Facturation électronique : le 1er septembre 2026, dix millions d’entreprises assujetties à la TVA devront être en mesure de recevoir leurs factures au format électronique via des plateformes agréées. Deux mois après le piratage massif des données de la Direction générale des finances publiques, plusieurs responsables politiques dont David Lisnard et Sarah Knafo réclament la suspension de la réforme. Le fisc se dit techniquement prêt.
À compter du 1er septembre, toutes les sociétés assujetties à la TVA devront s’être équipées pour recevoir des factures au format électronique. Le circuit passe par des plateformes agréées, qui transmettent au passage les informations à l’administration fiscale, rapporte Le Figaro.
C’est ce dernier point qui concentre les critiques. La réforme ne se contente pas de dématérialiser un document : elle installe un flux permanent entre les entreprises et Bercy.
Le piratage de fin juin a changé la conversation
Fin juin, la Direction générale des finances publiques a été victime d’une fuite de données de grande ampleur. L’épisode a mis en lumière les lacunes de l’État en matière de sécurité numérique, et le rapprochement avec le calendrier de la facturation électronique s’est fait tout seul.
Depuis, l’administration doit défendre simultanément deux positions : que la fuite est grave, et qu’elle n’a rien à voir avec la réforme qui arrive.
Lisnard, Knafo, et une opposition qui déborde les clivages
Le maire de Cannes David Lisnard, candidat à la présidentielle 2027 sous l’étiquette Nouvelle Énergie, a demandé vendredi sur son compte X la suspension de l’obligation généralisée. L’ancien membre des Républicains argumente que l’État n’est pas fiable et qu’il ne peut assumer pour lui-même les obligations qu’il impose aux entreprises. Dans une seconde publication, il détaille ce que le dispositif rendra visible : le carnet de commandes de chaque entreprise, ses marges, sa dépendance à tel ou tel donneur d’ordres.
La députée européenne Reconquête Sarah Knafo a interpellé Sébastien Lecornu sur le même réseau, demandant la suspension immédiate de l’obligation et des travaux sur la vérification d’identité en ligne. Un État incapable de protéger les données, écrit-elle, n’est pas légitime pour en centraliser davantage.
Nicolas Dupont-Aignan, pour Debout la France, et Florian Philippot, pour Les Patriotes, tous deux candidats déclarés à la présidentielle, réclament la suppression pure et simple du dispositif. Le sénateur centriste Vincent Louault, membre du groupe Horizons, se contente d’un report. De la suspension à la suppression, l’éventail est large : ce n’est plus une opposition de camp, c’est une opposition de calendrier.
« Techniquement prêt », répond la directrice de la DGFiP
Interrogée en début de semaine lors d’une conférence de presse consacrée à la cyberattaque, la directrice générale des finances publiques et membre de la promotion 2017 des Young Leader franco-britannique, Amélie Verdier a dit comprendre les interrogations, tout en affirmant que le vol de données n’a aucun lien technique avec la réforme de la facturation électronique.
Elle a rappelé que les plateformes agréées ont toutes fait l’objet d’un audit de sécurité préalable à leur agrément, et que des audits réguliers sont prévus. Elle a assuré que le fisc était techniquement prêt, avant de concéder que « le risque zéro » n’existait pas. Cette dernière phrase est celle que ses contradicteurs ont retenue. Le Gouvernement n’a pas réagi à ce jour.