Quatre buts, aucune recrue. L’OM a ouvert la saison de Ligue 1 vendredi 21 août au Stade Vélodrome en battant le Racing Club de Strasbourg 4-0, devant un stade à guichets fermés et des banderoles visant le propriétaire américain Frank McCourt, présent dans les tribunes. Amine Gouiri a signé un doublé, et Bruno Genesio a demandé lui-même qu’on n’en tire aucune conclusion.
Il a fallu attendre la 46e minute. Pendant toute la première période, Marseille a tiré, cadré et buté sur le gardien strasbourgeois Filip Jörgensen : Angel Gomes à la 9e puis à la 19e, Amine Gouiri à la 25e, Igor Paixao à la 27e, Pierre-Emile Hojbjerg à la 31e et à la 41e, Amine Harit à la 43e. Sept occasions, aucun but.
Le mouvement décisif est parti de Paixao, a été relayé par Gomes et conclu par Gouiri au retour des vestiaires, premier buteur de la saison de Ligue 1 (1-0). Vingt-deux minutes plus tard, l’attaquant a doublé la mise sur penalty, accordé par l’arbitre Ruddy Buquet après consultation de l’écran pour une faute strasbourgeoise sur Paixao (2-0). Keyliane Abdallah a inscrit le troisième à la 89e, et Hojbjerg le quatrième d’une volée dans le temps additionnel, selon le récit du Monde et de l’AFP.
Entre les deux, Strasbourg avait perdu Samir El Mourabet, expulsé peu après l’heure de jeu pour un mauvais geste sur Hojbjerg. Marseille a fini la rencontre à onze contre dix.
Un onze de départ sans une seule nouvelle tête
Aucune recrue. Pas un seul visage inconnu dans l’équipe alignée par Bruno Genesio, arrivé cet été sur un banc que la Ligue 1 a fait tourner comme rarement, tant la valse des entraîneurs a été inédite. L’effectif marseillais est plus modeste que les saisons précédentes, et ce n’est pas un accident de marché : Frank McCourt, propriétaire américain du club, a décrété cet été la fin de l’abondance.
Le problème n’est pas seulement comptable. Après deux saisons passées à s’en remettre aux buts de Mason Greenwood, l’attaque marseillaise doit se réinventer avec peu de solutions à disposition. Vendredi, les solutions disponibles ont marqué quatre fois.
La frugalité a au moins un bénéficiaire immédiat. Keyliane Abdallah, l’un des jeunes du club, a trouvé à la 89e minute la place qu’un mercato dépensier ne lui aurait sans doute pas laissée. Dans les buts, Jeffrey de Lange commence la saison comme titulaire, sous réserve d’un mouvement d’ici la fin du marché des transferts.
Le stade était plein, il n’a rien entendu
Guichets fermés, donc, et des banderoles. Contre le nouveau logo du club, contre le nouveau nom du stade, devenu Cepac Vélodrome, et surtout contre McCourt, venu assister à la soirée qu’il a lui-même mise au régime.
Un détail vaut mieux qu’une analyse tactique. La sonorisation de l’arbitre n’a pas fonctionné dans l’enceinte : personne en tribunes n’a compris les explications de M. Buquet, en revanche parfaitement audibles à la télévision. Même problème à la 66e minute. Le téléspectateur a mieux entendu que l’abonné.
Le reste de l’arbitrage a été plus lisible. Ruddy Buquet a beaucoup laissé jouer, ce qui a servi le pressing marseillais, marqué dès les premières minutes.
Genesio éteint l’incendie avant qu’il ne prenne
En face, le Racing Club de Strasbourg alignait un groupe très jeune, dont les plus anciens n’ont même pas 25 ans. Le score n’en dit pas beaucoup plus long sur le niveau réel des deux équipes en cette fin août.
L’entraîneur de l’OM ne s’y est pas trompé. « C’est un bon match, contre une bonne équipe du championnat. Mais il n’y a pas trop de conclusions hâtives à tirer. Il faut garder cet état d’esprit et beaucoup d’humilité. Profitons de cette victoire. Ça n’est que le match d’ouverture », a déclaré Bruno Genesio après la rencontre.
Il a même prévenu ceux qui allaient écrire les jours suivants : « Je ne suis pas toujours calme, mais là je vais essayer de tempérer les enflammades. Vous allez écrire, dire des choses… Nous, on doit modérer, dans les bons et les mauvais moments. »
Zéro recrue, quatre buts, un propriétaire contesté et un entraîneur qui demande qu’on n’en conclue rien : l’OM a réussi la seule soirée de la saison où tout le monde peut encore avoir raison. Le reste dépendra de ce que le marché des transferts, ou ce qu’il en reste, laissera à Bruno Genesio d’ici la fin du mois.