Sièges vides dans une tribune de stade de football, photographie d'illustration

Girondins de Bordeaux : la rétrogradation en Régional 1 confirmée

Le tribunal administratif de Paris a confirmé, vendredi 21 août 2026, l’interdiction faite aux Girondins de Bordeaux de disputer les championnats nationaux. C’était le dernier recours possible contre la rétrogradation en Régional 1, la sixième division. Le repreneur, qui avait consigné 10,6 millions d’euros à la Caisse des dépôts, prévient que sans retour en National 1, le club centenaire sera liquidé.

Vendredi 21 août 2026, le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction prononcée en juillet par les instances du sport français, en raison des dérives financières du club. C’était la dernière voie juridique ouverte pour éviter la chute en Régional 1, sixième échelon du football français.

Jeudi, à l’audience, les avocats de Sparta Capital avaient plaidé une « viabilité financière nouvelle ». Le tribunal a écarté l’argument, et sa motivation tient à une question de calendrier : « le juge des référés a d’abord relevé que selon les textes applicables, la DNCG ne peut prendre en compte les documents ou les engagements dont les clubs se prévalent que s’ils sont dûment concrétisés à la date de l’audition devant la commission d’appel », rapporte Le Monde avec l’AFP.

L’argent existe. Il est arrivé après la date.

Un club racheté un euro, quarante millions en réserve

Sparta Capital est un fonds britannique détenu par trois financiers français. Il a racheté les Girondins de Bordeaux pour un euro symbolique à l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez, fin juillet 2026, quelques jours après que la DNCG, gendarme financier du football français, eut vu sa décision de relégation confirmée en appel.

Le fonds avait consigné 10,6 millions d’euros à la Caisse des dépôts, soit exactement le montant manquant aux comptes qui avait provoqué cette relégation. Le Comité national olympique et sportif français, saisi a posteriori par le club, n’avait pas remis en cause la décision de la DNCG.

Le repreneur disposait en outre de 10 autres millions d’euros en banque pour renflouer le club en cas de maintien en National 1, et promettait d’y ajouter 20 millions pour « éponger les dettes ». Plus de quarante millions d’euros au total. Le tribunal a jugé l’ensemble hors délai.

Le club prend acte, ses avocats agitent la liquidation

Dans un communiqué publié sur X, le club prend « acte avec regret de la décision » et regrette « que les garanties importantes apportées ces dernières semaines pour assurer sa continuité, ne puissent faire l’objet d’un nouvel examen » par la DNCG. Il annonce étudier « dans les plus brefs délais, l’ensemble des voies de recours encore à sa disposition ».

Sparta Capital et les investisseurs associés de Park Bench demandent au comité exécutif de la Fédération française de football de réexaminer sans délai le dossier, afin de réintégrer le club en National 1. Un recours devant le Conseil d’État est envisagé.

Les avocats du fonds ont été plus directs dans un courriel adressé à la presse jeudi : si le club « est maintenu dans cette division », c’est-à-dire en Régional 1, « cela entraînerait la fin du projet de reprise et donc sa liquidation ». La menace est datée, écrite et adressée aux instances.

L’association, dernier étage de l’immeuble

Dans ce scénario, les Girondins de Bordeaux redeviendraient une structure associative, aujourd’hui dirigée par Jean-Louis Triaud, président du club de 1996 à 2017. Interrogé par Sud Ouest mardi, celui-ci ne s’affole pas : « On peut fonctionner avec l’association durant une saison. Il n’y a pas besoin d’agir dans l’urgence ».

Le club est centenaire. Six titres de champion de France entre 1950 et 2009, quatre Coupes de France. Un centre de formation d’où sont sortis Alain Giresse, champion d’Europe 1984, Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry, champions du monde 1998 et d’Europe 2000. Ce centre de formation a fermé.

La chronologie de la descente est courte : reprise par Gérard Lopez en 2021, relégation sportive en Ligue 2 en 2022, redressement judiciaire en 2024, abandon du statut professionnel dans la foulée. Selon Sud Ouest, des pressions politiques, médiatiques et économiques se sont exercées ces derniers jours en coulisses auprès de la Fédération française de football pour sauver le club.

Racheté un euro fin juillet, les Girondins de Bordeaux pourraient disparaître pour quarante millions arrivés trop tard. Il reste au club le Conseil d’État et le comité exécutif de la Fédération. Et une association centenaire, qui n’a jamais cessé d’exister.


Source : Le Monde (avec AFP) – https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/08/22/les-girondins-de-bordeaux-de-plus-en-plus-proches-de-la-liquidation-apres-une-decision-du-tribunal-administratif_6752662_3242.html