
Les autorités thaïlandaises ont lancé mercredi 19 août 2026 une vaste opération à Koh Samui contre un réseau de sociétés soupçonné d’avoir utilisé des citoyens thaïlandais comme prête-noms. Soixante procédures pénales ont été ouvertes contre 88 suspects, dont 62 ressortissants étrangers, parmi lesquels vingt Israéliens visés par des mandats d’arrêt. Au total, 61 sociétés suspectes détenant 42 terrains et bâtiments ont été identifiées, selon i24NEWS.
Le dossier tient d’abord dans ses chiffres. Soixante et une sociétés suspectes, 42 terrains et bâtiments, une valeur totale estimée à environ 1,5 milliard de bahts, soit près de 160 millions de shekels. Mercredi 19 août 2026, les autorités thaïlandaises ont déployé une opération d’ampleur sur l’île de Koh Samui, dans le golfe de Thaïlande, selon i24NEWS, seul média à documenter à ce stade le détail de la procédure.
Soixante procédures pénales ont été ouvertes contre 88 suspects. Soixante-deux d’entre eux sont des ressortissants étrangers. Le tribunal de Koh Samui a délivré des mandats d’arrêt contre l’ensemble de ces derniers, parmi lesquels vingt citoyens israéliens.
Tous les faits demeurent présumés. Aucune décision de justice n’a été rendue et les investigations se poursuivent pour établir l’étendue exacte du réseau.
Le prête-nom, mode d’emploi
La loi thaïlandaise encadre strictement l’accès des étrangers à la propriété foncière et à certaines activités commerciales. Le montage visé par l’enquête consiste, selon les autorités, à faire porter les parts d’une société par des citoyens thaïlandais qui n’exercent en réalité aucun contrôle sur elle. Le nom inscrit au registre est thaïlandais, la décision ne l’est pas.
L’enquête porte sur un ensemble de 19 entreprises liées à des ressortissants israéliens. Leur activité présumée couvre l’achat, l’aménagement, la vente et la location de villas de luxe, destinées principalement à une clientèle israélienne. Le circuit va de la parcelle au locataire, sans que la propriété apparente change de nationalité.
Une école internationale aurait par ailleurs été exploitée sans autorisation sur l’île par des membres du même réseau, selon i24NEWS.
Dix-neuf mandats d’arrêt pour un seul homme
Gal Bieber, ressortissant israélien de 45 ans, a été interpellé. Il est visé, à lui seul, par 19 mandats d’arrêt.
Il lui est reproché d’avoir fourni de fausses informations dans des documents officiels et d’avoir dirigé des entreprises au moyen de structures de propriété fictives, dissimulant le contrôle exercé par des étrangers sur des sociétés et des biens immobiliers en Thaïlande. Il bénéficie de la présomption d’innocence et n’a pas été jugé.
Les autres suspects visés par les mandats délivrés par le tribunal de Koh Samui n’avaient pas été retrouvés au moment de la publication des faits. Les recherches se poursuivent.
La même île, la même semaine
Koh Samui a occupé l’actualité une deuxième fois ces jours-ci. Le 19 août également, Kevin Dimino, copropriétaire français d’un parc animalier de l’île, affirmait à l’AFP que la maison de sa mère avait été incendiée à Villeurbanne, dans la métropole de Lyon, sur fond de polémique après son refus d’accueillir des touristes israéliens dans son établissement.
Rien ne relie les deux dossiers. L’un est une opération de police économique menée par les autorités thaïlandaises, l’autre un conflit privé devenu viral sur les réseaux sociaux. Ils partagent une île et une semaine, pas une affaire.
L’arrière-plan est en revanche commun : la Thaïlande a accueilli plus de 420 000 touristes israéliens l’an dernier, selon les chiffres cités par l’AFP. Et les villas de luxe détenues par les sociétés mises en cause étaient destinées principalement à une clientèle israélienne, selon i24NEWS. Le marché existe, l’enquête porte sur la façon dont il a été servi.
Ce que l’enquête doit encore établir
Les procédures ouvertes sont pénales : elles visent des déclarations présumées mensongères dans des documents officiels et des structures de propriété présumées fictives.
L’échelle, elle, est posée par les chiffres communiqués. Soixante procédures, 88 suspects, 62 étrangers, 61 sociétés, 42 terrains et bâtiments, 19 entreprises pour le seul volet immobilier, une école internationale exploitée sans autorisation. Les enquêteurs disent chercher à établir l’étendue exacte du réseau : à ce stade, ils en publient surtout le périmètre.
À Koh Samui, les investigations se poursuivent pour retrouver les suspects encore en fuite et mesurer l’étendue réelle du montage. Quarante-deux terrains et bâtiments attendent, eux, de savoir à qui ils appartiennent vraiment.