La légionellose en Savoie a fait un troisième mort, a annoncé l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes le mardi 18 août 2026. Quarante-six cas ont été déclarés dans le département entre le 1er juin et le 14 août, dont 44 ont conduit à une hospitalisation. Trente-sept malades résident ou ont circulé dans le bassin de Chambéry, où une cinquantaine de prélèvements n’ont pas encore permis d’identifier la source.
Les trois personnes décédées avaient plus de 80 ans. Deux de ces décès, dont le dernier enregistré, sont « liés à une contamination du réseau d’eau privé », indique l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes dans son point de situation du 18 août, repris par l’AFP et Le Monde.
Les malades ont entre 26 et 91 ans. Sur les 46 cas déclarés, 39 résident en Savoie et 7 y ont séjourné. Quarante-quatre ont été hospitalisés pour des problèmes respiratoires. La plus grande partie d’entre eux sont guéris et rentrés chez eux, précise l’agence. La légionellose est mortelle dans environ 10 % des cas.
Trente-sept cas dans le même bassin
Les investigations épidémiologiques et environnementales ont resserré la zone de recherche sur l’ouest du département, et particulièrement sur le bassin de Chambéry : 37 des 46 malades y résident ou l’ont fréquenté. Elles sont conduites par l’ARS et Santé publique France, avec la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, la direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations, service de l’État en Savoie, et le Centre national de référence des légionelles.
Près d’une cinquantaine de prélèvements ont été réalisés depuis le début de l’alerte : réseaux d’eau d’immeubles collectifs, tours aéroréfrigérantes, supermarchés, restaurants. Aucun n’a permis à ce stade de désigner avec certitude l’origine des contaminations. L’agence rappelle que dans la majorité des cas groupés de légionellose investigués en France depuis quinze ans, la source n’a jamais été identifiée.
Une bactérie qui voyage dans l’air, pas entre les gens
La légionellose est une infection pulmonaire provoquée par des bactéries présentes dans l’eau, les légionelles. La contamination se fait par voie respiratoire, en inhalant de fines gouttelettes chargées en bactéries et diffusées sous forme d’aérosols. Les sources les plus fréquentes sont les réseaux d’eau chaude sanitaire : douches, douchettes, bains à remous, spas. Plus rarement, des tours aéroréfrigérantes, des fontaines décoratives, des brumisateurs ou l’arrosage sont en cause.
La maladie ne se transmet pas d’une personne à une autre. Boire l’eau du robinet ne présente pas de risque, seule l’inhalation en présente un. Les symptômes apparaissent en moyenne entre deux et dix jours après l’exposition : toux importante, forte fièvre, parfois troubles digestifs chez les personnes âgées, puis difficultés respiratoires. Le traitement repose sur une antibiothérapie spécifique. Les personnes âgées, les fumeurs, les malades respiratoires chroniques, les diabétiques et les patients immunodéprimés sont les plus exposés.
Deuxième été de suite en Savoie
Le département avait déjà connu un épisode en septembre 2025, dans la région d’Albertville : deux personnes atteintes de légionellose étaient mortes, dans ce que Le Monde décrivait alors comme un foyer inhabituel. L’épisode de cet été est plus large et concerne un autre secteur du département. Les légionelles prolifèrent dans les eaux tièdes, entre 25 et 45 degrés, ce qui rend les réseaux d’eau chaude sanitaire mal entretenus et les installations peu utilisées particulièrement propices à leur développement pendant l’été.
Entre 200 et 400 cas de légionellose sont déclarés chaque année à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. À l’échelle nationale, Santé publique France recense en moyenne 1 800 cas par an. La légionellose figure parmi les maladies à déclaration obligatoire, ce qui explique la précision du suivi département par département.
Les médecins du secteur prévenus
Les professionnels de santé du bassin chambérien ont été informés de la situation pour repérer plus vite les patients présentant des symptômes évocateurs. L’agence recommande de consulter rapidement un médecin en cas de toux et de fièvre élevée, ou d’appeler le 15 en cas de doute, et rappelle qu’un avis médical n’est pas nécessaire en l’absence de symptômes.
Le délai de prise en charge pèse lourd dans l’issue de la maladie : plus le diagnostic est précoce, plus l’évolution est favorable. C’est la raison pour laquelle l’alerte a été relayée auprès des soignants avant même que la source soit connue.
Les équipes de l’ARS poursuivent les recherches. Quarante-six cas, trois morts, une cinquantaine de prélèvements, et toujours aucune source identifiée.