Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a annoncé samedi 22 août 2026 la dégradation de la fresque peinte pour célébrer sa victoire aux élections municipales. Selon actu.fr, les visages des trois élus représentés sur l’œuvre, intitulée « 1 coup KO », ont été recouverts de peinture grise. L’édile, alors en déplacement dans la Drôme pour les journées d’été de La France insoumise, a dénoncé un acte qu’il a qualifié de scandaleux.
Samedi 22 août 2026, loin de Saint-Denis, Bally Bagayoko a appris et relayé une mauvaise nouvelle concernant sa ville. Le maire, membre de La France insoumise (LFI), se trouvait alors dans la Drôme pour les journées d’été du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il a annoncé, selon actu.fr, que la grande fresque réalisée pour célébrer la victoire de sa liste aux élections municipales avait été dégradée. L’information a été diffusée par l’élu sur les réseaux sociaux, accompagnée d’une photographie montrant l’état actuel de l’œuvre, avant même qu’il ne soit de retour dans sa commune.
Un « 1 coup KO » repeint en gris
L’œuvre en question, intitulée « 1 coup KO », avait été réalisée par des artistes graffeurs locaux sur un mur situé sur la commune de Saint-Denis – Pierrefitte-sur-Seine, ville rattachée à Saint-Denis sous la précédente mandature. Elle représentait Bally Bagayoko aux côtés de son adjointe en charge de la culture, Sofia Boutrih, et du maire délégué de Pierrefitte-sur-Seine, Farid Aid. Sur la photographie diffusée sur Facebook, les visages des trois élus apparaissent recouverts de peinture grise. Dans son message, le maire insoumis a dénoncé « un acte scandaleux et d’une lâcheté consternante », tout en apportant son soutien aux artistes à l’origine de la fresque. Des clichés de l’œuvre avant sa dégradation, diffusés par Francis Beddok sur Facebook, permettent de mesurer l’ampleur des dommages désormais visibles sur le mur.
Une victoire entérinée dès le premier tour
La fresque célébrait un résultat électoral net. Bally Bagayoko avait remporté la mairie de Saint-Denis, ville de plus de cent mille habitants, dès le premier tour du scrutin municipal du 15 mars 2026, selon actu.fr. Selon les résultats officiels du scrutin, sa liste avait recueilli un peu plus de la moitié des suffrages exprimés, devançant nettement celle du maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin. C’est cette victoire, et non une simple prise de fonction, que l’œuvre murale entendait marquer, en associant au visage du nouveau maire ceux de deux élus de son équipe, Sofia Boutrih et Farid Aid, à la jonction des communes de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine.
Une œuvre née d’une victoire déjà contestée
La réalisation de cette fresque avait, dès l’origine, suscité de nombreuses réactions parmi les habitants de Saint-Denis, certains s’en félicitant tandis que d’autres la jugeaient inappropriée. Au-delà de cette polémique initiale sur l’opportunité de l’œuvre, Bally Bagayoko a tenu à rappeler que sa dégradation ne remettait pas en cause le résultat du scrutin. Il a affirmé, en substance, que la destruction d’une fresque ne ferait disparaître ni la victoire électorale de mars, ni les attentes qu’elle avait fait naître parmi la population dionysienne.
Un toy ou un acte politique ?
Dans le jargon graffiti, toyer un graff signifie le recouvrir, le barrer, écrire par-dessus ou le dégrader volontairement, souvent par rivalité, provocation ou manque de respect envers l’auteur.
Reste que les visages qui peuplent la fresque semblent orienter le regard vers une autre lecture : celle d’un règlement de comptes politique, davantage que celle d’une simple querelle entre graffeurs.