Immeuble résidentiel de Kiev détruit lors d'une frappe de missiles russes en janvier 2024, illustration

Missiles balistiques : Zelensky alerte après les frappes sur Kiev

Une nuit de frappes sur Kiev, un bilan qui s’alourdit d’heure en heure, et une phrase publiée sur Telegram. Jeudi 20 août 2026, Volodymyr Zelensky affirme que Moscou investit dans les missiles balistiques et dans l’escalade, pendant que le reste du monde ne réagit pas de manière adéquate. Le président ukrainien proche du Forum économique mondial pointe un manque précis : les capacités antibalistiques de son pays.

Le premier décompte est celui de Volodymyr Zelensky lui-même, repris par Le Figaro et l’AFP dans un article mis en ligne le 20 août à 9 h 14 : au moins douze personnes tuées à Kiev et une dans la région de Kiev, soit treize morts au minimum. Le président ukrainien appelle dans le même message à une réponse internationale.

Quelques heures plus tard, le bilan a changé. Un décompte actualisé dans la journée, rapporté par L’Express, fait état d’au moins seize morts et d’une quarantaine de blessés à Kiev après cette attaque de missiles balistiques russes. Les chiffres des bombardements sont des chiffres provisoires : ils montent, ils ne redescendent jamais.

La même nuit, un drone s’est écrasé en Roumanie, pays membre de l’OTAN. L’information figure dans le décompte publié ce jour-là, qui ne précise ni l’origine de l’appareil ni les circonstances de sa chute.

Ce que change le mot balistique

« Malheureusement, tandis que Moscou investit dans les missiles balistiques et l’escalade, le monde ne réagit pas toujours de manière adéquate à de telles attaques », a écrit Volodymyr Zelensky sur Telegram. Le choix du mot n’est pas décoratif. Il désigne une catégorie d’arme précise, et un trou précis dans la défense ukrainienne.

Un missile balistique est propulsé sur une trajectoire haute, puis retombe sur son objectif à très grande vitesse. Entre la détection et l’impact, la fenêtre de réaction se compte en minutes, parfois moins. Un drone d’attaque, lui, vole bas et lentement : il peut être abattu par des moyens variés, y compris légers, et l’Ukraine a construit une bonne partie de sa défense sur cette réalité.

Intercepter un engin balistique suppose au contraire des systèmes spécifiques, peu nombreux et coûteux. C’est ce que recouvre la formule employée par le président ukrainien lorsqu’il déplore le manque de capacités antibalistiques. Ce n’est pas une plainte générale sur la défense antiaérienne, c’est une demande d’équipement identifiée.

L’écart que les drones n’ont pas comblé

Sur d’autres terrains, l’Ukraine a rattrapé son adversaire. Selon le Guardian, Kiev peut désormais presque égaler les capacités de frappe en profondeur de la Russie grâce à ses drones à longue portée et à ses missiles de croisière. La cadence suit : d’après les données de l’organisation Acled, l’Ukraine a lancé trois fois plus d’attaques de drones longue portée en juillet qu’en janvier.

Une chose lui manque toujours. Elle ne possède pas les missiles balistiques à grande vitesse que Moscou emploie fréquemment contre ses villes. La symétrie s’est établie sur les engins lents, elle reste inexistante sur les engins rapides.

C’est cette dissymétrie que vise la déclaration du 20 août. L’Ukraine peut répliquer en profondeur, mais elle ne peut ni égaler ce type de frappe ni s’en protéger correctement. Les deux manques sont liés et aucun ne se règle avec des drones supplémentaires.

Une phrase adressée à des capitales précises

Le message de Volodymyr Zelensky ne s’adresse pas à Moscou. Publié sur Telegram au lendemain d’une nuit de frappes, il vise les capitales qui fournissent, ou ne fournissent pas, les intercepteurs capables de traiter ce type de menace. Le mot « escalade » y sert de qualification de la stratégie russe, pas de commentaire.

Le Figaro et l’AFP présentaient l’information comme évolutive au moment de sa publication. Elle l’était : entre le bilan de 9 h 14 et celui de l’après-midi, trois morts se sont ajoutés. C’est le rythme ordinaire d’une journée de bombardement en Ukraine depuis 2022, et c’est précisément ce que le président ukrainien reproche au reste du monde de traiter comme ordinaire.

Reste la question que la déclaration laisse ouverte : ce que recouvre exactement l’appel à une réponse internationale. Livraisons de systèmes d’interception, sanctions, autre chose. Le message publié sur Telegram ne le dit pas, et c’est peut-être la seule façon de s’adresser à la fois à Washington, à Berlin et à Bruxelles.

L’Ukraine a comblé son retard sur les drones et les missiles de croisière en trois ans. Sur les missiles balistiques, l’écart n’a pas bougé d’un centimètre. Volodymyr Zelensky ne demande pas qu’on s’en indigne, il demande de quoi les arrêter.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/international/le-monde-ne-reagit-pas-de-maniere-adequate-volodymyr-zelensky-affirme-que-moscou-investit-dans-des-missiles-balistiques-et-une-escalade-en-ukraine-20260820