Youssef Boughanem signe à Ares FC. Le Belgo-Marocain, 240 combats de muay-thaï au compteur et 120 victoires par KO, poursuit en cage une reconversion entamée en janvier 2024. Il reste invaincu en cinq combats de MMA après quatre sorties sous la bannière du Brave CF.
Deux cent quarante combats avant la cage
188 victoires, 44 défaites, 8 nuls. Et 120 knock-outs. Le bilan de Youssef Boughanem en muay-thaï et kickboxing tient dans trois chiffres qui expliquent son surnom, Terminator. Né à Bruxelles le 6 décembre 1989, il commence à 12 ans, part vivre en Thaïlande à 17 ans après la mort de ses parents et s’y entraîne à temps plein.
Il a été champion des stades Lumpinee, Rajadamnern et Omnoi, les trois adresses qui font foi à Bangkok, et détenteur de ceintures WMC, WBC, ISKA, WKN, WAKO, Thai Fight, Max Muay Thai et IBF. Le titre WBC des poids moyens, conservé de 2018 à 2021 avec quatre défenses, reste sa ligne la plus solide.
Cinq combats, cinq victoires
Boughanem bascule vers le MMA en janvier 2024, à un âge où la plupart des pieds-poings raccrochent. Il signe la même année au Brave Combat Federation, organisation basée à Bahreïn, et y dispute quatre combats. Son bilan professionnel en MMA est de cinq victoires pour aucune défaite, dont quatre par KO ou TKO.
Passer du ring à la cage n’a rien d’automatique. Le règlement change, la lutte au sol entre dans l’équation, et l’histoire du sport est pleine de champions de frappe défaits par un lutteur moyen. Boughanem n’a pas encore rencontré ce test.
Ce que la signature dit d’Ares FC
Ares FC s’est installée en quelques saisons comme l’organisation de référence du MMA francophone, avec une diffusion sur RMC Sport et un vivier français, belge et africain. Recruter un nom mondialement identifié du muay-thaï relève de la stratégie d’audience autant que du sportif.
Le calcul est classique et il fonctionne : un frappeur d’élite face à des spécialistes du grappling produit des affiches lisibles, courtes et violentes. Reste à choisir l’adversaire avec soin, ce qui, dans le MMA, est un art à part entière.
Un sport longtemps invisible
Le muay-thaï français vit depuis quarante ans dans l’angle mort médiatique. Des champions du monde s’entraînent dans des salles municipales, partent en Thaïlande à leurs frais et reviennent avec des ceintures que personne ne commente. Boughanem lui-même a construit son palmarès à Bangkok, loin de tout diffuseur francophone.
Le MMA a changé la donne en trois ans. Interdit de compétition en France jusqu’en 2020, il dispose depuis d’une fédération délégataire, la Fédération française de boxe, et d’une exposition télévisée régulière. Ares FC diffuse ses cartes sur RMC Sport et remplit des salles à Paris, Bruxelles et Dakar.
Ce déplacement d’audience explique une partie des reconversions récentes. Un frappeur d’élite gagne davantage en cage qu’au ring, et surtout il y est vu. Pour un athlète de 36 ans, la fenêtre est étroite, et le calcul devient simple.
Une reconversion à contre-courant
À 36 ans, Boughanem ne construit pas une carrière, il en ouvre une seconde. Le muay-thaï lui a donné un palmarès que personne ne lui retirera, et une usure que personne ne peut mesurer de l’extérieur. Le MMA lui offre une exposition que le pied-poing, en France comme en Belgique, n’a jamais obtenue.
La date de son premier combat sous les couleurs d’Ares FC n’a pas été communiquée.
Cent vingt adversaires ont fini au sol avant lui. Reste à savoir combien y arriveront maintenant que la cage autorise à l’y suivre. Youssef Boughanem à Ares FC, c’est une signature qui promet des soirées courtes.