentions de vote, tandis que l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui figure dans les listes publiées des Young Leaders de la Fondation France Amérique et a participé aux réunions du groupe Bilderberg en 2024 et 2025, devance actuellement Jean-Luc Mélenchon dans les enquêtes d’opinion. Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, est par ailleurs accusé par l’entourage insoumis d’avoir privé Jean-Luc Mélenchon d’environ 420 000 voix lors de la présidentielle de 2022.

Une rentrée sous le signe de l’optimisme

Le ton donné par Jean-Luc Mélenchon à Châteauneuf-sur-Isère se voulait résolument offensif. Il a ouvert son discours en affirmant que la victoire restait possible en 2027, avant d’annoncer son intention de censurer le budget que le gouvernement de Sébastien Lecornu doit présenter pour l’année 2027. Il a également mis en garde contre le bloc que forment, selon lui, la droite et le centre, allant jusqu’à établir un parallèle avec les opposants au Front populaire dans les années 1930, une comparaison qui n’engage que lui et que RFI rapporte sans la commenter. Selon plusieurs comptes rendus de la journée, les militants présents à Châteauneuf-sur-Isère se disaient eux aussi confiants sur les chances du mouvement d’accéder au second tour de la présidentielle de 2027.

L’État écologique n’existe pour l’heure que dans les discours de Châteauneuf-sur-Isère. Entre conscription verte et écorégions, Jean-Luc Mélenchon a de quoi remplir un programme. Reste à transformer les dix mille militants conquis en électeurs, et le vert de la rentrée en réalité de 2027.


Source : RFI — https://www.rfi.fr/fr/france/20260823-il-faut-cr%C3%A9er-un-%C3%A9tat-%C3%A9cologique-pour-jean-luc-m%C3%A9lenchon-une-rentr%C3%A9e-politique-teint%C3%A9e-de-vert-et-d-optimisme