Jacques Moretti, gérant de l’établissement Le Constellation à Crans-Montana et déjà mis en cause dans l’enquête sur l’incendie du 1er janvier qui a fait 41 morts, a été placé en détention provisoire dans le cadre d’une procédure distincte pour des violences présumées sur son épouse. Les faits, survenus dans la nuit du 11 au 12 août à leur domicile valaisan, auraient entraîné l’hospitalisation de la victime, selon des informations rapportées par La Dépêche dimanche 23 août. L’homme demeure présumé innocent tant qu’aucun jugement n’a été rendu.
La scène se déroule dans la nuit du 11 au 12 août, au domicile du couple, dans le canton du Valais. Selon les informations rapportées par La Dépêche, Jacques Moretti, gérant de l’établissement Le Constellation à Crans-Montana, est soupçonné d’avoir exercé des violences physiques sur son épouse, Jessica Moretti, coexploitante du même établissement. La victime a été hospitalisée à la suite de ces faits, avant qu’une plainte ne soit déposée. Dimanche 23 août, la justice valaisanne a annoncé le placement en détention provisoire de Jacques Moretti, dans l’attente de la suite de la procédure. En droit suisse, une telle mesure est ordonnée par le tribunal des mesures de contrainte, sur demande du ministère public, lorsqu’il existe de forts soupçons de culpabilité et un risque de récidive, de collusion ou de fuite pendant l’instruction. Elle peut faire l’objet d’un recours, sans que cela ne préjuge de l’issue du dossier.
Le Constellation, scène d’un des drames les plus meurtriers de Suisse
Cette incarcération intervient alors que l’établissement qu’il dirigeait n’existe plus depuis le 1er janvier. Ce soir-là, un incendie avait ravagé Le Constellation, discothèque prisée de la station huppée de Crans-Montana, en pleine soirée de Nouvel An. Le sinistre a fait 41 morts et 115 blessés parmi la clientèle du bar, un bilan qui en fait l’un des drames les plus meurtriers qu’ait connus la Suisse ces dernières décennies. Seize personnes, dont Jacques Moretti, ont depuis été mises en cause dans cette enquête distincte. Dans ce dossier, il est visé, aux côtés d’autres responsables de l’établissement, par des chefs d’homicide par négligence, d’incendie par négligence et de lésions corporelles graves par négligence, selon les éléments rapportés par La Dépêche.
Une libération sous caution qui avait provoqué une crise diplomatique
Jacques Moretti n’est donc pas un inconnu de la justice suisse, ni de l’actualité diplomatique. Le 23 janvier, il avait déjà été remis en liberté dans le dossier de l’incendie, contre le versement d’une caution de 200 000 francs suisses. Cette libération avait alors provoqué une vive tension entre Berne et Rome, plusieurs des personnes mortes dans l’incendie étant de nationalité italienne : le gouvernement de Giorgia Meloni avait rappelé son ambassadeur en Suisse pour consultations, avant que le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, ne cherche à apaiser la crise en assurant que la Suisse partageait le deuil des familles italiennes. Sept mois plus tard, Jacques Moretti se retrouve donc de nouveau derrière les barreaux, cette fois dans un dossier sans rapport avec l’incendie.
Deux procédures distinctes, une présomption d’innocence
Contacté par nos confrères, son avocat, Me Patrick Michod, n’a pas donné suite aux sollicitations, selon La Dépêche. Le parquet valaisan n’a pas détaillé publiquement les éléments qui ont motivé ce placement en détention provisoire, ni la durée envisagée de la mesure. Cette réserve du ministère public est habituelle à ce stade d’une instruction pénale. Jacques Moretti demeure présumé innocent des faits qui lui sont reprochés, aussi bien dans ce nouveau dossier de violences conjugales présumées que dans celui de l’incendie du Constellation, pour lequel aucun jugement n’a encore été rendu.
Une chronologie qui interroge
Les deux procédures restent, pour l’heure, instruites séparément par la justice valaisanne, qui n’a pas communiqué de calendrier pour une éventuelle audience. Cette nouvelle incarcération intervient sept mois seulement après sa remise en liberté sous caution dans le dossier de l’incendie, une chronologie resserrée qui replace le nom du patron du Constellation au centre de deux procédures pénales distinctes, sans qu’aucune décision de justice définitive n’ait, à ce jour, été rendue dans l’un ou l’autre dossier. Le souvenir du drame du 1er janvier, lui, reste vif dans la station valaisanne, à mesure que les familles des victimes, italiennes pour beaucoup, attendent d’en connaître les responsabilités exactes.
Le patron du Constellation devra désormais répondre de deux affaires distinctes devant la même justice valaisanne, l’incendie du 1er janvier et ces violences conjugales présumées. Seul un juge d’instruction est habilité à trancher la durée de sa détention et la suite qui sera donnée à cette nouvelle procédure.